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Van Summeren, comme un grand !

Van Summeren, comme un grand !
Par Eurosport

Le 10/04/2011 à 10:19Mis à jour Le 10/04/2011 à 18:32

Paris-Roubaix a tourné au jeu de dupes entre les favoris. Du coup, c'est un second rôle qui se retrouve en pleine lumière. Le géant (1.97m) belge Johan Van Summeren (Garmin) s'est imposé en solitaire pour décrocher la plus grande victoire de sa carrière. Cancellara se contente de la deuxième place.

Fabian Cancellara l'avait dit. Il craignait une course tactique à l'excès, où la stratégie et le bluff prendraient le dessus sur la force brute. Le scenario redouté par le tenant du titre s'est produit dimanche. Jamais les favoris n'ont pu, ou su, revenir sur l'échappée principale du jour. Du coup, le dernier rescapé de celle-ci, Johan Van Summeren est allé au bout de son rêve. Le Belge, équipier modèle, si souvent dévoué aux autres depuis ses débuts chez les pros voilà huit ans, a recueilli les fruits de sa propre course et du marquage entre les ténors. Tant mieux pour lui, même si cette 109e édition, elle, laisse un goût d'inachevé.

A 30 ans Van Summeren connait donc son jour de gloire. Jusqu'ici, son immense carcasse (197 centimètres) s'était surtout mise au service de ses leaders. Son palmarès, à l'exception d'une étape du Tour de Pologne en 2007, n'était pas bien épais jusqu'à aujourd'hui. Certes, il avait déjà montré son aptitude sur les pavés, à l'image de sa 5e place à Roubaix il y a deux ans. Mais de là à l'imaginer en vainqueur... Mais voilà, il a su prendre le bon wagon. Présent dans un groupe de contre-attaque derrière l'échappée principale en compagnie de quelques sérieux outsiders comme Frédéric Guesdon, Jurgen Roelandts ou Manuel Quinziato, Van Summeren a opéré la jonction avec la tête de course à 65 kilomètres de l'arrivée. Ils étaient alors une bonne vingtaine devant. On ne le savait pas encore, mais ce Paris-Roubaix était d'ores et déjà plié.

Quick Step, quelle poisse !

Il était déjà fini depuis plusieurs minutes pour l'équipe Quick Step, dont les deux leaders, Tom Boonen et Sylvain Chavanel, ont connu une véritable série noire: deux chutes et deux crevaisons. Distancé dès la Trouée d'Arenberg sur incident mécanique, Boonen s'est ensuite retrouvé au sol peu après. Même destin pour Chavanel. Ce n'était vraiment pas le jour des hommes de Patrick Lefévère. Un boulevard semblait alors s'ouvrir pour Fabian Cancellara. En réalité, c'est une impasse qui attendait le Bernois. Dans Mons-en-Pévèle, là où il avait fait la différence l'an dernier, le tenant du titre a dynamité la course. Seul Thor Hushovd, très à l'aise, et à un degré moindre Juan Antonio Flecha et Alessandro Ballan, semblaient alors en mesure de suivre ce tempo infernal. Ces hommes forts allaient revenir tout près des hommes de tête, à 25 secondes. Puis à 30 kilomètres de l'arrivée, Cancellara a craqué. Lassé de tout faire tout seul, il s'est relevé, laissant ses adversaires face à leurs responsabilités. A ce jeu-là, tout le monde a perdu finalement, sauf Thor Hushovd, qui a vu un de ses équipiers tirer les marrons du feu pour s'imposer.

Quand Cancellara a décidé de dire stop, la victoire ne pouvait plus échapper à l'un des hommes de tête. Le plus fort d'entre eux était bien Johan Van Summeren. Dans Camphin, il est d'abord parti avec Bak, Tjallingii et Rast. Puis, dans le Carrefour de l'Arbre, quatrième et dernier secteur pavés classé en 5 étoiles, le géant de la Garmin s'est envolé pour de bon, à la pédale. Au bout d'un effort solitaire de 15 kilomètres, un immense bonheur l'attendait. Costaud, et malin Van Summeren. "Je n'ai pas tout le temps roulé à bloc, je suis resté dans la roue, a-t-il raconté. Quand Bak a attaqué, j'ai suivi. Puis, j'ai foncé, j'ai tout donné sur le Carrefour de l'Arbre". Comme pour signifier qu'il était le plus fort, Fabian Cancellara a mis un point d'honneur à aller chercher la deuxième place, juste devant Tjallingii. Deuxième à Sanremo, troisième sur le Tour des Flandres, et encore deuxième à Roubaix. Cancellara a tourné autour de la victoire sans jamais l'étreindre en ce printemps 2010. La Belgique, elle, a le sourire. Une semaine après Nick Nuyens sur le Ronde, elle triomphe encore. Pas avec ses stars les plus attendues, ce qui témoigne encore davantage de sa richesse sur ce type de courses.

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