Geslin: "Que du bonheur"

Auteur d'un sprint d'anthologie dimanche à Madrid, Anthony Geslin s'est frayé un chemin jusqu'au podium, pour son plus grand bonheur et celui de l'équipe de France. A 25 ans, cette médaille de bronze ouvre en tout cas des perspectives intéressantes au cou

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Crédit: Eurosport

Il a du mal à y croire. Lui, sur le podium des Championnats du monde, en compagnie de Tom Boonen et Alejandro Valverde? Anthony Geslin doit se pincer. Il n'a pourtant rien volé. Le Normand a sorti un sprint de titan, parfait de maîtrise et de placement. Ses jambes ont fait le reste. "Je me connais: je savais que je possédais une petite pointe de vitesse, sourit le bronzé. J'ai effectué le sprint à l'inspiration, passant les coureurs un à un pour me rapprocher de la troisième place."
Plusieurs fois cette année, on l'avait vu faire des places dans des sprints massifs. Mais de là à jouer les cadors sur une course aussi éreintante, après 273 kilomètres, il y avait un pas, que Geslin a joliment franchi. "C'est un coureur d'un très grand sang-froid, explique Jean-René Bernaudeau, manager de l'équipe Bouygues Telecom. Il ne craquera jamais. Son sprint a été parfait, à 150 mètres de la ligne, il s'était idéalement placé ."
Brochard, le grand frère
Pour son premier Mondial, comme une bonne moitié de la sélection tricolore d'ailleurs, il ne savait pourtant pas vraiment à quoi s'attendre. Son plaisir n'en est que plus important. "Ce n'est que du bonheur, s'emballe "Ges". Je ne m'attendais pas du tout à terminer troisième. Si on m'avait annoncé ça ce matin, j'aurais signé tout de suite. Je me suis accroché dans la dernière difficulté, ça montrait très vite. "
En basculant dans le bon wagon, il s'assurait une place dans les vingt. La présence de l'exemplaire grand frère Laurent Brochard à ses côtés lui permit de bien gérer sa fin de course. "Sans rien dire, Laurent s'est mis à mon service et m'a replacé deux fois dans le dernier tour. J'ai été très heureux qu'il me dise qu'il était aussi heureux que s'il avait été troisième lui-même ", souligne Geslin. "Une place sur le podium, c'est quelque chose de fabuleux", confirme Brochard, qui sait de quoi il parle.
De la si talentueuse clique vendéenne, Anthony Geslin n'était pas le plus connu, surtout comparé à un Thomas Voeckler. Tout le monde connaissait pourtant son potentiel. "Il ne sera jamais un coureur de courses par étapes, mais les courses d'un jour sont faites pour lui, notamment les classiques du Nord", juge Bernaudeau, ravi de voir son poulain en pleine lumière. "C'est une belle récompense pour un mec bien, surdoué, cultivé et lisant beaucoup dans un monde difficilement pris au sérieux", ajoute le patron des Bouygues.
"Ne pas se laisser abattre"
A l'évidence, il y aura un avant et un après Madrid pour Anthony Geslin. "Vous voyez, une quatrième place serait restée sans suite pour lui, mais une troisième place lui permettra de grandir, de comprendre qu'il peut bâtir un beau palmarès à raison d'une jolie ligne écrite chaque année", poursuit Bernaudeau. "Cette médaille va me faire croire en moi", admet l'intéressé.
Le cyclisme français, en pleine déprime ces derniers temps, aurait tort de ne pas y voir une lueur d'espoir. A commencer par le meilleur ami de Geslin, Jérôme Pineau, qui s'interroge sur son avenir. "Elle prouve qu'il ne faut pas se laisser abattre après les résultats du ProTour, poursuit du héros du jour. Il faudra aussi arrêter de penser que les Français sont des buveurs de bières et qu'ils en s'entraînent pas". Dimanche soir, c'est plutôt le champagne qui coulait à l'hôtel des Français...
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