Paris-Roubaix 2026 | Mathieu Van der Poel et les autres : mais pourquoi aiment-ils autant Tadej Pogacar ?
Eurosport sur GoogleDe Milan-Sanremo au Tour des Flandres, Tadej Pogacar n'a jamais été embêté par ses adversaires. A terre sur la première, il n'avait pas eu à regretter l'attitude d'un peloton qui aurait lancé la course sans lui. Le plus fort sur la seconde, il a même vu son principal rival, Mathieu Van der Poel, collaborer avec lui avant de rire quelques dizaines de minutes après sa défaite.
Pogacar - Van der Poel, duel inévitable… ou pas : "Ça va surtout dépendre de la météo"
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Les gants sponsorisés de Remco Evenepoel, le selfie de Mathieu Van der Poel… On a beaucoup rigolé avant de monter sur le podium du Tour des Flandres entre deux des battus du jour et le vainqueur, Tadej Pogacar. Plus que le respect dont font preuve quasiment tout le temps ces grands champions entre eux, cette scène-là trahissait un peu plus. Le bonheur d'être ensemble, de l'amitié peut-être aussi. Pourtant, pour la énième fois, le Slovène venait de taper sur la tête de ceux qui auraient beaucoup de raisons de le détester pour ça.
De 2020 à 2023, la domination de Tadej Pogacar s'exerçait surtout sur les courses par étapes, où sa fraîcheur et son panache tranchaient avec le côté froid et calculateur de Jonas Vingegaard. Il était bien venu chercher des noises aux Flandriens sur le Ronde, leur damnant le pion même dès sa deuxième participation mais lui et d'autres dépoussiéraient ces courses. Bref, "Pogi" était le meilleur coureur du monde mais on regardait encore avec les yeux de l'amour ce champion dont on disait qu'il ne savait pas vraiment s'entraîner. "On", c'était le public et les médias.
Ses adversaires le regardent toujours avec les yeux de l'amour, c'est leur droit
Depuis le début de la saison 2024, le Slovène a gagné 48 fois, soit presque autant que le si polyvalent Wout van Aert sur l'ensemble de sa carrière (51) et triomphé, tenez-vous bien, de deux Tour de France, d'un Giro, de deux championnats du monde et de sept Monuments, tout proche des huit au total de Van der Poel. Bref, il ne laisse que des miettes, lasse le public et une partie de la presse qui brandit les accusations de dopage à chaque performance inexpliquée mais pas encore ses adversaires qui le regardent toujours avec les yeux de l'amour.
C'est leur droit, d'autant qu'ils se ressemblent, vivent une vie qui ne saurait être plus éloignée de celle du commun des mortels, qu'on ne connaît pas vraiment ni l'homme qu'est Pogacar avec eux, ni la nature de leurs échanges. Mais tout ceci ne manquerait-il pas un peu de sel ? Il y a quelques années, très à l'étroit sur le canapé qui les réunissait avant de monter sur le podium de Milan-Sanremo, Ganna , Van Aert, Van der Poel ressentaient une gêne immense à être si proche sans trouver la moindre chose à se dire. Rien de plus logique à ça, l'un avait gagné, faisant échouer les autres.
Entrer dans le jeu psychologique avec Pogacar
N'est-ce pas un peu cocasse que le Néerlandais prenne un malin plaisir à maintenir une rivalité avec un coureur qu'il domine facilement et régulièrement (Van Aert) tout en rigolant avec celui qui le matraque, y compris sur son terrain (Pogacar) ? L'attitude de "VDP", volontiers collaborateur avec Pogacar, sur le Tour des Flandres en a étonné plus d'un. Lui, comme d'autres, roulent avec le leader des UAE. Jamais, Van der Poel ne tente de jouer au plus malin. Entrer dans un match psychologique, est-ce une mauvaise idée quand on est quasiment assuré de perdre le duel physique ? Cette attitude ferait-elle de Van der Poel un moins grand champion ? A ses yeux, et à ceux de son père, Adrie, sans doute.
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Sénéchal a pris Pogacar pour un motard : "Il est passé à une vitesse... je n'avais jamais vu ça"
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Ne pas rouler, ce serait peut-être plier le genou, avouer la domination de Pogacar. Et alors ? L'histoire du cyclisme regorge de rivalité malsaine ou non, de courses aux scénarios différents. Le nouveau parcours du Tour des Flandres donne toujours l'avantage au plus fort, jamais aux audacieux, aux inventifs, encore moins quand ils font le jeu du patron. Qu'ont dit les coureurs de Milan-Sanremo de la chute de Pogacar il y a trois semaines ? Qu'ils étaient perdus, qu'ils n'ont pas su comment réagir, ne profitant absolument pas d'une situation de course dont personne n'était responsable. "Pogi" n'a même pas eu besoin de s'employer avant d'aller gagner.
Pour espérer battre un jour Pogacar, dès dimanche à Roubaix ou ailleurs, ne faudrait-il pas commencer par… le détester un peu plus ? Coureur propre, dans le peloton, le Slovène cultive l'image du bon camarade, ce qu'il est probablement. Lui-même joue-t-il d'ailleurs le jeu que les autres rejettent ? Dans cette affaire, il y a plus de questions que de réponses. Pourquoi l'aiment-ils autant, lui leur bourreau ? Eux seuls ont la réponse.
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