Cette fois, il le tient ! Après cinq participations marquées par la malchance, Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) s'est enfin imposé sur Paris-Roubaix ce dimanche, remportant ainsi son deuxième Monument après le Tour des Flandres 2016. Le Slovaque, qui a attaqué à 54km de l'arrivée, est revenu sur l'échappée matinale en solitaire avant de s'imposer au sprint devant Silvan Dillier (AG2R La Mondiale) alors que Niki Terpstra (Quick Step-Floors), sorti trop tardivement, complète le podium. Sagan devient ainsi le premier champion du monde à triompher de l'Enfer du Nord depuis Bernard Hinault en 1981.

Il y a un an, Sagan triomphait en champion du monde

Paris - Roubaix
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11/04/2018 À 15:09

La Quick-Step Floors (un peu) en retrait

On pourra regretter que la course ait été aussi peu animée mais, vu l'état de forme de chacun, on savait que le premier coureur à prendre de l'avance avait de bonnes chances d'aller au bout. Ça n'a pas manqué. Après des premiers secteurs pavés très humides marqués avant tout par les chutes d'outsiders (Kristoff, Van Baarle, Naesen, Moscon, Trentin, Langeveld) et celle – grave – de Michael Goolaerts (Vérandas Willems-Crelan), les premiers mouvements de course intéressants ont, comme toujours, eu lieu dans la Trouée d'Arenberg.

Mike Teunissen (Sunweb) et Philippe Gilbert (Quick-Step Floors) ont alors lancé la grande bagarre, sans jamais creuser l'écart. Pas plus de réussite pour Zdenek Stybar (Quick-Step Floors), parti au moment de la jonction à 75km. Mais le Tchèque s'est isolé et a fini par se relever, une quinzaine de kilomètres plus loin. A l'entrée du secteur d'Orchies, moment choisi par Van Avermaet (BMC) pour placer son attaque mais le Belge n'a rien pu faire sur le contre de Peter Sagan (Bora-Hansgrohe), très discret jusqu'alors.

Revivez le coup de poker gagnant de Sagan à 54 kilomètres de l'arrivée

Le numéro de Sagan et Dillier

Parti presque sans effort, le Slovaque s'est d'abord étonné de ne pas voir ses adversaires réagir. Ils ont préféré temporiser et ils ont eu tort. Ils ne reverront plus le champion du monde, revenu très vite sur les membres de l'échappée encore présents. Ils étaient neuf à avoir réussi à s'extirper au km 200, dont l'étonnant Marc Soler (Movistar), longtemps brillant sur les pavés et qui a notamment ouvert la route dans la Trouée d'Arenberg. Mais seuls Sven Ric Byström (UAE Team Emirates), Jelle Wallays (Lotto6Soudal) et Silvan Dillier ont vu le Slovaque revenir.

Lucide, Sagan n'a jamais cherché à s'isoler mais Byström et Wallays n'ont pas tardé à lâcher prise. Tout le contraire de Dillier. Le champion de Suisse, en forme et sacrément impressionnant dans la roue du Slovaque, a tenu bon jusqu'au Vélodrome pour s'y présenter pour la gagne. Une situation improbable pour un membre de l'échappée matinale et qui présentait un certain risque pour Sagan, pas aussi assuré de son succès que s'il était en solitaire. Mais, si Diller est loin d'être un manche au sprint, il n'a rien pu faire. Peter Sagan ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité de remporter Paris-Roubaix. Une semaine après ses déclarations fracassantes et moyennement appréciées, le voilà qui répond une nouvelle fois sur la route. Et c'est la plus belle des réponses.

Peter Sagan félicité par Silvan Dillier

Crédit: Getty Images