Milan-Sanremo 2026 | Tadej Pogacar, le tueur de traditions

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C'est l'heure du premier Monument de la saison. Milan-Sanremo, sa longueur excessive et inutile d'une certaine manière, ses capi, sa Cipressa, son Poggio et son duel entre Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel. Dernier rempart à la victoire du premier, le second s'accommode très bien du rôle de suiveur. Au Slovène, le rôle du méchant, celui qui bouscule l'ordre établi.

Là où UAE avait échoué : "La Cipressa doit être préparée au millimètre, Pogacar ou non"

Video credit: Eurosport

Ce samedi, quand viendra l'heure de se réveiller, Tadej Pogacar fera tinter les cloches. Le Slovène et ce maillot de champion du monde sur le dos qui lui donne une allure à part sont l'alpha et l'oméga d'une course dont il n'a pourtant pas encore percé tous les secrets. Mais c'est ainsi puisque 99% du peloton n'a d'autre choix que de subir la volonté du tout-puissant quand ceux qui pourraient la contrer ont plutôt décider de s'y soumettre. Sur Milan-Sanremo, il y a désormais Pogacar puis les autres. Du plus incertain des Monuments, ce dernier a fait son jouet, quitte à marcher sur les traditions.
Julian Alaphilippe, s'il en a le temps - et il l'aura même si la fin de semaine a vu naître des rumeurs absurdes d'accélération des UAE dès le Turchino, à 150 kilomètres de l'arrivée (!) -, il pourrait bien aller demander des comptes au patron. Dans un passé pas si lointain, c'était son mouvement à lui que les favoris attendaient. Sitôt qu'il apercevait les serres du Poggio, le mousquetaire savait son heure venue. Qu'il aimait le suivait, et ils étaient parfois nombreux. 

"Pogi" et la mort d'un certain esprit de Sanremo 

En ce temps-là, dans un cyclisme que l'on regarde facilement avec nostalgie, non qu'il était moins imparfait que celui de 2026 mais le temps a effacé les mauvais souvenirs, la Primavera pouvait sacrer indéfiniment un sprinteur (Arnaud Démare), des hommes à tout faire (Michal Kwiatkowski ou Wout van Aert), des artistes (Vincenzo Nibali ou Matej Mohoric), un puncheur (Julian Alaphilippe) et même un malin (Jasper Stuyven). 
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Et si Van der Poel jouait plus gros que Pogacar ? "S'il perd samedi, il sera sous pression"

Video credit: Eurosport

Depuis trois ans, tout tourne autour d'un duel : Pogacar dans un coin, Mathieu Van der Poel dans l'autre. Le premier ne l'a toujours pas emporté pendant que le second se taillait la plus belle part du gâteau (deux victoires) et en offrait une à Jasper Philipsen. Monument le plus incertain au XXIe siècle, Milan-Sanremo se résume désormais à deux noms. La faute bien sûr à Van der Poel mais après lui, Pogacar a rendu plus absolue encore la certitude qu'il ferait la différence, au profit des autres, pour l'instant, mais le champion du monde a tué un certain esprit de Sanremo. 
Personne ne se plaindra que le Poggio ne soit plus l'unique endroit où l'on puisse gagner le premier Monument de la saison. Quand les sprinteurs régnaient en maître, des voix s'élevaient pour durcir le parcours, ce qui fut le cas de 2008 à 2014 avec l'ajout de la côte de La Manie. Quiconque proposerait la même chose en 2026 se verrait rire au visage. Milan-Sanremo est très bien comme il est, c'était vrai hier, ça l'est d'autant plus aujourd'hui. 

Partout ailleurs, sa présence s'accompagne d'un soupir de lassitude 

Si "Pogi" ne l'a pas encore domptée, c'est un peu de sa faute, un peu à cause de son équipe et surtout car le parcours y est… trop facile. A l'heure où les organisateurs rivalisent d'idées pour durcir toujours plus, sans doute devraient-ils comprendre que ce qui était vrai il y a cinq ou dix ans, ne l'est plus. On résumera ainsi, plus c'est dur et moins c'est, la plupart du temps, spectaculaire.  
C'est parce qu'il doit chercher des solutions à un problème complexe pour lui que Pogacar est encore vu avec un peu, un tout petit peu, de tendresse au départ de Milan-Sanremo. Partout ailleurs, à l'exception évidente de Paris-Roubaix, sa présence s'accompagne d'un soupir de lassitude. Ce n'est pas le cas ce samedi et il va probablement falloir le savourer avant que l'overdose prenne, ici aussi, le dessus.
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