10. Julian le Californien

Mai 2016. Julian Alaphilippe s'offre le Tour de Californie. C'est alors la plus grande victoire de sa carrière et, quatre ans et demi plus tard, c'est toujours le succès de référence du Français dans une course à étapes. "C'est spécial pour moi de remporter une épreuves World Tour dans une course à étapes, c'est un cap important", explique-t-il alors. Il n'en a gagné qu'une autre depuis, le Tour de Grande-Bretagne, en 2018.

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12/10/2020 À 16:21

Julian Alaphilippe a remporté le Tour de Californie 2016

Crédit: AFP

9. Nice, au nom du père

Bien sûr, la comparaison avec 2019 peut donner une sensation de banalité à son Tour de France 2020. Mais 2019, c'était une exception, non une règle. Julian Alaphilippe briguait une nouvelle victoire d'étape et, si possible, le maillot jaune, sur cette 107e édition de la Grande Boucle. Le plus sûr moyen de combiner l'un avec l'autre était de gagner à Nice dès la 2e étape. Fidèle au rendez-vous qu'il avait lui-même fixé, il a surgi là où il le fallait avant de résister à marc Hirschi au sprint. Résultat, une victoire frappée du sceau de l'émotion, dédiée à son papa disparu deux mois plus tôt. Et trois nouvelles journées en jaune.

Séquence émotion : Juste après la ligne d'arrivée, Alaphilippe a fondu en larmes

8. La révélation ardennaise (2015)

Les quelques jours qui ont placé Julian Alaphilippe sur le devant de la scène et ont annoncé ce qui allait suivre. Il n'a alors que 22 ans quand, au mois d'avril 2015, il prend coup sur coup la 2e place sur la Flèche Wallonne puis la 2e place sur Liège-Bastogne-Liège ce qui, compte tenu de l'exigence et de la longueur de la Doyenne, est peut-être plus significatif encore. Dans les deux cas, seul Alejandro Valverde a pu le priver de la victoire. Mais le "petit" Julian a pris date. On le reverra, et vite.

Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde et Michael Albasini sur le podium de la Flèche Wallonne 2015

Crédit: Panoramic

7. Vuelta 2017 : Première sur un Grand Tour

Sa première victoire d'étape dans un grand Tour. Forcément particulier, donc. Privé des classiques ardennaises au printemps 2017 puis trop juste pour le Tour de France, Alaphilippe mise tout sur la fin de saison. Sur le Tour d'Espagne, il remporte la 8e étape autant avec sa tête qu'avec ses jambes. Il s'accroche dans les terribles pourcentages de l'ascension de Xorret de Cati avant de régler Rafal Majka et Jan Polanc au sprint. Pour lui, une petite renaissance, et un sourire avant une fin d'année frustrante : repris sous la flamme rouge aux Mondiaux de Bergen, il finit ensuite 2e du Tour de Lombardie.

Julian Alaphilippe savoure sa première victoire sur un Grand Tour lors de la 8e étape de la Vuelta 2017

Crédit: Getty Images

6. Quand Alaf fait le pois

Son incroyable Tour 2019 doit être placé hors catégorie, mais ce qu'Alaphilippe avait accompli douze mois plus tôt sur les routes du Tour n'était pas mal non plus. Loin des joutes sur les cimes du classement général, le puncheur tricolore joue les francs-tireurs et attaque dans tous les sens. Et ça paie : il décroche ses deux premiers succès d'étape sur la Grande Boucle et, à la surprise générale, s'en va ramener le maillot à pois sur les Champs-Elysées. Le début de la "Alafmania" juilletiste.

Julian Alaphilippe sur le Tour 2018

Crédit: AFP

5. Huy, deux fois !

Ferdi Kubler. Morento Argentin. Alejandro Valverde. Et Julian Alaphilippe. S'imposer deux années de suite sur la Flèche Wallonne est un exploit suffisamment rare pour être souligné. Vainqueur en 2019 comme l'année précédente, Julian Alaphilippe n'est devenu que le 4e coureur depuis 1945 à conserver son titre dans la classique ardennaise. Cette fois, c'est avec Jakob Fuglsang que le Français livre un mano a mano pour la victoire.

Trois jours plus tôt, les deux hommes ont joué avec le feu sur l'Amstel et laissé Mathieu Van der Poel rafler la mise. Rien de tel cette fois. Tout se fait à la jambe à Huy, et le duel franco-danois tourne d'un cheveu à l'avantage de Julian Alaphilippe, qui consolide son statut de successeur d'Alejandro Valverde sur le fameux Mur ardennais. Après Milan-Sanremo, c'est aussi la confirmation de la forme insolente du coureur de la Deceuninck - Quick Step en ce printemps 2019.

Comment Alaphilippe a dompté le Mur de Huy et Fuglsang : son arrivée triomphale en vidéo

4. La libération au Mur de Huy

Celle-ci, il l'aura attendue. Avec son punch phénoménal, Julian Alaphilippe était taillé pour la Flèche Wallonne. Malheureusement pour lui, il a d'abord buté sur le maître des lieux, Alejandro Valverde, qui l'avait devancé au sommet du Mur de Huy en 2015 et 2016. Une double deuxième place porteuse d'espoirs mais aussi génératrice de frustrations. Absent en 2017 pour cause de blessure, Alaf' met enfin dans le mille au printemps 2018.

Pour que l'histoire soit vraiment belle et la boucle bouclée, le Français va s'imposer devant... Alejandro Valverde, dont l'effort désespéré dans les derniers mètres ne suffira pas. Pour la petite histoire, l'image, c'est aussi celle d'un Alaphilippe ne levant pas les bras. Et pour cause, il n'était pas certain d'avoir gagné, pensant que Vincenzo Nibali était devant lui. "J'entendais mal à la radio, je croyais que Nibali était encore devant quand j'ai produit mon effort", dira-t-il. Mais non. Cette fois, la Flèche était bien sienne.

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3. La Primavera

Gagner un Monument, dans une carrière, ce n'est pas rien. Encore moins pour un coureur français. Si Arnaud Démare (Milan-Sanremo, 2016) et Thibaut Pinot (Tour de Lombardie, 2018) n'étaient pas passés par là avant lui, la victoire de Julian Alaphilippe sur Milan-Sanremo au début du printemps 2019 possèderait encore une force supplémentaire. Cela n'en fut pas moins une consécration majeure pour lui après ses succès sur la Flèche Wallonne et la Clasica San Sebastien l'année précédente.

2019 restera l'année Alaphilippe, qui a évolué à un niveau monstrueux tout au long de la saison. La force de cette victoire dans la Primavera tient au fait que tout le monde le scrutait. Mais il a su faire fi de cette gigantesque pancarte pour attaquer dans le Poggio avant de régler un petit groupe au sprint sur la ligne. Un mois de mars béni, après ses victoires dans les Strade Bianche et son festival sur Tirreno-Adriatico (deux victoires d'étape). Incontestablement, ce succès à Sanremo a densifié son palmarès. Un spécialiste de courses d'un jour comme lui n'est pas encore un immense champion tant qu'il ne possède pas un Monument.

Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) sur le podium de Milan-SanRemo, encadré par Olivier Naesen (AG2R La Mondiale) et Michal Kwiatkowski (Sky)

Crédit: Getty Images

2. Le Tour 2019

Ce n'est pas une victoire (pas même un podium, d'ailleurs) et, pour une machine à gagner comme lui, il peut sembler paradoxal de placer si haut ce Tour de France 2019. Mais difficile de contester l'impact de ces trois semaines estivales sur la carrière de Julian Alaphilippe. Les Alpes et ses cols à plus de 2000 mètres ont fini par le ramener à la raison, mais l'épopée du natif de Saint-Amand-Montrond a fait date : deux victoires d'étape, une en ligne, l'autre dans le contre-la-montre de Pau, et surtout 14 journées en jaune pour écrire l'histoire à sa façon.

Le voir gagner en haut du Mur de Huy relevait, presque, de l'évidence dès l'aube de sa carrière. Idem pour un triomphe à Milan-Sanremo. Tout ceci figurait dans la programmation du disque dur de Julian Alaphilippe. Mais il n'était a priori pas taillé pour rivaliser avec les favoris du Tour sur trois semaines. Rappelons que, le jaune sur les épaules, il avait fini 2e au sommet du Tourmalet, ce qui n'est pas loin de constituer l'exploit le plus improbable de sa carrière. Puis s'il n'a pas garni son palmarès, ce Tour 2019 a fait de lui une vraie star en France, au-delà des frontières du cyclisme. C'est une autre forme de victoire...

Julian Alaphilippe, super combatif du Tour 2019, sur le podium des Champs-Elysées

Crédit: Getty Images

1. Le maillot arc-en-ciel

Ce 27 septembre 2020 restera à part dans la carrière de Julian Alaphilippe, quoi qu'il puisse accomplir par la suite. Le prestige de l'arc-en-ciel, ce maillot que l'on porte toute l'année et qui vous fait changer de dimension, demeure incomparable. Le maillot jaune, qu'il a abondamment porté, a sans doute fait sa gloire auprès du grand public français, mais la tunique irisée, à ses yeux, est sans doute d'un éclat différent.

Le sacre d'un géant : La victoire de Julian Alaphilippe en vidéo

"Le maillot arc-en-ciel, c'est le sommet, a-t-il d'ailleurs confirmé dimanche soir. C'est la course qui me faisait rêver le plus. C'est difficile de décrire le sentiment d'avoir réalisé son rêve." Il avait tourné autour des dernières années, au point qu'on avait fini par craindre que le Championnat du monde n'ait décidé de se refuser pour de bon à lui. Mais à Imola, personne, pas même le redoutable Wout van Aert, n'a pu rivaliser avec le puncheur tricolore lorsqu'il a attaqué dans le dernier tour. A ses yeux, c'est sans doute la consécration ultime.

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