Le dernier coup de Guesdon

Le dernier coup de Guesdon
Par Eurosport

Le 05/04/2012 à 08:33Mis à jour Le 05/04/2012 à 11:08

Frédéric Guesdon (FDJ) disputera dimanche sa dernière course : Paris-Roubaix. Il ne pouvait pas en être autrement. Car le Breton reste à ce jour le dernier Français à avoir remporté la reine des classiques, en 1997. Forcément, "il y aura beaucoup d'émotion", nous a-t-il confié.

Il fait le lien entre Gianni Bugno et Fabien Cancellarra, Franco Ballerini et Tom Boonen. Ce dimanche, Frédéric Guesdon, 40 ans, tirera un trait définitif sur 18 années professionnelles, de 1994 à 2012. 18 saisons vécues au rythme des classiques. Ces courses si particulières et tant redoutées qui l'ont installé dans l'histoire du cyclisme français. Car Frédéric Guesdon reste aujourd'hui le dernier vainqueur tricolore de Paris-Roubaix. C'était en 1997. Son début de carrière et déjà son paroxysme. Son histoire chez les professionnels ne pouvait donc pas se terminer ailleurs que sur le vélodrome de Roubaix. Un clap de fin comme un symbole : "Il y aura beaucoup d'émotion", admet-il, pudique, du bout des lèvres.

Pourtant cette happy end a bien failli lui échapper en début d'année après une lourde chute sur le Tour Down Down Under et une sale fracture à la hanche.  Mais le Breton, qui avait bénéficié d’un ultime contrat de 4 mois proposé par Marc Madiot, est plutôt têtu et il avait choisi sa fin alors : "C'est un gros soulagement. C'était mon objectif de la saison, ce qui m'a motivé pendant la rééducation. J'ai réussi mon dernier défi", se félicite-t-il aujourd'hui. Pas question de viser la gagne ce dimanche. Lui espère "entrer dans le vélodrome pas trop loin des premiers" et surtout "essayer de me faire plaisir une dernière fois, sans trop galérer."

"Arrêter sur Paris-Roubaix, ça me rend fier"

Dimanche, il s'alignera pour la 17e fois sur sa course, "la plus belle de toute". Il se souvient de sa toute première fois : "J'avais crevé dans la trouée d'Arenberg, j'étais en queue de peloton avec des gars stressés tout comme moi." Depuis, il a su la dompter. Son record de participations, co-détenu avec George Hincapie, ne l'émeut même s'il admet que "laisser une trace dans l'histoire, c'est un petit plus." Non, ce qui le rend le plus fier, c'est sa "longévité." "Pouvoir arrêter quand j'ai voulu et sur Paris-Roubaix, ça me rend fier. J'espère que les gens se souviendront de moi. J'ai quand même apporté un peu au cyclisme français", rappelle-t-il.

Grâce son profil atypique dans un peloton français qui a si souvent boudé les grandes courses d'un jour, Guesdon laissera forcément une trace : "Je n'étais pas un spécialiste du contre-la-montre, je ne grimpais pas spécialement bien et je n'étais pas performant dans les sprints", constate le vétéran de la FDJ. "Si je voulais réussir chez les professionnels, je n'avais pas tellement le choix. Je suis tombé dans la bonne équipe. Tout l'encadrement a une culture des classiques." Aujourd'hui, il constate que le cyclisme français va mieux et il s'imagine un héritier sur Paris-Roubaix : "Sylvain Chavanel a un peu d'avance sur les autres. Damien Gaudin, Mathieu Ladagnous ou Alexandre Pichot peuvent aussi faire parler d'eux. Comme Yoann Offredo dans les années à venir."

"Il y a 15 ans, on était cinq ou six Français au départ du Tour des Flandres", rappelle celui qui a aussi remporté Paris-Tours en 2006, neuf ans après Paris-Roubaix. "Dimanche, nous étions beaucoup plus nombreux. Si j'ai pu contribuer à ce renouveau, à ma petite échelle, c'est une grande victoire." Au crépuscule de sa carrière, la transmission l'obsède. Dimanche, "il donnera un coup de main s'il le faut" à ses jeunes coéquipiers. Une dernière fois.

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