Paris-Roubaix Tadej Pogacar a découvert l'Enfer : "J'étais mort à la fin"
Eurosport sur GoogleTadej Pogacar a terminé son premier Paris-Roubaix à la deuxième place, battu par celui qui compte désormais trois succès sur l'Enfer du Nord, Mathieu Van der Poel. Même sans la victoire au bout, sa découverte fut une vraie réussite, tant sur sa capacité à briller sur les secteurs pavés du nord de la France que dans le plaisir qu'il a pris à rouler sur ces chemins hostiles.
Van der Poel ne lui a rien cédé, Pogacar a fini par s'égarer : le résumé
Video credit: Eurosport
Pleure-t-on deux fois sur Paris-Roubaix ? Quand on arrive et quand on le quitte ? Tadej Pogacar a découvert ce dimanche les deux facettes de la Reine des classiques. L'extrême difficulté de cette course à nulle autre pareille et sa beauté, deux notions sur le papier éloignées mais en vérité enchevêtrées. Il voulait voir, il a vu et les autres avec. Le champion du monde reviendra, à coup sûr. Il a souffert mais il a aimé ça.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/04/13/image-0d43bc26-dbd3-4a8a-898a-82cb96e5af98-85-2560-1440.jpeg)
La chute de Pogacar... qui n'a jamais revu Van der Poel
Video credit: Eurosport
À la question, "peut-il remporter Paris-Roubaix ?", Pogacar a livré une réponse tonitruante et s'il était insolent, il pourrait même se permettre de demander à certains, comment ont-ils pu en douter ? Vainqueur du jour, Mathieu Van der Poel (Alpecin-Deceuninck) respecte trop son rival pour avoir souri en le voyant partir à la faute d'abord, puis devoir changer de vélo ensuite mais ce double événement lui a enlevé une sacrée épine du pied. Le Néerlandais en est convaincu, sans ces coups du sort, le duo aurait roulé ensemble jusqu'au Vélodrome. Comprenez qu'il pense qu'il n'aurait jamais lâché son rival, même sur son terrain favori.
Van der Poel : "Ce n'est pas normal du tout qu'il fasse une telle course"
"C'est le seul qui arrive à me lâcher ici, a même reconnu Van der Poel. Ce n'est pas une grande surprise de le voir devant et en même temps, ce n'est pas normal du tout qu'il fasse une telle course dès sa première participation. Ça montre quel talent exceptionnel il a." Ce dimanche, "Pogi" a montré une autre facette du coureur qu'il est. De puissance il ne manque donc pas, de courage non plus pour attaquer encore et encore des coureurs plus habitués que lui aux pavés. Est-ce la foule toujours plus bruyante qui l'a poussé ?
"L'ambiance était incroyable. Il y avait tellement de monde dans chaque secteur…", s'est-il enthousiasmé une semaine après avoir remporté le Tour des Flandres dans une ambiance là aussi magnifique. Au-delà de l'atmosphère, c'est à la dure que Pogacar a découvert Paris-Roubaix dans une édition menée sur un rythme fou, ce pourquoi il pourrait plaider coupable puisqu'il a déclenché les hostilités avant même la Tranchée d'Arenberg, bousculant les traditions du vénérable Enfer du Nord.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/04/13/image-b036f026-16dd-49cb-a602-670fb8048fa8-85-2560-1440.jpeg)
⚠️ Accrochez vos ceintures : Pogacar attaque, Van der Poel recolle avec un temps de retard
Video credit: Eurosport
"En termes de watts, en termes d'énergie dépensée, et avec tout le stress inhérent à cette épreuve, je peux dire que ce Paris-Roubaix a été l'une des courses les plus intenses de ma carrière", confiait-il en conférence de presse, confirmant ce qu'il avait dit à sa descente de vélo dans le Vélodrome. "C'est définitivement l'une des courses les plus dures que j'ai faites. C'est dommage de ne pas avoir eu de compteur sur les 35 derniers kilomètres (après sa chute, ndlr) parce que les chiffres auraient été incroyables. La puissance que je développais quand nous étions 5 (avec Philipsen, Pedersen et Bissegger) devant est l'une des plus folles de ma carrière. C'est une course très, très dure."
Le mariage Pogacar-Roubaix a fait naître des étincelles
Fidèle à sa réputation et sa tactique d'usure, le Slovène a attaqué sans relâche et fut un dynamiteur permanent pour réduire peu à peu le panel des vainqueurs potentiels, bien aidé en cela par son compère Mathieu Van der Poel avec qui il s'est finalement retrouvé seul pour un duel que chacun espérait homérique. Sa chute a franchement gâché la fin de course en tuant le suspense mais Pogacar n'est même pas sûr que sans elle, il aurait été capable de l'emporter ce dimanche. "A la fin j'étais mort, j'ai souffert sur les 20 derniers kilomètres", reconnaissait-il, beau joueur. Sans doute lui dira-t-on que Van der Poel a fait le même aveu, évoquant un vent de face terrible.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/04/13/image-e9aa81d3-868f-44ba-aa08-1ec729759fe0-85-2560-1440.jpeg)
Un spectateur lance un bidon dans le visage de Van der Poel
Video credit: Eurosport
Au fond, Pogacar n'a pas trouvé ce qu'il était venu chercher mais presque. Il ne manquera que la victoire pour rendre ce dimanche parfait. Il s'est fait mal, ce qu'il aime, il a fait mal aux autres, ce qu'il adore, et il s'est amusé, ce qu'il chérit par-dessus tout. "Est-ce que je reviendrai ? Probablement", a-t-il affirmé. Comment pourrait-il en être autrement maintenant que le terrain a confirmé ce qu'il imaginait, à savoir qu'il a effectivement les jambes pour remporter un jour Paris-Roubaix ?
"J'ai pris beaucoup d'expérience, assurait le champion du monde. Je verrai les choses différemment à l'avenir. C'est une course sur un parcours plat mais au niveau de l'intensité, elle est incomparable." Lui aussi l'est et le mariage entre les deux a fait naître des étincelles comme à chaque fois que Tadej Pogacar vient découvrir une course prestigieuse. Même le Tour de France qui se profile bien plus loin dans son programme n'a rien changé puisqu'il dit n'avoir jamais pensé aux risques de blessure. Ce dimanche, il n'avait d'yeux que pour Paris-Roubaix et ce qu'il y a vu lui a assez plu pour qu'il mette désormais tout en œuvre pour la gagner.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/02/image-762153d1-43fe-47bc-a55b-87dd5e59fbfc-68-310-310.jpeg)