Mondiaux 2026 I Course en ligne I Elle se met la pression : la Belgique de Remco Evenepoel et Wout van Aert va-t-elle exploser en vol ?
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 25/09/2026 à 18:39 GMT+2
Elle entend bien assumer le poids de la course en l’absence de Tadej Pogacar. Avec deux atouts maîtres nommés Remco Evenepoel et Wout van Aert, la Belgique déborde d’ambition pour la course en ligne des Mondiaux dimanche, à Montréal. Elle doit composer avec une très forte pression médiatique, centrée autour de l’entente entre ses leaders et la qualité de son effectif. Peut-être trop forte…
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Video credit: Eurosport
Sur le papier, elle fait peur. La Belgique ne manque vraiment pas d’arguments pour décrocher le maillot arc-en-ciel dimanche à Montréal. Déjà, Tadej Pogacar n’est pas là. Aussi, elle peut s’appuyer sur Remco Evenepoel, deuxième du dernier Tour de France, et tout juste auréolé de son quatrième sacre mondial sur le chrono. Si ça ne suffisait pas, elle a aussi Wout van Aert, qui sort d’une Vuelta monstrueuse. Et autour, une pléiade d’équipiers talentueux avec Tiesj Benoot, Maxim Van Gils, Alec Segaert, Gianni Vermeersch, Quinten Hermans, Thibau Nys. De l’artillerie lourde.
Alors, tout semble réuni pour renouer avec la victoire sur la course en ligne des championnats du monde, un titre qui lui échappe depuis la victoire d’Evenepoel à Wollongong en 2022. Toute la Belgique n’attend que ça. Et Serge Pauwels en est bien conscient. "C’est clair, nous sommes une des nations favorites mais je pense qu’il y a d’autres pays aussi, reconnaissait le sélectionneur belge en début de semaine. Nous avons deux cartes à jouer. C’est notre avantage sur les autres nations. Ça donne un peu de pression, c’est clair, mais on est aussi prêts à jouer notre rôle".
La pression, la Belgique a l’habitude de se la mettre. Avoir deux atouts comme Evenepoel et van Aert en l’absence de Pogacar n’en a pas dilué l’impact. Cela l’a plutôt renforcée. Les deux ne pourront pas être champion du monde. Et la question de l’entente essentielle pour mener l’un ou l’autre jusqu’au titre mondial revient invariablement au centre des conversations. "Moi je veux maximiser les chances de la Belgique, a insisté Pauwels. Pas les chances pour Remco ou les chances pour Wout."
Cette crainte de voir l’abondance de biens nuire à sa sélection est amplifiée par la presse belge. "Le vrai danger pour la Belgique, c’est la Belgique elle-même qui ne s’entend pas, qui reçoit de la pression de la part de la presse et veut prendre la course en main trop tôt, résume le consultant Gérard Bulens sur le podcast de la RTBF ‘On connaît nos Classiques’, appuyé par l’ancien sélectionneur Rik Verbrugghe. "J’espère que les Belges vont bien accorder leurs violons (…) Ils ne vont pas devoir courir l’un derrière l’autre sinon on court à la catastrophe."
Le souvenir des Jeux de Paris
Sans tomber forcément dans le catastrophisme, il y a ce côté négatif dans le discours médiatique en Belgique avant ces Mondiaux. Il ne concerne pas seulement la stratégie autour de deux leaders. Les choix de Pauwels pour compléter sa formation sont également discutés, bien au-delà de l’absence de Tim Wellens, qui est resté sur sa décision de renoncer après un Tour éreintant malgré son retour en forme ces dernières semaines. Celles de Lennert van Etvelt ou de Jenno Berkmoes interrogent également, comme la présence d’un Thibau Nys, revenu à la compétition sur la Vuelta après une saison contrariée par les pépins physiques.
Il n’y a rien de bien neuf ici. Les débats autour du cyclisme sont toujours particulièrement enflammés dans la presse belge, et l’approche de cette course en ligne des Mondiaux en est le parfait symbole. "Les Belges auront la pression, insistait le légendaire Eddy Merckx sur la RTBF. Il faudra voir comment la course se dessine. Qui sera dans l’échappée ? Qui devra rouler ? Si un Belge se retrouve à l’avant, il ne devra sans doute pas rouler. Mais que faire si, dans cette échappée, il y a un favori, type Van der Poel ? On devra réagir tout de suite. Si on attend et qu’il y a un écart significatif, on va être en difficulté pour revenir."
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"Je n'ai pas changé d'avis : Van der Poel est tout en bas dans la hiérarchie"
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Toute la question, c’est l’impact de cette pression sur les coureurs. Pour le coup, ils y sont habitués. Et ils sont sûrs de leur force. "Nos deux leaders sont tellement forts qu’ils nous rendent imprévisibles, soulignait Tiesj Benoot devant les médias belges en début de semaine. Je préfère deux leaders au sommet de leur forme qu’un seul ou un leader et demi. Nous, les Belges, on adore en faire un problème. Alors qu’il n’y en a pas, c’est un luxe".
Et le coureur de la Decathlon CMA CGM a de bonnes raisons de le penser. Evenepoel avait pu compter sur l’appui de van Aert pour remporter le titre de champion du monde sur la course en ligne à Wollongong en 2022, et plus récemment sur celle de Paris 2024. "Lors des Jeux Olympiques de Paris, on a pu voir à quel point c’était précieux, rappelle Benoot. Si Wout ne bondit pas à un moment donné de la course dans la roue de Mathieu van der Poel, les choses auraient peut-être été différentes. J’espère que nous pourrons construire quelque chose de similaire cette année." Malgré la pression. Si elle ne l’a pas fait exploser, cette Belgique a vraiment les moyens de voler vers les sommets.
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