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Athlé, homonyme, methylhexanamine, baston: Voici Rui Costa

Athlé, homonyme, methylhexanamine, baston: Voici Rui Costa
Par Eurosport

Le 30/09/2013 à 15:24Mis à jour Le 30/09/2013 à 21:46

Rui Costa est depuis dimanche le nouveau maillot arc-en-ciel du peloton. Mais qui est vraiment le premier champion du monde portugais de l'histoire ?

DE L'ATHLETISME AU CYCLISME

Le premier amour sportif de Rui Costa n'a pas été le cyclisme mais l'athlétisme. A 11 ans, il chausse les pointes et démontre de belles aptitudes. "J'aimais ça et j'ai gagné pas mal de courses. J'en ai fait pendant deux ans à fond", se souvient-il. Mais le poids du paternel va changer son destin. "J'ai été influencé par mon père. Il adorait le cyclisme et il suivait ça de très près. Le dimanche, on allait toujours faire du vélo avec lui. Il m'a transmis sa passion. C'est devenu la mienne." Rui Costa a donc fini par se tourner vers le cyclisme. On ne peut pas dire, aujourd'hui encore moins qu'hier, que le choix se soit avéré mauvais.

 L'AUTRE RUI COSTA

Pour tout amoureux du sport, un Portugais avec Rui Costa pour patronyme, comme ça, au premier abord, on pense surtout à un joueur de football. Rui Costa, l'autre, le cycliste, s'est souvent amusé de cette homonymie encombrante. Pour ne pas rester "l'autre Rui Costa", il lui fallait se tailler un palmarès. Ce que, depuis deux-trois ans, il est en train de faire. Dimanche, à la sortie de sa conférence de presse, il n'a pu s'empêcher de lancer cette phrase "Maintenant, on ne me demandera plus si je suis le Rui Costa qui joue au football." En tout cas, lui est champion du monde, ce que n'a jamais été son compatriote footballeur. Au passage, on notera le clin d'oeil: L'ancien meneur de jeu lusitanien a joué sept ans… à la Fiorentina, le club de Florence. Mais depuis dimanche en fin d'après-midi, si vous tapez Rui costa + Florence sur Google, c'est le cyclisme qui prime. Ce n'était pas le cas dimanche avant 17h30…

Imago

 CHAUD LES MARRONS AVEC BARREDO

Le grand public découvre vraiment Rui Costa lors du Tour de France 2010. Il a déjà un Tour à son actif et quelques victoires intéressantes, notamment aux Quatre Jours de Dunkerque, mais globalement, pour ceux qui ne suivent pas le cyclisme au quotidien, le jeune Lusitanien de 23 ans reste encore méconnu. Il va faire parler de lui sur le Tour 2010, mais pas en bien. A l'arrivée de l'étape de Gueugnon, après s'être touchés et insultés à plusieurs reprises dans le final, Rui Costa et l'Espagnol Carlos Barredo en viennent carrément aux mains juste après la ligne. Au-delà de l'amende de 300€ dont ils écopent, c'est la vidéo de la bagarre qui fait le buzz immédiatement sur Internet et qui donne aux deux impulsifs l'image de mauvais garçons. "Ce n'était pas joli du tout mais depuis nous sommes bons amis", se souvient Rui Costa.

 METHYLHEXANAMINE, A VOS SOUHAITS

Sur Twitter, dimanche, beaucoup n'ont pas manqué de rappeler que Rui Costa avait, comme beaucoup de ses camarades, été pris dans le pot de confiture du dopage. C'était en 2010 et, dans son cas (comme dans beaucoup d'autres), ça a fait tâche car, peu avant, Rui Costa s'était allié à l'association "Bike Pure". Hum. En compagnie de son frère Marino, il est contrôlé positif au methylhexanamine, un stimulant, à l'issue des Championnats du Portugal du contre-la-montre, qu'il avait remportés, en juin 2010. Il plaide une contamination alimentaire et s'en tire avec six mois de suspension, entre octobre 2010 et avril 2011. Rien de trop méchant... Depuis, il esquive le sujet quand il revient sur la table, comme sur le dernier Tour de France. "C'est une vieille histoire", se borne-t-il à répondre.

LE PIONNIER PORTUGAIS

Rui Costa a écrit la plus belle page de l'histoire du cyclisme portugais dimanche en décrochant le titre de champion du monde. Jusqu'ici, la grande figure lusitanienne, c'était Joaquim Agostinho, vainqueur de quatre étapes sur la Grande Boucle (deux en 1969, une en 1973, une en 1979). Mais dans le cadre du Championnat du monde, c'est peu dire que l'impact du Portugal avait été mineur. Depuis la création du Mondial en 1927, il n'y avait jamais eu de vainqueur portugais. Mais il n'y avait même jamais eu le moindre coureur lusitanien sur le podium. En 2012, Rui Costa avait déjà signé la meilleure performance portugaise au Mondial en prenant la 11e place. Il n'y avait donc jamais eu de Top 10 ! C'est donc une première magistrale que vient de signer Rui Costa. En 2010, il affirmait déjà vouloir se battre pour lui mais aussi pour l'émergence de son pays sur la scène internationale: "il est temps de reconnaître le talent des Portugais dans le cyclisme international", avait-il lancé. Grâce à lui, c'est chose faite.

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LE PASSAGER DE LA PLUIE

Ça va finir par devenir une véritable marque de fabrique chez lui. La pluie, le déluge, les conditions pourries, Rui Costa aime ça. Il a signé quelques-unes de ses plus marquantes victoires sous un ciel humide. Sa première victoire d'étape sur le Tour de France, par exemple, en 2011. A Super-Besse, dans le Massif Central, il s'était imposé par une triste journée (sauf pour lui) d'été, devançant d'une petite quinzaine de secondes le groupe des ténors. Cette année, rebelote sur le Tour. Lors de son deuxième succès dans cette 100e édition, Rui Costa a triomphé en solitaire au Grand-Bornand alors qu'il faisait quasiment nuit, tant le ciel était plombé. Rui Costa ne gagne pas que quand il pleut, mais quand c'est le cas, mettez-le sur la liste des favoris. Du coup, la concurrence aurait dû se méfier dimanche à Florence, en voyant des trombes d'eau s'abattre sur le circuit toscan. "C'est vrai, la pluie ne me dérange pas en course. Je ne sais pas si c'est un porte-bonheur, peut-être", a-t-il soufflé… De la pluie à l'arc-en-ciel, il n'y a qu'un pas.

DEJA UNE IDOLE AU PORTUGAL

Rui Costa n'a pas trop de souci à se faire. Son pari est gagné, le cyclisme est devenu un sport de premier plan dans son pays grâce à lui. Depuis l'an dernier, il est devenu une véritable star au Portugal. Fin 2012, à Estoril, il a même été élu sportif portugais de l'année en devançant le médaillé d'argent de Londres en canoë-kayak Fernando Pimienta et surtout devant un certain… Cristiano Ronaldo. Pas mal quand même. Seul regret, Rui Costa n'était pas là pour récupérer son prix. Parce qu'il était en stage avec Movistar. Parce que, aussi, il se dit qu'il n'y croyait pas vraiment. Il avait envoyé sa petite amie, Carla. 

ET MAINTENANT, EN LEADER CHEZ LAMPRE

Après cinq saisons en Espagne, chez Caisse d'Espagne et sa petite sœur Movistar, Rui Costa va donner une nouvelle orientation à sa carrière l'an prochain puisqu'il évoluera l'an prochain en Italie sous les couleurs de la Lampre. Il se sent prêt à assumer un rôle de leader sur les grands tours, ce qu'il n'était pas chez Movistar. La façon dont il a été sacrifié cet été alors qu'il était dans le coup pour le général a achevé de la convaincre. Bon rouleur, bon grimpeur, possédant sans doute une marge de progression à 26 ans, il veut réussir sur trois semaines ce qu'il a déjà réussi, par exemple, sur le Tour de Suisse, qu'il a remporté deux fois. En tout cas, Lampre, en le recrutant, a chapardé un champion du monde. C'est ce qui s'appelle décrocher le gros lot.

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