Décidément, 2020 est une année particulière et ce n’est pas Julian Alaphilippe qui nous dira le contraire. Quelques mois après la tristesse et la mort de son père, Jo, le Français a connu dimanche la plus grande joie de sa carrière professionnelle en s’offrant le titre suprême de champion du monde, à Imola. Une victoire justement construite dans la douleur des derniers mois. “C'est juste une émotion qui fait beaucoup de bien dans une année où il y a eu beaucoup de hauts et beaucoup de bas, explique-t-il. Je pense que tout le monde traverse des moments difficiles dans la vie. Je n'ai pas été épargné par ça, il faut toujours trouver la force d'avancer, toujours se relever quand on prend des claques. J'ai toujours eu cette force en moi de continuer quand rien n'allait. Souvent, on ne retient que les victoires. Mais les moments plus durs ont servi pour aujourd'hui.”. C’est peut-être pour cela que le Français a réussi à décrocher l’or mondial une année où l’on n’y croyait pas vraiment.

Un maillot arc-en-ciel, de l'or, des larmes : Inoubliable Marseillaise pour Alaphilippe

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Quand j’ai vu l’écart, je ne me suis plus posé de question

A l’origine favorable aux grimpeurs à Martigny, le changement de parcours, vers Imola, avait toutefois entrouvert la porte à un espoir de sacre. Mais ces dernières années aussi, le titre mondial était une possibilité pour Julian Alaphilippe, déjà passé tout près à Bergen, en 2017. “C'était tellement un objectif important depuis ces dernières années, racontait-il. J'arrivais souvent favori, j'ai été très près mais je n'ai jamais été si ce n’est que sur le podium... A chaque fois je me disais que c'était le destin quand je n'y arrivais pas”. Mais le destin a fini par tourner, à force d’y croire et de croire en lui-même. “Je savais que le parcours me correspondait bien, avouait-il au micro d’Eurosport après la course. Avec de bonnes sensations, je savais que j’avais des chances de faire ce que j’ai fait”. Visiblement, il avait raison.

Et Alaphilippe porta l'estocade : L'attaque décisive du Français

Souvent à l’attaque mais jamais véritablement assez tranchant pour faire la différence sur le dernier Tour de France, Julian Alaphilippe a cette fois retrouvé cette “giclette” qui avait fait tant de dégâts l’année passée. Surtout, il en a usé au meilleur des moments. “J’ai voulu faire l’effort maximum au sommet pour voir si je pouvais faire la différence, raconte-t-il. J’ai vu qu’il y avait un petit écart donc je ne me suis plus posé de question. Ça a été une dizaine de kilomètres très, très longs jusqu’à la ligne... “ Une longue attente pour la plus grande des joies.

C'était un rêve dans ma carrière, avouait le Français. A chaque fois, ce sont des émotions différentes. Gagner de grandes courses, un monument, des étapes du Tour, porter le maillot jaune, c'est bien. Mais, le maillot arc-en-ciel, c'est le sommet. C’est juste un sentiment incroyable de remporter la course qui me faisait rêver le plus.”. Quand c’est un porteur du maillot jaune, vainqueur de Milan-SanRemo, de la Flèche Wallonne ou encore d’étapes du Tour qui vous dit ça, ça veut tout dire.

Après Brochard, Alaphilippe veut imiter Argentin

Et c’est n’est pas parce son palmarès ne cesse de se garnir que Julian Alaphilippe en oublie ce qu’il doit à ses équipiers. “Je tiens vraiment à remercier l’équipe de France et tous mes coéquipiers aujourd’hui qui ont fait un travail exemplaire, a-t-il salué. L'équipe a été très forte, le sélectionneur (Thomas Voeckler) m'a fait confiance, le plan établi était très bon. Tout le monde a joué le jeu”. Et voilà la France sacrée championne du monde avec un porteur du maillot arc-en-ciel que l’on devrait retrouver aux avant-postes sur les classiques majeures ces prochains jours. “Je suis tellement content de pouvoir faire les Ardennaises avec ce maillot de champion du monde”, avoue le Tricolore.

Alaphilippe : "Quand j’ai vu l’écart, je ne me suis plus posé de question”

Sans doute rêve-t-il de briller à Liège-Bastogne-Liège. Après avoir mis fin aux 23 ans d’attente française d’un successeur à Laurent Brochard sur le Mondial, le Français aura sans doute en tête d’imiter Moreno Argentin, dernier coureur à avoir gagné la Doyenne avec le maillot arc-en-ciel sur les épaules, en 1986. “Mais, avant, j’ai surtout envie de prendre le temps de réaliser parce que, là, c’est vraiment spécial”, tempère-t-il. Et il aurait tort de s’en priver.

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