Bradley Wiggins connait ses classiques. Un Britannique au palmarès de Paris-Nice, on n'avait plus vu ça depuis 45 ans, lorsque le regretté Tom Simpson s'était imposé, quelques mois avant de disparaitre tragiquement sur le Tour de France. Parce qu'il mesure ce que représente Simpson chez lui autant que la place de la Course au Soleil dans l'histoire du cyclisme, Wiggo comprend qu'il n'a pas gagné une course comme les autres dimanche. "C'est énorme, énorme, a-t-il répété. Je pense au palmarès, à Simpson, qui était mon idole du vélo. Pour les fans de football, c'est comme Bobby Moore (NDRL: capitaine de l'équipe d'Angleterre lors de la Coupe du monde 1966). J'avais déjà le Dauphiné, là c'est Paris-Nice avec en plus le final au col d'Eze. Je me souviens de l'époque de Kelly, d'Indurain, ça ajoute encore au prestige."
Cette victoire, il la savoure d'autant plus qu'elle a tenu à une poignée de secondes. Assis sur un matelas pas franchement confortable de six secondes au départ de cet ultime chrono, Wiggins est resté jusqu'au bout sous la menace de Lieuwe Westra, l'invité surprise dans la cour des grands. "C’était très dur, admet-il. Nous n’avions que six secondes de différence, et je savais très bien que Westra est un bon grimpeur, il l’a prouvé sur l’étape de Mende. Il y avait bien des portions un peu plus planes sur le parcours, mais c’était quand même très difficile." Au final, il devance le Néerlandais de huit petites secondes. Huit secondes pour un grand bonheur et "un grand honneur", dixit le vainqueur.
"Je peux encore m'améliorer"
Paris - Nice
Wiggins en beauté
11/03/2012 À 13:53
Mais en filigrane, derrière son triomphe niçois, c'est évidemment le Tour de France qui se dessine. Au-delà de l'objectif en lui-même, gagner Paris-Nice, c'était un moyen d'adresser un message de crainte à tous ses adversaires, et un autre, d'espoir, pour lui et son équipe. "Pour mes équipiers, c'était bien de me voir prendre le maillot jaune et le défendre, poursuit le leader du Team Sky. C'est bon pour la confiance, ils sont à cent pour cent derrière moi. Quand on arrive en juillet, du coup, il n'y a pas de questions sur ce qu'on peut faire." Et Wiggins, lui, sait ce qu'il peut faire au mois de juillet. Surtout, il sait comment le faire.
Depuis des mois, il a établi un programme minutieux, supposé l'amener au départ du Tour de France dans les meilleures dispositions. "Nous avons un plan. Ce plan a démarré le 1er novembre, afin d'être au sommet en juillet. Paris-Nice faisait partie de ce plan." Gagner Paris-Nice début mars n'exclut pas d'être au top au mois de juillet selon lui. "Même si Paris-Nice était un objectif important pour moi, je suis peut-être à 95% de ma forme, je peux encore m'améliorer, assure-t-il. Je ne suis pas encore à mon poids de forme du Tour de France."

2012 Paris-Nice Bradley Wiggins

Crédit: AFP

Ce Tour, Wiggins en sera très probablement un des principaux favoris. Qui sait? C'est peut-être son année. Surtout avec ces 100 kilomètres de contre-la-montre. Sa grande spécialité. "Le parcours, cette année, est meilleur pour moi que ceux des deux années précédentes", concède-t-il. Alors, il y croit et il ne le cache pas. "J'ai déjà fait quatrième du Tour et troisième de la Vuelta, c'est sûr je suis avec les meilleurs. Je ne sais pas si je suis le favori, il reste encore quatre mois. Disons que je suis dans les cinq qui peuvent faire quelque chose au Tour." Il n'y avait pas vraiment de raisons d'en douter avant ce Paris-Nice. Mais la cote de Wiggins n'a sans doute jamais été aussi haute.
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