Mian - Sanremo 2026 | Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) , roi menacé par l'empereur Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG)

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Vainqueur sortant à Sanremo et Roubaix, trois fois sacré sur le Tour des Flandres, Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) s’avance à nouveau en conquérant vers les Monuments printaniers. Mais le Néerlandais est sous pression face à un Tadej Pogačar (UAE Team Emirates XRG) toujours plus envahissant. "MVDP" en a-t-il encore suffisamment sous la pédale ?

Et si Van der Poel jouait plus gros que Pogacar ? "S'il perd samedi, il sera sous pression"

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Si, depuis trois saisons maintenant, Tadej Pogačar et Mathieu van der Poel se partagent les Monuments cyclistes en écoeurant la concurrence, la via Roma de Sanremo, théâtre de leur premier grand affrontement printanier, reste le territoire exclusif du Néerlandais volant. Avec son parcours à la difficulté modérée (à l’aune des autres Monuments), la Primavera permet encore à un troisième homme, voire un quatrième (Ganna et Van Aert en 2023, Philipsen en 2024, encore Ganna en 2025) de se mêler à la bataille. Mais à l’arrivée, c’est MVDP qui fait sa loi, qu’il s’arroge la victoire (2023, 2025) ou favorise le succès de Jasper Philipsen (2024). Autant de succès conquis en étouffant les ambitions de Pogačar. Pour combien de temps encore ?
Le Néerlandais est un maître des Classiques, au point de figurer, du haut de ses huit Monuments (3 Roubaix, 3 Ronde, 2 Sanremo), parmi les plus grands spécialistes de l’histoire. Avec son pedigree en cyclo-cross et une immense collection de classiques et semi-classiques à son palmarès, le fils d'Adrie van der Poel et petit-fils de Raymond Poulidor (tous deux qualifiés d’éternels seconds) est un champion hors norme dont les exploits retentiront longtemps. Mais son pré carré semble plus menacé que jamais au moment de remettre sa couronne en jeu, sur la Riviera italienne et les pavés du nord de l’Europe.
"Si ma performance baisse d’un pour cent…", imaginait-il la semaine dernière, en marge de ses démonstrations de force sur Tirreno Adriatico. Alors la porte s’ouvrira. Sa réussite insolente des dernières années est de toute façon une anomalie qui ne pourra durer. Ganna, dominé mais déterminé à rester dans le match l’an dernier, doit continuer d’y croire. Relégué au second rang par son ex-rival Van der Poel, Van Aert connaîtra bien un nouveau jour de gloire, ou plus, d’ici la fin de sa carrière. Et les autres, à l’instar de Romain Grégoire, ne peuvent que se résoudre à essayer, encore et encore, quitte à se brûler les ailes jusqu’au moment où ils finiront par s’envoler.
Mais pour Van der Poel, la menace immédiate est incarnée par son rival slovène, aussi glouton sur les Classiques que sur les Grands Tours. "C’est seulement une question de temps avant qu’il remporte [Milan-Sanremo]", concède le Néerlandais. Sa prophétie fait écho aux propos de Jonas Vingegaard, interrogé en début de saison sur la possibilité de devancer le Slovène dans la quête des trois Grands Tours : "Tout le monde sait que Tadej y parviendra tôt ou tard."

Les coups de boutoir de Pogačar le flahute

Sur bon nombre de terrains, la question de savoir quand Pogačar les annexera ne se pose déjà plus. Il n’a pas bouté Van der Poel hors des Flandres, mais le Néerlandais (né en Belgique) n’est déjà plus vraiment maître sur ces terres. Il est bien monté sur le podium lors des six dernières éditions du Ronde (1er, 2e, 1er, 2e, 1er, 3e), une série inédite dans une épreuve qui a consacré les plus grands Flandriens, et il n’a jamais fini plus loin que la 4e place (lors de sa première participation, en 2019). Sa régularité dans l’excellence est inouïe. Elle n’en est pas moins soumise aux coups de boutoir de Pogačar, iconoclaste venu renverser Van der Poel à force d’accélérations brutales répétées de mont en mont.
En 2022, le Néerlandais avait préservé son royaume grâce à son sang froid dans le final. Depuis, Pogačar a progressé dans ce domaine, comme dans tous les autres. Surtout, il s’est assuré d’arriver en solitaire à Audenarde en 2023 et en 2025. Entretemps, Van der Poel avait reconquis son titre lorsque le Slovène, Giro en tête, ne s’était pas présenté dans les Flandres. Cette fois, le Néerlandais devra résister à l’épouvantail slovène et à ses lieutenants. Plus que sur les épreuves par étapes, c’est sur les courses d’un jour que l’armada UAE Team Emirates XRG s’est étoffée ces dernières saisons, pour mieux accompagner et propulser la fusée Pogačar, sur les Capi et les pavés.
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Là où UAE avait échoué : "La Cipressa doit être préparée au millimètre, Pogacar ou non"

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Ces dernières semaines, Tim Wellens, Nils Politt et Florian Vermeersch ont tour à tour accompagné leur leader dans des reconnaissances en vue de Paris-Roubaix. Dans l’Enfer du Nord, pas de doute, Van der Poel est un souverain absolu, légitimé par trois sacres consécutifs. Mais l’an dernier, la semonce a été étourdissante dès la première participation de Pogačar, déjà capable de pousser le Néerlandais dans ses derniers retranchements. Les deux hommes semblaient incapables de se départager sans la faute du Slovène à Ennevelin… Avantage à Van der Poel en cas de sprint au vélodrome ? On peut l’imaginer, sans certitudes. Là aussi, tout le monde s’accorde à le dire : ce n’est qu’une question de temps avant que Pogačar soulève le trophée du vainqueur au milieu du vélodrome de Roubaix.

La réponse de MVDP, sans cyclo-cross ?

Il reste à voir quelle(s) marge(s) de progression Van der Poel peut trouver pour ne pas décrocher face au Slovène qui, à la faveur de son quintuplé lombard, le devance déjà au nombre de Monuments remportés (10 à 8). Le fantasme selon lequel MVDP pouvait tous les remporter s’est éloigné. Il est bien monté sur le podium de Liège-Bastogne-Liège (3e en 2024), mais il n’était pas dans le match face à Pogačar, qui lui collait deux minutes en solitaire pendant que le Néerlandais réglait au sprint un groupe de 25 coureurs. Sa seule participation en Lombardie (10e en 2020) était prometteuse mais, depuis, le parcours s’est musclé (moins de 4 000 mètres de dénivelé à l’époque, près de 5 000 désormais) et Pogačar en a fait sa course de prédilection.
Van der Poel a également déserté les Strade Bianche, à cause du dénivelé et du Slovène. Le Néerlandais semble au sommet de son art depuis trois ans, et pourtant il touche certaines limites. Mais Milan-Sanremo 2025 a montré sa capacité à répondre aux nouveaux défis posés par Pogačar et sa garde en résistant à l’offensive (brouillonne mais surchargée de watts) menée dès la Cipressa. Sur les deux étapes qu’il avait cochées entre les mers Tyrrhénienne et Adriatique, il s’est montré imprenable. Et sa première participation à l’Omloop Nieuwsblad s’est soldée par une démonstration technique et physique.
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La chute de Pogacar... qui n'a jamais revu Van der Poel

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Menacé de putsch, Van der Poel en a encore sous la pédale. D’autant plus s’il décide, comme on le pressent, de ne pas disputer de cyclo-cross l’hiver prochain. Le Néerlandais pourrait mieux affiner sa préparation des classiques tout en jouant les prolongations en fin de saison. En attendant, Van der Poel est aujourd’hui l’un des douze coureurs à compter Milan-Sanremo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à son palmarès. Il ne faut pas exclure la possibilité qu’il devienne dans quelques semaines le premier coureur à remporter les trois la même année.
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