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Paris-Roubaix: Battre Fabian Cancellara, la quadrature du cercle

Battre Cancellara, la quadrature du cercle
Par Eurosport

Le 06/04/2013 à 19:05Mis à jour Le 06/04/2013 à 20:30

Difficile de faire plus favori que Fabian Cancellara sur ce Paris-Roubaix. Le Suisse parait imbattable à la régulière. Comment le priver d'un troisième sacre?

Fabian Cancellara a l'habitude. La pancarte, il l'a presque toujours sur Paris-Roubaix. Mais elle a toutefois rarement été aussi grosse qu'à l'aube de cette édition 2013, surtout en l'absence de Tom Boonen, l'autre monstre moderne de Paris-Roubaix. En 2007, tenant du titre, Cancellara confiait déjà être son "seul adversaire". Il avait intelligemment joué la course d'équipe pour favoriser le sacre de son coéquipier Stuart O'Grady. Il y a deux ans, encore vainqueur sortant, il paraissait inaccessible. Mais le marquage à outrance de l'intégralité du peloton avait fini par l'écoeurer. Johan Van Summeren avait tiré les marrons du feu pour s'imposer, Thor Hushovd se chargeant du marquage au cuissard sur le Suisse. Paradoxalement, la supériorité manifeste de Cancellara avait fini par constituer son principal handicap.

Rebelote cette année, donc. Sur la ligne de départ, à Roubaix, il y a Cancellara et les autres. Bien sûr, Paris-Roubaix est une course trop aléatoire pour affirmer qu'il a déjà course gagnée. Les crevaisons et les chutes peuvent s'acharner sur n'importe qui et rebattre les cartes. Mais à la régulière, "Spartacus" apparait imprenable. En valeur intrinsèque, le Bernois n'a pas d'égal. Tout le monde est d'accord là-dessus. Sa démonstration au Tour des Flandres, la semaine dernière, a fini de convaincre les éventuels sceptiques, peu nombreux de toute façon. "Physiquement, il est au-dessus du lot. En force pure, il est imbattable", juge Frédéric Guesdon, directeur sportif de la FDJ et dernier lauréat français de l'Enfer du Nord (1997).

L'indispensable prise de risques

La seule solution, c'est de lui mener la vie dure. D'essayer, en tout cas. On peut courir contre lui, comme beaucoup d'équipes l'avaient fait en 2011. Mais son équipe semble aujourd'hui plus compétitive qu'elle ne l'était alors. RadioShack a montré sur le Ronde qu'elle avait les moyens de bien entourer son leader et d'éviter son isolement dans les 50 derniers kilomètres. A priori, pas question donc pour ses principaux adversaires de mener une course négative, en cherchant d'abord le moyen de le faire perdre plutôt que celui de gagner. "La grosse erreur serait de courir contre Cancellara, juge ainsi Geraint Thomas (Sky). La clé de la course va être de courir de manière agressive et de voir comment ça se passe."

Semer la zizanie, peut-être même de façon précoce, afin de sortir Cancellara de sa zone de confort? C'est également comme ça que Sylvain Chavanel voit les choses. "Le favori est Cancellara mais il y a aussi beaucoup d’autres coureurs avec des ambitions et je ne serai pas étonné que nous ayons une course très mouvementée, très tôt", estime le Français de l'équipe Omega Pharma. Son manager, Patrick Lefevere, en appelle même à une coalition avec Sky. Presque une façon de rendre hommage à l'autorité de Cancellara.

Quoi qu'il en soit, les autres devront prendre des risques. Tout ce qu'ils n'ont pas su (ou pu) faire dans le Tour des Flandres. Cancellara les a punis en portant l'estocade dans le final. Dans le cas contraire, il sera compliqué, sauf fait extra-sportif, de priver le Suisse d'une troisième victoire. "Si on se présente avec lui dans les derniers kilomètres, ce sera mal parti", ironise Johan Van Summeren. C'est un doux euphémisme…

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