Polémique Maxim Van Gils : Vite, des transferts !
Après Cian Uijtdebroeks en 2023, c'est la situation d'un autre belge, Maxim Van Gils qui pousse de nouveau à s'interroger sur un réel système de transferts dans le cyclisme. Le Belge de 24 ans, qui montre son talent depuis deux ans, est en conflit avec la Lotto-Dstny qu'il veut quitter avant la fin d'un contrat qui court encore sur deux ans.
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Quand Cian Uijtdebroeks quittait, fin 2023, la Bora-Hansgrohe pour la Visma | Lease a Bike au bout du bras de fer, ils étaient nombreux à dire, "plus jamais ça". Coincé entre des situations qui se répètent et sa volonté de ne pas tomber dans les travers d'autres sports, le football pour ne pas le citer, le cyclisme se refuse toujours aux transferts, les vrais, ceux où il faut payer. L'épisode Maxim Van Gils qui veut casser son contrat pour quitter Lotto-Dstny prouve pourtant que le problème est là et qu'il est peut-être temps de l'affronter. De l'affronter vraiment.
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Le Belge de 24 ans est une promesse que Lotto-Dstny fait grandir petit à petit. En cette fin de saison, Van Gils (3e des Strade Bianche et de la Flèche Wallonne, 4e de Liège-Bastogne-Liège et 7e de Milan-Sanremo en 2024) occupe le 14e rang mondial. Il est un talent brut qui produit déjà des résultats et il se sent, semble-t-il, à l'étroit dans sa formation puisqu'il a révélé sa volonté de la quitter deux ans avant la fin d'un contrat qu'il avait prolongé… en mars dernier. Après l'annonce du coureur, les deux parties ont annoncé discuter, assurant qu'un transfert était désormais envisagé. Avaient-elles besoin d'en arriver là ?
L'UCI interdit toujours les transferts payants
En juin dernier, pressé par l'actualité, l'Union cycliste internationale (UCI) annonçait quelques modifications à ses règles. Parmi elles, la possibilité de changer d'équipe en cours de saison (seulement entre le 1er et le 15 août) mais aussi de se dégager de son contrat pour signer dans une autre formation avant la fin de ce dernier. Une disposition qui aurait pu, théoriquement, régler le cas Van Gils à la nuance près que l'UCI interdit toujours que les transferts soient… payants.
Cette décision, si elle n'est pas sans fondements, revenait à tuer dans l'œuf toute révolution. Dans le même temps, l'UCI avait, de plus, durcit ses règles pour les coureurs qui rompent leur contrat de manière illégale. Maxim Van Gils, s'il ne trouve pas d'accord avec Lotto-Dstny et qu'il choisit de signer ailleurs, s'expose à une suspension ainsi qu'à une lourde amende. L'équipe belge se dit maintenant prête à libérer son coureur. N'aurait-elle pas décidé de la même chose sans être mise devant le fait accompli avec, en plus, la certitude de recevoir une indemnité pour son départ ?
Lotto-Dstny forme Van gils depuis 2018
Ne pouvait-elle pas, après avoir pris connaissance du désaccord avec Maxim Van Gils, lui trouver une porte de sortie convenant à tout le monde ? Voilà six ans que Lotto-Dstny forme Van Gils et si elle bénéficie depuis deux saisons d'un coureur capable de briller au haut niveau, elle va surtout le voir partir sans contrepartie financière dans quelques jours ou quelques semaines pour une équipe plus riche qu'elle, et elles sont nombreuses, alors qu'il avait encore deux ans sur son contrat. On doute que Stéphane Heulot, le manager, en soit ravi, lui qui doit faire chaque année avec un budget serré quand d'autres dépensent sans compter.
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La situation actuelle ne rend réellement service à personne puisque Maxim Van Gils est actuellement la cible de toutes les critiques. Sans doute aurait-il dû y réfléchir avant de signer son contrat en mars dernier mais on imagine qu'il veut capitaliser sur sa bonne saison et être payé à la valeur qu'il estime être désormais la sienne et surtout ne pas devoir se "contenter" de son ancien salaire pendant deux saisons de plus.
Transferts + budget cap : la bonne solution ?
Bien sûr, des transferts comme il peut y en avoir dans le football, fragiliseraient un peu plus les équipes comme la Lotto-Dstny, celles qui font de la formation. Comment un coureur pourrait-il résister à l'appel d'un salaire parfois doublé, voire plus, si la possibilité existe ? UAE, Visma, Red Bull et d'autres ont aujourd'hui une avance financière considérable sur la concurrence et certains redoutent une concentration encore plus importante des talents qui est déjà problématique aujourd'hui.
Deux cas comme ceux très médiatiques de Cian Uijtdebroeks ou Maxim Van Gils, qui partagent le même agent que Tadej Pogacar, doivent-ils pousser à se vautrer dans le mercato à la mode football avec sa cohorte de rumeurs, de sommes folles et d'agents pas toujours en ligne avec l'éthique ? Peut-être pas ou alors le nouveau système devrait-il s'accompagner d'autres dispositions comme un budget cap par exemple.
Le monde du vélo est, depuis longtemps déjà, tiraillé entre ceux qui défendent sa singularité et tiennent à ce que les contrats soient respectés - une ambition plus que noble -, et d'autres qui y voient un moyen comme un autre de faire de l'argent. L'Union cycliste internationale a toujours un problème sur les bras et à force de demi-mesure, elle n'a rien réglé.
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