Milan-Sanremo 2026 - Quête des 5 Monuments : Et si Tadej Pogacar avait fait le plus dur en gagnant la Primavera ?
Publié 21/03/2026 à 23:54 GMT+1
Après plusieurs échecs sur la Primavera, Tadej Pogacar a enfin levé les bras sur la Via Roma ce samedi, au terme d’un Milan-Sanremo complètement fou. Le voilà désormais avec le seul Paris-Roubaix dans le viseur et la sensation que le Slovène a peut-être fait le plus dur dans sa folle quête des 5 Monuments.
Pogacar, de la chute au sprint pour la légende : ses 32 derniers kilomètres de titan
Video credit: Eurosport
33 kilomètres peuvent absolument tout changer. À Imperia, Tadej Pogacar n’avait jamais semblé aussi loin de gagner un des deux Monuments qui lui manquaient. Quarante minutes plus tard, le double champion du monde décrochait sa première Primavera, au bout d’un scénario renversant et d’un sprint accroché face à Thomas Pidcock. Cette victoire n’a rien d’anodine, parce qu’un Monument ne l’est jamais, de toute manière, et qu’il ne risquait pas de l’être, après une chute qui a enrobé une partie du peloton dont deux favoris Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel. Mais cela fait longtemps que la généralité a perdu son sens lorsque l’on parle de Tadej Pogacar, qui avait déjà banalisé l’exceptionnel et rendu l’impossible possible.
Roubaix, on a de multiples endroits pour lâcher ses adversaires
Qui aurait cru qu’un coureur rivaliserait avec le palmarès d’Eddy Merckx sur les Monuments (Le Cannibale a encore 8 longueurs d'avance) ? Qui aurait cru qu’un vainqueur du Tour de France s’offrirait le Tour des Flandres ? Mais gagner Milan-Sanremo était encore plus fou. Parce que la Primvera est une course si "facile" qu’elle en est aussi la plus difficile. C’est le seul Monument où pratiquement tous les profils peuvent y croire. Le seul aussi où tout le monde sait où la course jouera, mais pas forcément où elle se perdra. Sur les autres Monuments, être le plus dur conduit presque toujours vers la victoire. Pas sur Milan-Sanremo. Et c’est justement pour ça que la Primavera semblait le Monument le plus difficile à glaner pour Tadej Pogacar, par rapport à Parix-Roubaix, les deux seuls qui lui manquaient encore samedi matin. Parce qu’il fallait être encore plus que le plus fort.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/21/image-9e35edf2-7602-4f28-88a8-ea4d9cea4286-85-2560-1440.jpeg)
Hésitation fatale : "S'il avait forcé le passage à droite de Pogacar, Pidcock aurait pu gagner"
Video credit: Eurosport
"Il a gagné le Monument le plus difficile à gagner pour lui, pour ses caractéristiques, estimait notre consultant Philippe Gilbert dans les Rois de la Pédale. Roubaix, quand on est très fort, on a de multiples endroits pour lâcher ses adversaires… Milan-Sanremo, il n’y en a que deux. C’est beaucoup plus compliqué d’y faire la différence". Et en soit, comme l’an dernier, Pogacar n’a jamais réussi à la faire totalement. Sauf que cette fois, il n’y avait pas son meilleur ennemi Mathieu Van der Poel pour le piéger au sprint. Il n’y avait que Thomas Pidcock, dont la résistance n’a fait que sublimer le sacre du Slovène. On se demandait comment le coureur UAE Emirates XRG pouvait triompher sur la Via Roma ? Il lui fallait juste un scénario qui sorte de l’ordinaire, la peur de tout perdre, et fasse entrer un peu plus Milan-Sanremo dans sa légende et Tadej Pogacar dans celle du cyclisme.
2026, l’année ou jamais pour un Grand Chelem calendaire monumental ?
Avec 11 Monuments, le Slovène égale donc le Belge Roger De Vlaminck, qu’il pourrait rapidement dépasser tant le Tour des Flandes semble taillé pour les qualités du double champion du monde, déjà vainqueur en 2023 et 2025 à Oudenaarde. Surtout, le voilà désormais avec 4 des 5 Monuments dans sa musette, devenant le 10e coureur de l’histoire à réussir pareille performance. Mais l’Histoire l’attend déjà plus loin, en avril, aux détours des routes bien plus plates, mais hautement plus difficiles et hérissés de pièges de Paris-Roubaix. Le seul Monument qui lui manque. L’ultime marche vers la gloire absolue des courses d’un jour. Et si ce n’est pas celle qui paraît la plus inadaptée à sa puissance, elle n’en est pas forcément plus facile à gagner.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/21/image-e6be9dc1-ee8d-407e-9980-d3fd0f23a8bd-85-2560-1440.jpeg)
Pogacar : "Pidcock était meilleur au sprint, j'étais effrayé quand il m'a laissé la 1re position"
Video credit: Eurosport
"Paris-Roubaix, ça reste à mon sens l’une des courses plus dures à maîtriser, explique notre consultant Jacky Durand. Même s’il s’est entraîné à rouler sur les pavés, même s’il est adroit, il n’y a pas que la force pure. Il y a aussi la technique et il l’est moins à mon sens qu’un Van Aert ou un Van der Poel. Mais, avec Pogacar, tout est possible". Surtout qu’il pourra désormais s’y consacrer à 100%, avec le rêve, assumé, de marquer l’Histoire en 2026 en gagnant les 5 Monuments la même saison. "Maintenant, je vais peut-être pouvoir suivre Milan-Sanremo devant la télé ou au bord de la route", avouait le Slovène après son sacre. Son renoncement à l’épreuve serait peut-être le meilleur signe que la Primavera était la course la plus dure pour lui. Et que 2026 pourrait être légendaire. C'est, en tout cas, l'année ou jamais.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité