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"J'ai senti que j'étais le plus fort"

"J'ai senti que j'étais le plus fort"
Par Eurosport

Le 10/04/2011 à 19:26Mis à jour Le 11/04/2011 à 12:04

Epuisé mais heureux, Johan Van Summeren ne feint pas son bonheur. A 30 ans, le Belge de l'équipe Garmin-Cervelo sort enfin de l'ombre pour inscrire à un palmarès maigrichon une des plus grandes courses du monde. Ce Paris-Roubaix 2011, c'est son jour de gloire. Pour l'éternité.

Comment avez-vous procédé tactiquement pour signer cette victoire?

J.V.S. : Il y a eu cette attaque à la sortie de la forêt d'Arenberg. Je me suis retrouvé devant sans faire trop d'efforts. C'est ce que j'avais surtout en tête, je pensais à ne pas dépenser trop d'énergie. Dans le groupe, c'était aux équipes qui avaient trois coureurs de rouler. Puis, il y a eu des lâchés et Bak a attaqué. J'ai suivi. Bak a attaqué, j'ai suivi. Dans l'oreillette, Jonathan (Vaughters, manager de l'équipe Garmin) n'arrêtait pas de me dire "attends le Carrefour de l'Arbre, attends". A la sortie, je ne voyais pas Tjallingii, j'étais à fond.

Vous n'aviez pas couru le Tour des Flandres le dimanche précédent...

J.V.S. : C'était une bonne décision même si, sur le coup, ça m'a fait mal. Je suis content finalement de n'avoir pas couru les Flandres. Après les reconnaissances de Paris-Roubaix, je n'étais pas vraiment inquiet. L'équipe avait confiance en moi. J'ai dit à Jonathan: "si j'ai mal au genou, je te le dirai".

Quelle était la tactique de l'équipe ? Avez-vous pensé à la victoire quand vous étiez dans l'échappée ?

J.V.S. : Le leader était Thor Hushovd. Je devais l'aider jusqu'au bout. Mais, quand je me suis retrouvé dans l'échappée, j'ai senti que j'étais le plus fort.

Que vous a dit Hushovd après l'arrivée ?

J.V.S. : On n'a pas eu le temps de beaucoup parler. Il était très heureux de ma victoire, ça m'a fait plaisir. Il y a des courses où je ferai tout pour lui.

Avez-vous eu peur dans le final ?

J.V.S. : J'ai eu une crevaison à 5 kilomètres de l'arrivée. Je savais bien que je ne pouvais plus changer de roue. J'ai roulé avec. Sur la piste, ce n'était pas facile de prendre les virages mais je l'ai fait. Parfois je m'entraîne comme ça... parce que j'ai oublié un pneu.

Que représente Paris-Roubaix pour vous ?

J.V.S. : C'est la course qui est la meilleure pour moi. Je ne suis pas un coureur explosif, je ne suis ni un grimpeur ni un sprinteur. Mais ici, il faut rouler, mettre de la puissance sur les pédales et ça, ça me plaît.

Comment avez-vous réagi aux critiques sur l'équipe Garmin après ses échecs dans les premières classiques ?

J.V.S. : Je n'ai jamais entendu de critiques sur l'équipe ou sur Jonathan. Bien sûr, quand on voit les noms de notre équipe, on s'attend à nous voir devant toute l'année. C'est ce qui s'est passé au Tour du Qatar. Après, on a manqué de chance.

Comment expliquez-vous l'échec des favoris dans les classiques ?

J.V.S. : Je pense qu'ils se regardent beaucoup. Quand on est favori, c'est difficile de partir.

Que va changer cette victoire dans votre carrière ?

J.V.S. : Nuyens (vainqueur du Tour des Flandres) l'a dit la semaine dernière. Toute ma vie, je serai celui qui a gagné Paris-Roubaix. Cela ne changera pas la suite de ma carrière, je sais ce que je peux gagner ou pas. Il y a des courses où je travaille pour l'équipe, le Tour, quelques classiques. Il y en a d'autres qui peuvent être bien pour moi. Quand je reçois de l'aide d'un équipier, j'en suis très heureux.

Qu'avez-vous dit à votre amie avant de monter sur le podium ?

J.V.S. : Je lui ai fait ma demande en mariage. Je lui offrirai un pavé plutôt qu'une alliance !

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