Paris-Roubaix 2026 - Des crevaisons à foison : pour les favoris, l'Enfer du Nord a bien porté son nom
Publié 12/04/2026 à 18:27 GMT+2
Si les quatre principaux favoris ont malgré tout répondu présent, tous auront eu leur lot de galères ce dimanche sur un Paris-Roubaix qui a rarement aussi bien porté son surnom d'Enfer du Nord. Les crevaisons et les incidents mécaniques se sont multipliés comme rarement et les favoris n'y ont pas échappé. De quoi fortement influer sur la course.
Van Aert, un sprint de mammouth pour la gloire
Video credit: Eurosport
Aurait-on eu la même course sans toutes ces crevaisons ? Impossible à dire et c'est aussi le sel, après tout, de Paris-Roubaix, course imprévisible s'il en est et qui met tout le monde face à sa propre réussite. Ce dimanche, elle a fini par sourire à Wout Van Aert, vainqueur, enfin, de son premier Monument pavé, au terme d'une course où passer au travers des problèmes mécaniques était un vœu pieu.
Comme souvent avec lui, le Belge de la Visma-Lease a Bike n'a pas été épargné. Mais cette fois, ça ne l'a pas empêché de triompher. Il faut dire que ce n'est pas forcément lui qui en a le plus souffert parmi les cadors. Mads Pedersen a été le premier à crever à 157 km du but et le Danois de la Lidl-Trek aura mis du temps à revenir, bizarrement pas attendu par ses équipiers sur les premiers secteurs pavés. Mais c'est après que la course s'est follement emballée.
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Van Aert : "Cette victoire est pour Michael Goolaerts"
Video credit: Eurosport
149 km : Première crevaison pour Van Aert
Comme un symbole de sa carrière, Wout Van Aert aura été le premier des trois immenses favoris à connaître la crevaison, à 149 km de l'arrivée, dans le secteur de Quiévy à Saint-Python. Un moment parfaitement géré par le Belge, alors que la formation UAE Emirates-XRG avait d'ores et déjà lancé son travail de sape, puisqu'il a pu s'appuyer sur Owain Doull pour rapidement reprendre sa place dans le peloton.
120 km : Pogacar crève, sans être attendu
Alors que son équipe impose un tempo infernal, le champion du monde s'arrête soudainement sur la droite de la route, victime d'une crevaison. Mais la course était lancée et des coureurs distancés, sa voiture n'est pas présente juste derrière le peloton. Pourtant, le Slovène s'arrête… avant de comprendre son erreur et repart sur un vélo de l'assistance neutre. Le débours est alors limité (25"). Surtout, le Slovène est toujours seul, aucun coureur d'UAE Emirates-XRG ne l'attendait, à la surprise générale.
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Problème mécanique pour Pogacar, qui repart avec un vélo de l'assistance neutre
Video credit: Eurosport
115 km : Pogacar reprend son vélo et UAE l'attend enfin
Après plusieurs hésitations et frayeurs sur le vélo d'assistance neutre, pas vraiment adapté, Pogacar s'arrête de nouveau 5 km plus loin pour retrouver son propre vélo. Cette fois, l'écart est d'une minute avec le premier groupe et le danger réel. Il faudra pourtant attendre encore un kilomètre pour voir Antonio Morgado aider son leader, avant que Mikkel Bjerg et Nils Politt ne se relèvent. Malgré tout, le champion du monde peine à rentrer et compte encore 25'' de retard à l'entrée sur le secteur d'Haveluy, à 105 km de l'arrivée, où Mathieu Van der Poel durcit lui-même l'allure, comme pour gêner son retour. En vain, même s'il lui faudra encore 7 km pour opérer la jonction, après 23 km d'effort, dont une bonne partie en solitaire.
92 km : La Trouée, doublement fatale à Van der Poel
Il n'avait connu qu'une crevaison sur Paris-Roubaix jusqu'ici, il en aura connu deux en 500 m. Cette 123e édition de Paris-Roubaix aura véritablement basculé dans la Trouée d'Arenberg, lorsque Mathieu Van der Poel a été victime d'une crevaison à mi-secteur. Le Néerlandais ne s'affole pas et voit son coéquipier Jasper Philipsen s'arrêter pour lui donner son vélo. Tout va bien donc.
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Catastrophe pour Van der Poel qui perd 2 minutes dans la Trouée d'Arenberg
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Sauf que le triple tenant du titre ne peut pas clipser ses pédales sur celles du Belge et est donc contraint de descendre de vélo et de retourner vers le sien…que Tibor Del Grosso est en train de dépanner lui-même ! Une image complètement folle qui aurait pu permettre à Van der Poel de jouer la gagne, puisqu'il repart alors à 1'25'' de la tête de course. Mais, à peine reparti, le Néerlandais crève une deuxième fois. Cette fois, "VDP" repart à 2' de la tête de course. Un écart qui sera rédhibitoire, malgré une folle remontée, rarement solitaire mais toujours plus dépensière, vers la 4e place.
72 km : Pogacar crève une nouvelle fois
Présent dans le groupe de tête qui ne comptait alors plus que six coureurs (avec Stuyven, Laporte, Van Aert, Pedersen et Bissegger), le champion du monde est victime d'une deuxième crevaison, juste avant le secteur 15 de Tilloy à Sars-et-Rosières. A ce stade de la course, le Slovène est seul et avec deux Visma-Lease a Bike en tête, la situation s'annonce compliquée. Mais il bouchera facilement les 25'' de retard, bien aidé par le scénario.
71 km : Van Aert aurait pu tout perdre
Déjà victime d'une crevaison en début de course, le Belge de la Visma-Lease a Bike est de nouveau obligé d'être dépanné dans le secteur 15 de Tilloy à Sars-et-Rosières. Etonnamment, son équipe ne demande pas à Christophe Laporte de l'attendre et on se retrouve donc avec Wout Van Aert en chasse du groupe de tête, où Tadej Pogacar a repris sa place, avec 25'' de retard, seulement accompagné par les deux Red Bull-Bora Hansgrohe, Jordi Meeus et Laurence Pithie.
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"Aujourd'hui, le perdant magnifique, c'est Pogacar"
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Contrairement au champion du monde, Van Aert tarde à recoller à l'avant, perdant même du temps au départ sur la tête de course. On se demande alors si le Belge n'est pas en train de tout perdre mais l'absence d'équipiers en tête de course oblige les favoris à temporiser et Van Aert parvient à recoller après 11 km de chasse. Elle n'aura pas été aussi folle ou spectaculaire que celle de Mathieu Van der Poel, ni aussi longue que celle de Tadej Pogacar, mais c'est bien là que Wout Van Aert a gagné cette 123e édition.
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