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Paris-Roubaix : la poisse pour Omega Pharma

Omega dans tous ses états
Par Eurosport

Le 07/04/2013 à 20:32Mis à jour Le 07/04/2013 à 20:37

Très dense collectivement, l'équipe Omega Pharma Quick Step y a cru dimanche sur Paris-Roubaix, avant de déchanter. Elle arrache tout de même un podium avec la triosième place de Niki Terpstra. Un moindre mal après une épreuve durant laquelle l'équipe belge est passée par tous les états.

Le sourire ne devait sans doute pas être totalement de mise dans le bus Omega Pharma-Quick Step, dimanche en quittant Roubaix. Certes, Niki Terpstra est monté sur la troisième marche du podium après avoir franchi la ligne 31 secondes derrière le roi des pavés Fabian Cancellara et son dauphin malheureux Sep Vanmarcke. Quelques kilomètres plus tôt, la formation belge pouvait encore prétendre à un doublé.

Mais il était écrit que la poisse poursuivrait la bande à Patrick Lefevere. Privée de son leader et vainqueur sortant Tom Boonen, victime d'une lourde chute sur le Tour des Flandres, elle partait malgré tout à l'assaut des routes du Nord avec une équipe homogène et pléthore de candidats à la victoire. Encore faut-il avoir un brin de chance pour agrémenter le tout. "Nous allons harceler autant que possible l'équipe de Fabian Cancellara et ensuite essayer de l'isoler. Je ne vois pas d'autre stratégie qui a une chance de réussir", expliquait Patrick Lefevere avant le départ. La tactique mise en place par "l'autre Monsieur Paris-Roubaix", comme l'on surnomme l'homme 11 fois vainqueur de la classique nordiste comme directeur sportif, a bien failli porter ses fruits.

Quand la poisse s'en mêle…

Un homme devant dès le départ (Steegmans). Cinq autres parmi le premier groupe de favoris qui s'est décanté à moins de 100km du but (Steegmans, Vandenbergh, Terpstra, Stybar, Chavanel), puis encore trois parmi les douze derniers coureurs à l'avant de la course, l'équipe belge fut, tout au long des 254,5km de course, en position de force. Surtout que Stybar réalisait un sacré numéro, collant comme un mort de faim à la roue de Cancellara. Et même quand le groupe s'est scindé en trois unités, OPQS comptait un représentant à chaque échelon. Stybar et Vandenbergh étaient encore là aux côtés du Bernois et de Sep Vanmarcke (Blanco) dans les derniers kilomètres. Une chance sur deux de s'imposer, devait alors penser Lefevere.

"J'avais Stijn devant moi, je n'avais donc pas à rouler, explique Stybar qui disputait son tout premier Paris-Roubaix. Je n'avais qu'à suivre Cancellara. J'avais de bonnes jambes et je me sentais vraiment bien. Nous étions trois sur la fin et je me disais 'Je dois être l'un des plus rapides'. Alors j'ai commencé à réfléchir à ce que je pourrais faire. Puis j'ai heurté quelqu'un et j'ai failli tomber. Dès que vous avez 5-10 secondes de retard, c'est impossible à combler sur ce parcours, surtout après 240km de course." Un rêve passa alors, poussé dehors par la poisse qui attendait ses hommes au Carrefour de l'Arbre.

Le numéro de Stybar

Celle-là même qui fit toucher un spectateur à Vandenbergh et l'expédia au sol, le coude en sang. Puis, cette même déveine qui fit déchausser Stybar et le fit frôler la chute au prix d’un numéro d’équilibriste alors que le Tchèque roulait trop près du public, perdant le contact avec ses deux derniers compagnons d'échappée et toute chance de victoire. "C'est vraiment dommage pour Stybar car il était dans la situation idéale, reconnaît Dick Demol, le directeur sportif de RadioShack. Pour une fois, ce sont les autres qui ont eu la poisse et pas nous. C'est comme ça que ça se passe parfois sur Roubaix."

La 12e victoire ne tendra pas les bras à Lefevere. "Le hasard se cache derrière chaque virage", prédisait-il avant le départ. La troisième place de Niki Terpstra fait finalement office de lot de consolation. "Je suis très content d'être sur le podium. Mais on avait une équipe très, très forte. On aurait pu avoir une belle stratégie dans le final", regrette le champion des Pays-Bas forcément un peu déçu, mais toujours moins que Chavanel. "Encore la poisse pendant 15km, petit plateau pile au moment de l'attaque. Ca n'empêche que j'aime cette course," confie le Français sur Twitter qui veut néanmoins rester positif : "Faut être tenace. Moral très bas, mais il remonte déjà." Couvert de lauriers l'an dernier grâce à Tom Boonen, Omega Pharma mange le pain noir laissé par Cancellara et RadioShack cette année sur les flandriennes. "Après la malchance de Boonen, nous avons prouvé que nous restions une équipe compétitive. Nous avons juste manqué de chance," résume Stybar qui, comme son équipe, espère que les ardennaises sauront rétablir l'équilibre dès dimanche prochain sur l'Amstel Gold Race.

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