Milan-Sanremo 2026 | Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG), de la chute à sa victoire : récit de 40 minutes de folie

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Il avait tout envisagé, sauf ça. En un instant, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) a cru que tout le travail fait avant Milan-Sanremo s'était envolé sur une chute à 33 kilomètres de l'arrivée, quatre du pied de la Cipressa, lieu annoncé de l'envol de la fusée. Quarante minutes plus tard, il serrait le poing après un sprint d'anthologie face à Tom Pidcock. Complètement dingue.

Pogacar, de la chute au sprint pour la légende : ses 32 derniers kilomètres de titan

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33 kilomètres de l'arrivée : La chute pour un Pogacar amoché

Difficile de dégager une responsabilité dans cette chute qui a secoué l'avant du peloton mais une chose est sûre, elle n'a pas épargné les favoris : Tadej Pogacar évidemment mais aussi Mathieu Van der Poel, victime par ricochet, ou encore Wout van Aert. Ce dernier est celui qui a lâché le plus de temps avec son changement de vélo mais le Slovène se relève bien amoché, le côté gauche très touché. Il a notamment le tibia en sang. Entier, il se lance pourtant dans une poursuite que l'on pensait incertaine mais qui va s'avérer express.
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Pogacar à terre ! La chute qui a secoué le peloton et les favoris à 33 kilomètres de l'arrivée

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30 kilomètres de l'arrivée : 37 secondes de retard sur le peloton

Dans un monde normal, ou plutôt avec un coureur normal, accuser 37 secondes de retard à moins de trois kilomètres du pied de la Cipressa condamne vos chances de victoire. A ce moment-là, le futur vainqueur se trouve dans un groupe avec Danny Van Poppel ou Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Matteo Jorgenson (Visma | Lease a Bike), Biniam Girmay (NSN) mais aussi et surtout Felix Grossschartner et Florian Vermeersch, ses coéquipiers. Deux kilomètres plus loin, dans le village de San Lorenzo Al Mare, l'écart n'est plus que de 20 secondes. Nous sommes à l'approche de la Cipressa et c'est le moment choisi par Brandon McNulty pour entrer en piste.

Le pied de la Cipressa : Énorme McNulty

Après avoir constaté que le Poggio n'était pas assez dur pour qu'il fasse la différence, Pogacar a, depuis 2025, décidé que ce serait sur la Cipressa qu'il devrait accélérer pour réduire la liste de ses adversaires. Son attaque devait, sur le papier, être précédée d'un gros travail de la UAE Emirates-XRG. Chute oblige, le plan prévu a volé en éclats mais deux hommes vont tout de même essorer le peloton.
Chose dingue, Pogacar aura mis moins de 5 kilomètres à revenir sur l'arrière du peloton. On a pourtant coutume de dire qu'à ce moment-là, les choses sérieuses ont commencé sur Milan-Sanremo et que tout le monde est à fond, ou presque.
Finalement ramené par Van Poppel, qui roulait pour son leader Pellizzari, Pogacar retrouve McNulty, à qui il avait offert le GP de Montréal en septembre dernier. A 27 kilomètres de l'arrivée, le champion du monde est encore à l'arrière du peloton, absolument pas en position de faire mal à qui que ce soit. Neuf-cents mètres seulement plus loin, il est bien calé à l'avant dans la roue de son coéquipier américain. Ce dernier prolonge son relais pendant un kilomètre et demi avant de laisser la place à Isaac Del Toro. Le Mexicain est l'ultime étage avant le décollage.

La Cipressa : Pogacar fait le grand ménage

Moins de huit kilomètres après sa chute, Pogacar est à l'attaque ! On pensait sa victoire impossible, le Slovène fait déjà un immense ménage. Comme l'an dernier, ils ne sont que deux dans sa roue : Mathieu Van der Poel évidemment mais aussi Tom Pidcock, qui remplace un Filippo Ganna aux abonnés absents. Est-ce le vent de face ? Sont-ce les conséquences de sa chute ? Reste que son accélération est un peu, un tout petit peu, moins impressionnante qu'en 2025. Sa deuxième attaque ne lui permet toujours pas de lâcher ses rivaux. Difficile alors de savoir dans quel état physique se trouve le champion du monde et s'il est le plus fort à l'avant.
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Avec Del Toro comme tremplin, Pogacar lance un écrémage terrible dans la Cipressa

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Le Poggio : Van der Poel lâché, une première

Il y a un an, au pied du Poggio, l'affaire semblait entendue et chacun savait que la victoire se jouerait entre Pogacar, Van der Poel et Ganna. Cette fois, les poursuivants sont à moins de dix secondes alors dans le Poggio, Pogi a le feu aux fesses. Sa première attaque est précoce (à 3,3 kilomètres du sommet) et elle est fatale à Van der Poel. Jamais le Slovène n'avait lâché son ami néerlandais sur Milan-Sanremo. Pidcock s'accroche et il va tenir jusqu'au bout malgré les relances répétées d'un Pogacar qui se méfie peut-être.
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Dans le Poggio, l'impitoyable Pogacar met Van der Poel au supplice

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Au sommet, les Van Aert, Magnier, Laporte, Mohoric, Trentin ou Pedersen sont à moins de 20 secondes. C'est encore jouable mais le duo à l'avant s'entend à merveille. Chance, peut-être pour Pogacar, Pidcock, réputé être le meilleur descendeur du monde, ne se lance pas comme un fou dans la si technique descente du Poggio. Qu'aurait fait un "Pogi" qui avait déjà chuté si son adversaire l'avait obligé à prendre tous les risques, à la manière d'un Mohoric qui lui avait fait le coup il y a quelques années ? Nul ne le sait, c'est au sprint qu'un Pogacar malin l'a emporté.

Le sprint : Pogacar plus malin

Alors que Wout van Aert s'est lancé à leurs trousses, Pogacar et Pidcock passent encore leur relais. Dans le dernier kilomètre, le Britannique reste bien calé dans l'aspiration et avec son explosivité, on se dit qu'il peut piéger son rival. C'était compter sans la malice du quadruple vainqueur du Tour de France. Celui-ci laisse juste ce qu'il faut d'espace à droite, proche des barrières, pour faire croire à Pidcock qu'il peut s'engouffrer. 
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Un sprint immense pour une Primavera : Pogacar résiste au retour de Pidcock sur la via Roma

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Le coureur de la Pinarello Q36.5 y croit, hésite puis veut finalement déborder Pogacar par sa gauche. Il ne le sait pas encore mais c'est déjà trop tard. S'il emmène plus de vitesse et qu'il vient mourir à une demi-roue de la plus grande victoire de sa carrière, Pidcock ne peut que constater les dégâts. Pogacar a douté un instant mais il serre le poing dix mètres après la ligne et libère toute sa rage dans un cri. On ne peut qu'imaginer la décharge d'adrénaline qui fut la sienne après tant d'années à essayer et ces quelques kilomètres durant lesquels il a, forcément, douté.
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Hésitation fatale : "S'il avait forcé le passage à droite de Pogacar, Pidcock aurait pu gagner"

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