Maillot jaune solidement accroché sur les épaules, Primoz Roglic a encore volé sur cette 7e étape de Paris-Nice. Bien plus fort que ses adversaires au classement général, le Slovène de la Jumbo-Visma semblait toutefois parti pour laisser la victoire d’étape au Suisse de 24 ans Gino Mäder, rescapé de l’échappée matinale et toujours en tête à 50m de la ligne.
Mais le double tenant de la Vuelta aime trop gagner, aime trop lever les bras et il s’est finalement envolé pour aller décrocher son 3e succès de la semaine, après Chiroubles et Biot. Une victoire qui laisse forcément un goût amer à la Bahrain-Victorious, toute proche de décrocher son deuxième succès de la saison après celui de Phil Bauhaus sur la 4e étape du Tour de la Provence.

Et de trois pour l'ogre Roglic : le résumé de la 7e étape

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Repris dans les derniers hectomètres, Gino Mäder n'a lui pas trop eu le temps de se demander ce qu’il se passait. "J'ai vu un avion passer, avouait le Suisse après l’arrivée. Il est venu sur ma gauche ? Je ne me rappelle même pas... J'ai eu peur d'attraper un coup de froid, il est passé tellement vite !" Son geste lorsqu'il s'est rendu compte de la différence faite par Roglic avec le reste des favoris témoignait bien de sa frustration à cet instant-là.
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"Dans un premier temps, j'étais proche de pleurer, avouait-il. Quand je le vois revenir à 200m, je suis dégoûté et déçu. C'était ma victoire..." Son numéro dans l'ascension de la Colmiane, abordée avec à peine une minute d'avance, lui avait permis de conserver encore une vingtaine de secondes d'avance sous la flamme rouge sur un Roglic qui semblait en gestion. Il méritait sans doute d'être récompensé par sa première victoire chez les professionnels.

Il a gobé le pauvre Mäder juste avant la ligne : Roglic est vraiment impitoyable

On ne fait pas de cadeau à ce niveau
Mais le Slovène compte bien gagner dès qu’il le peut, et c’était encore le cas aujourd’hui. "Pourquoi n’essaierais-je pas de de gagner à chaque fois si je m’en sens capable ?, expliquait-il après l’arrivée. Aujourd'hui, à la fin de l’étape, il y avait une possibilité de s’imposer et je l’ai saisie. Ça ne s’est pas joué à grand-chose mais, heureusement, j’ai réussi à passer la ligne en premier".
Une question tout à fait légitime de se poser. Après tout, gagner est le but de tout sportif professionnel et il n’y a pas de raison qu’un cycliste voit les choses différemment. Reste que dans les années 1990-2000, la mentalité et les mœurs du peloton étaient tous autres. Il n'était alors pas rare de voir un maillot jaune, dominateur et serein, "offrir" la victoire à un coureur peu dangereux. Une manière en quelque sorte de forger de futures alliances pour des jours où celui-ci en aurait besoin. Lance Armstrong en était un des grands spécialistes notamment mais il n’était pas le seul (Contador par exemple le faisait aussi) et la norme s’était peu à peu imposé dans le peloton.

Gino Mäder (Bahrain-Victorious) y a cru mais Roglic l'a privé de la victoire

Crédit: Getty Images

Seulement, depuis quelques années, la mentalité a bien changé et les cadors comptent bien gagner chaque course. A l’image de Primoz Roglic, glouton avec les succès depuis deux ans (27 succès depuis janvier 2019 !). De quoi dégoûter les autres coureurs ? Pas le moins du monde, car eux aussi ont suivi cette évolution, à l’image d’ailleurs de Gino Mäder en personne.
"Bien sûr, j’aurais préféré qu'il me le laisse mais on ne fait pas de cadeau à ce niveau, expliquait-il, une fois la déception digérée. C’est une de ses qualités comme coureur. Il a toujours la motivation pour bien faire, il veut toujours s’imposer. La prochaine fois, je serai plus fort".
Comme Merckx ou Hinault à leur époque, Primoz Roglic ne laisse rien passer et veut gagner tout, tout le temps. S’il ne se fait sans doute pas d’ami dans le peloton, comme cela pouvait être le cas des leaders d’avant, le Slovène est tout autant respecté car son attitude réhausse encore le prestige d’une victoire qui serait forcément gagnée à la pédale. Et, dans son sillage, c’est tout le cyclisme qui retrouve son appétit d’antan.
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