Un sommet en questions

Quatre questions pour cerner les données majeures de ce 109e Paris-Roubaix. Si Fabian Cancellara et Tom Boonen apparaissent comme les personnages incontournables de cette édition 2011, quel rôle pour ceux qui, brillants ou décevants sur le Tour des Flandres, peuvent eux aussi peser sur les débats?

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Crédit: Eurosport

. QUI EST LE VRAI FAVORI?
Il y a une semaine, avant le Tour des Flandres, la donne était simple. Limpide, même. Sur la ligne de départ, il y avait Fabian Cancellara et les autres. Jamais le Suisse n'avait à ce point fait figure d'épouvantail avant une grande classique. Mais son échec sur le Ronde redistribue les cartes avant Paris-Roubaix. Cancellara a affiché une fragilité inattendue. Il reste évidemment l'homme à battre. D'abord parce qu'il a fait forte impression dimanche avant de coincer brutalement au pied du Mur de Grammont. Ensuite parce qu'il est tenant du titre et que, sur ce terrain, intrinsèquement, il est le plus fort. Mais on peut mettre Tom Boonen pratiquement sur la même ligne que lui cette fois, ce qui n'était pas le cas avant le Ronde. A eux deux, Cancellara et Boonen ont remporté cinq des six dernières éditions de Paris-Roubaix. Il y a eux et les autres. Nick Nuyens, vainqueur du Tour des Flandres, n'est pas là, pas plus que Philippe Gilbert et Sylvain Chavanel ne possède pas suffisamment de repères (voir ci-dessous). Le Suisse et le Belge sont donc les deux hommes à battre, avec sur le papier un très léger avantage au premier.
. CANCELLARA PARLE-T-IL TROP?
Dans les grandes classiques, derrière le vainqueur, tous les autres font partie des battus. Même quand ils finissent sur le podium. Mais parmi les perdants, Fabian Cancellara tenait une place de choix sur le Tour des Flandres. Archi-favori du Ronde, le Suisse a finalement échoué à la troisième place. Depuis, il s'est largement répandu sur l'attitude de ses adversaires, à qui il reproche d'avoir été petits, du vainqueur Nick Nuyens aux équipes Quick Step en passant par les BMC. Tous coupables, selon lui, d'avoir couru avec l'idée en tête de le faire perdre. Pas sûr que la star de l'équipe Leopard Trek fasse preuve d'habileté en agissant de la sorte. Il y a comme une contradiction entre le fait de se plaindre d'être l'unique centre d'attention de tout le monde et celui de s'en prendre à presque tous ses adversaires dans le même temps. Cancellara est l'homme à battre. C'est le prix de sa gloire et de sa suprématie depuis le printemps 201. Il ferait mieux d'apprendre à vivre avec car, tant qu'il sera aussi fort, ce sera le cas, qu'il le veuille ou non. Eddy Merckx a connu ça pendant dix ans et pas deux semaines dans l'année comme Cancellara mais 30 jours par mois !
. CHAVANEL PEUT-IL JOUER LA VICTOIRE A ROUBAIX?
Pour certains, Sylvain Chavanel était le plus fort dimanche dernier dans les Flandres. Sa deuxième place, juste derrière Nick Nuyens, peut lui laisser beaucoup de regrets. Peut-il jouer à nouveau un rôle majeur dimanche à Roubaix et, pourquoi pas, briguer la victoire? Initialement, Chavanel ne devait pas prendre part à la classique française. Mais l'infirmerie bien remplie chez Quick Step, conjuguée à sa propre performance sur le Ronde, a changé la donne. Christian Prudhomme, le patron d'ASO, se dit convaincu que le Poitevin a les moyens d'être un acteur majeur de la course dimanche. Sur sa forme du moment, sur sa motivation, difficile de prétendre le contraire. Mais Paris-Roubaix lui convient moins bien que le Tour des Flandres. Il a également moins de vécu dans le nord de la France. Toutefois, il y a deux ans, il avait pris une belle huitième place qui lui avait donné des idées pour l'avenir. L'avenir, c'est dimanche. S'il a moins de poisse sur les pavés l'an dernier pendant l'étape du Tour (après deux crevaisons, il avait dû céder son maillot jaune), Chavanel devrait être à la hauteur. Mais de là à le voir en possible vainqueur, il y a tout de même plus qu'un pas.
. VA-T-ON ASSISTER AU REVEIL DES GARMIN?
La fusion des équipes Garmin et Cervelo à la fin de la saison dernière a donné naissance sur le papier à une impressionnante armada particulièrement armée pour les classiques. Avec Thor Hushovd, Heinrich Haussler et Tyler Farrar, l'équipe américaine disposait d'un sacré trio, notamment pour les trois premières grandes courses d'un jour de la saison, Milan-Sanremo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Les deux premières ont tourné au fiasco. Sur le Ronde, personne n'a pu accrocher le wagon des ténors. Farrar a certes réglé le sprint du premier peloton, mais seulement pour la 13e place. Hushovd et Haussler ont sombré. Ces deux-là seront donc en appel à Roubaix pour sauver la mise d'un printemps pour l'instant bien décevant, sur une course qui sied à leur profil. Mais leur condition reste sujette à caution et il est impossible de gagner à Roubaix sans une forme optimale. Bref, l'optimiste n'est pas de rigueur. Mais Hushovd se connait mieux que personne. L'an dernier, il avait terminé deuxième au Vélodrome derrière l'intouchable Cancellara, une semaine après... une 57e place dans le Tour des Flandres. Comme quoi...
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