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Leblanc: "J'en suis fier"
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Publié 07/04/2005 à 22:03 GMT+2
Le pavé, symbole de Paris-Roubaix, est devenu à la mode à la grande fierté de Jean-Marie Leblanc, directeur de l'épreuve. Heureux que le Nord se réapproprie la "reine des classiques", le patron du Tour nous refait l'historique du pavé et de Paris-Roubaix. Explications.
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Le pavé, symbole de Paris-Roubaix, est devenu à la mode à la grande fierté de Jean-Marie Leblanc, directeur de l'épreuve, heureux que le Nord se réapproprie la "reine des classiques".
Leblanc l'amoureux des pavés
Le directeur du Tour de France aime Paris-Roubaix qu'il a couru à cinq reprises. "Régional" de la course qui passe à une douzaine de kilomètres de son village de Fontaine-au-Bois, il reconnaît éprouver un grand soulagement à voir le changement de mentalités opéré ces dernières années, après tant d'alarmes et de craintes.
"Jusque dans les années 1980 encore, la notion d'Enfer du Nord énervait prodigieusement les élus. Chaque année, on évoquait le Nord au travers des noirs pavés de Paris-Roubaix. Ils nous imploraient de trouver autre chose, de ne pas parler d'Enfer du Nord", se souvient Jean-Marie Leblanc.
"Tous ceux qui aimaient Paris-Roubaix étaient inquiets. Ils voyaient d'année en année se rétrécir le maillage des pavés gagnés par la modernité, le goudron, les rocades, le TGV. Il y a eu un début de réaction qui s'est traduit par un livre que j'ai écrit en 1981, la création d'une association des Amis de Paris-Roubaix auxquels se sont joints assez rapidement la ville de Roubaix et l'organisateur de l'épreuve", rappelle le directeur du Tour.
Le combat de Leblanc
Pour engager la reconquête, Jean-Marie Leblanc et ses amis élargissent leur combat: "Au début des années 1990, il y a eu une action auprès de Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, visant à obtenir le classement des pavés. Nous avons dit très vite: Ne nous battons pas seulement pour Paris-Roubaix, battons nous pour cette trace de civilisation que constituent les pavés, cette marque de patrimoine, faisons valoir la défense de l'environnement pour que les pavés s'inscrivent dans des circuits de randonnée, etc. Puis, Ségolène Royal a changé de ministère et il ne s'est rien passé. Mais le vent a commencé à tourner à ce moment-là."
Le coup de pouce de l'Histoire
L'Histoire y va aussi de son coup de pouce. En 1996, Paris-Roubaix fête son centenaire. Les élus, jusque-là réticents dans leur majorité, se convainquent que la course, dont les images font chaque année le tour du monde, apporte un coup de projecteur inestimable sur la région, qu'elle donne l'occasion d'une immense fête avec, pour dernière opération, la mise en place des Géants du Nord sur le parcours de l'année passée.
"Tout d'un coup, une région se réveille et se dit: ce n'est pas de la honte que nous devons manifester mais de l'orgueil, de la fierté. Les mentalités ont changé. L'adhésion des proviseurs de lycées horticoles qui font faire des stages à leurs gamins pour reconstruire et réparer les pavés en est l'une des dernières illustrations", se félicite Jean-Marie Leblanc.
"Au fond, le mouvement associatif est allé plus vite que le politique dont le processus est toujours plus lent, plus compliqué", analyse le directeur du Tour. "C'est un modèle de fonctionnement de la société qui correspond à ce que j'aime. Les énergies associatives se mettent en marche avec rapidité, enthousiasme et efficacité, elles font accélérer les décisions".
Le Paris-Roubaix en danger ?
L'avenir ? "Je ne crois pas qu'il y ait danger", répond Jean-Marie Leblanc. "Cette année, la suppression momentanée d'Arenberg nous a obligé à reconsidérer le parcours. Il nous a fallu tournicoter beaucoup dans le secteur du Valenciennois. Jean-François Pescheux (directeur sportif de l'épreuve) a eu beaucoup de mérite. Je suis allé voir les nouveaux secteurs. Il y a quelques morceaux très satisfaisants. Résultat des courses: 54 kilomètres de pavés. Plus que ces dernières années".
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