"Il faut le planifier"

Probant vainqueur du Grand Prix de Québec vendredi, Thomas Voeckler confirme qu'il est bien le fer de lance du cyclisme français. Pourtant, il ne devrait pas être le leader de l'équipe nationale lors des Championnats du monde en Australie. Au grand dam de Laurent Jalabert. mais Voeckler reste ferme.

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Crédit: Eurosport

Un titre de champion de France, une étape sur le Tour, une victoire sur une course Pro Tour. C'est une de vos meilleures saisons ?
C'est ma plus belle saison. Je suis content parce que l'année dernière on disait déjà que c'était ma plus belle saison. Avant le Championnat de France, je n'avais pas eu de victoires. Je disais -mais j'ai pas l'impression qu'on me croyait- que plusieurs fois dans l'année je m'étais senti physiquement plus fort qu'en 2009. J'aurais très bien pu faire dans les dix premiers de Paris-Nice, gagner une étape avec un peu plus de réussite, gagner une étape au Tour d'Italie... Depuis, avec ces victoires, objectivement, c'est ma meilleure saison.
Vous avez pourtant dit que vous n'aviez pas eu une hygiène de vie irréprochable...
Encore heureux qu'il y ait quelques incertitudes. Comme tous les coureurs, du 1er décembre au 30 juillet, je suis très sérieux. Au mois d'août, après 90 jours de course, je n'ai pas fait des sorties de six, sept heures de vélo, je n'ai pas craché sur l'apéro ou sur quelques verres quand on allait manger chez des amis.
Votre victoire vous fera-t-elle changer d'avis et aller aux Championnats du monde ?
T.V. : J'ai vu Laurent (Jalabert). Il m'a dit qu'il aimerait bien que je vienne. Ca reste court pour planifier une participation au Mondial. Y aller pour dire "J'ai terminé 40e, dans le premier groupe", ça ne m'intéresse pas. Je vais voir (à Montréal dimanche) comment sont mes jambes. C'est une course qu'il faut préparer.
Mais sur votre condition, ne serait-il pas dommage d'y aller?
T.V. : Je suis surpris de ma bonne condition mais on est tard dans l'année. Il y a des coureurs comme Philippe Gilbert qui en font un objectif. Moi, j'ai 100 jours de course. Si on veut lutter à armes égales, il faut le planifier. La course peut correspondre à mon profil, mais vu comment les équipes sont organisées pour certains coureurs, comme Tyler Farrar, j'ai des doutes. Et si je décroche comme l'année dernière à vingt bornes de l'arrivée parce que j'ai un coup de moins bien, on va dire "Il a dit qu'il n'a pas été sérieux au mois d'août et il vient aux Championnat du monde". Il faut avoir les moyens de faire quelque chose là-bas.
Où en êtes-vous concernant votre avenir personnel dans la future équipe de Jean-René Bernaudeau ?
T.V. : Je n'ai eu que des garanties orales parce que Jean-René n'a pas encore signé mais ça devrait être annoncé très bientôt. J'ai confiance en lui. On est tard dans l'année, ça peut paraître inquiétant mais on devrait avoir plus d'info dans la semaine prochaine.
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