Paris - Roubaix 2026 | Deuxième derrière Wout van Aert, Tadej Pogacar subit un premier revers cette saison qui expose d’autres failles

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Le premier revers de Tadej Pogacar en 2026 est arrivé à Paris – Roubaix, par ailleurs toujours le seul Monument à lui résister. Battu au sprint par Wout van Aert, le Slovène a affiché une forme impressionnante mais pas suffisante pour plier la concurrence, comme beaucoup l’attendaient. Finalement, à l’aune de son début de saison, la marge de "Pogi" n’est pas aussi flagrante.

"Aujourd'hui, le perdant magnifique, c'est Pogacar"

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Invincible, Tadej Pogacar ne l’est plus. Le Cannibale a encore un os à ronger du côté du Nord de la France. L’Enfer ne s’apprivoise pas. Il faut jouer avec ses règles et attendre son heure, si tant est qu’elle viendra un jour. Le prodige de Klanec laissait poindre depuis son entrée vrombissante aux Strade Bianche une forme resplendissante, voire écœurante pour ses adversaires et le suspense. En se replongeant dans les deux premiers actes, on peut y lire les limites aperçues dimanche jusqu’au sprint perdu face à Wout van Aert (Visma | Lease a bike) sur le vélodrome de Roubaix.
Le double champion du monde le reconnaît volontiers, il lui a manqué des jambes pour décramponner le Belge et éviter un sprint où il avait "99% de chances de perdre". D’aucuns évoqueront les murmures susurrés par Antonio Morgado autour du bus UAE-XRG, évoquant une possible crevaison lente dans le final. Une de plus dans le tableau kafkaïen de son leader. Baladé de crevaison en changement de vélo infructueux, "Pogi" a laissé dans la bataille très tôt des forces vives, avant même le coup d’envoi des choses sérieuses, dans la Trouée d’Arenberg.

Paris-Roubaix, un enfer à résoudre

Il en restait encore pour s’isoler avec le futur vainqueur et le pousser à la limite, de l’aveu même de Van Aert. Trop peu pour s’imposer et prolonger un joug qui n’aurait pas eu de précédent, même chez les traits autocratiques d’Eddy Merckx. L’équation reste donc insoluble. Dès lors que les aspérités manquent au programme, Pogacar ne peut se dépêtrer des autres cadors. Et encore, Van der Poel (Alpecin-Premier Tech) a été éjecté du jeu sur un dépannage interminable, au pire endroit possible.
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Au sprint, Pogacar n'y croyait pas : "C'était impossible à 99%"

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Ne croyez pas que le glouton slovène n’a pas tout essayé, tout mis en place - des kilos en plus, des repérages en pagaille - depuis le début de l’hiver pour effacer les frustrations de l’an dernier. La cible, le bourreau, la némésis se nommait davantage Van der Poel que Milan-Sanremo ou Paris-Roubaix. Le "Flying Dutchman" contenait tous les doutes, toutes les limites au projet fou de compléter la collection. Le succès sur la Primavera a donné un surplus de confiance et de motivation, mais l’envers du décor brosse un narratif plus nuancé, moins féérique.

Libération en trompe-l'œil, domination lézardée

Si chute il y a eu pour les deux grandissimes favoris, celle provoquant la blessure à la main chez le Néerlandais semblait d’une tout autre gravité. Pogacar intimide, liquide les forces de ses adversaires avant même de dégainer. Il peut remercier son pedigree. Sauf qu’une tête brûlée, Thomas Pidcock (Pinarello Q36.5), a bien failli tordre le récit attendu – et redouté – par beaucoup. Sur un fil dans le Poggio, l’Anglais a payé un emballage hésitant avant de mourir sur la ligne à quelques centimètres de la gagne.
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Un sprint immense pour une Primavera : Pogacar résiste au retour de Pidcock sur la via Roma

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1/5. Vient le Ronde, l’un des jardins de "Pogi". Sur les pavés cabrés, devant les Lions agités, Pogacar dicte sa loi. Le Vieux Quaremont est à la fois son boulevard et le tombeau de ses adversaires. Sur la ligne, le résultat ne surprend personne. Le Slovène enquille un troisième succès mais souffre comme rarement, dents dehors et front boudiné. Van der Poel, même convalescent, l’a poussé dans ses retranchements.

Le faciès trahit, pas les jambes

Autant de signes qui n’augurent pas d’une fin de règne – Pogacar vient d’enchaîner un 10e podium sur les Monuments, du jamais vu -, n’employons pas les grands mots. Seulement, une nuance mérite d’être apportée aux discours péremptoires sur l’issue des courses, le manque de suspense, ou la marge supposée de Pogacar. La sueur souvent absente de ses traits détendus, même sous un effort violent, trahit son lot de badauds.
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"Chez UAE, on a peur de Seixas en vue de Liège"

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Les marques de faiblesse tendent à manquer. Mais elles sont là. Quelle meilleure preuve que ce Paris – Roubaix pour s’en convaincre. "Je peux vous assurer que chez UAE, on a peur de Paul Seixas en vue de Liège-Bastogne-Liège", n’en démord pas notre consultant Jacky Durand. Au Français - et aux autres - d’y croire, un peu plus.
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