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Madiot: "A 100%"

Madiot: "Une carte à jouer"
Par Eurosport

Le 02/02/2009 à 17:10Mis à jour

Fidèle à lui-même, Marc Madiot, l'emblématique manager de la Française des Jeux, aborde l'exercice 2009 avec enthousiasme et ambition. A la tête d'une formation profondément renouvelée à l'intersaison, le Mayennais affirme sa confiance dans ses coureurs.

MARC MADIOT, dans quel état d'esprit entamez-vous cette 13e saison à la tête de l'équipe La Française des Jeux ?

On a un effectif de 23 coureurs avec des gars motivés qui ont envie de faire du vélo, de réussir et de bien faire. Au niveau mental, on a tout ce qui faut pour faire une bonne saison.

Sur quels coureurs allez-vous vous appuyer cette saison ?

Je ne veux plus sortir de noms. Je leur ai dit: vous avez tous une carte à jouer. Il y a des places à prendre alors saisissez votre chance. Je sais évidemment qu'il y a des garçons qui ont plus de possibilités que d'autres mais j'ai envie que les mecs s'investissent à 100% et que derrière, un ou plusieurs prennent le pouvoir. Après, c'est vrai que j'ai une idée sur chaque coureur mais je n'ai pas envie de faire de différences en début de saison.

Philippe Gilbert, parti chez Silence-Lotto après avoir notamment remporté l'an dernier le Het Volk et Paris-Tours, va-t-il vous manquer ?

Philippe avait des grosses qualités physiques et mentales qui faisaient que l'équipe pouvait légitimement se polariser autour de lui. Il avait le talent d'un leader, à d'autres de lui succéder dans l'équipe.

Quelles sont les ambitions de l'équipe ?

Je pense disposer de coureurs aux profils intéressants capables de s'imposer sur beaucoup d'épreuves différentes les unes des autres. Ce que j'attends, c'est que les gars prennent leurs responsabilités pour que nous remportions le plus de courses possibles avec le plus de coureurs possibles.

Vous avez notamment recruté Anthony Geslin et Christophe Le Mével à l'intersaison. Etes-vous satisfait de ces renforts ?

Le recrutement, c'est toujours une affaire de timing. Par le passé, j'ai connu des coureurs que nous voulions faire signer, qui voulaient venir chez nous et avec lesquels nous étions d'accord sur tout. Finalement, ils n'ont jamais porté notre maillot à cause d'un mauvais timing. Geslin, j'espère qu'il répondra présent. Le fait qu'il ait décidé de changer d'équipe va peut-être le dynamiser. A lui et à tous les autres de faire leur travail du mieux qu'ils peuvent pour progresser et prendre une nouvelle dimension.

Vous dîtes que tous vos coureurs partent sur une même ligne de départ. Cela veut-il dire qu'il n'y aura pas de coureurs protégés au sein de l'équipe ?

A Bessèges, par exemple, Yvon va faire sa réunion d'avant-course et voir pour qui l'équipe courra. En fonction des capacités du moment, de la motivation et de l'envie des uns et des autres, on décidera sur chaque course qui sera protégé. Après des coureurs comme Guesdon ou Offredo pensent forcément au mois d'avril alors que Casar se projette plus sur des courses comme Paris-Nice ou les grands tours.

L'effectif de l'équipe a été réduit à 23 coureurs cette saison. Vous avez déjà annoncé que la Française des Jeux ne participerait pas au Giro. Quels autres changements cela va-t-il induire ?

Ce n'est pas forcément une mauvaise chose. La cohésion sera plus facile à réaliser. Même avec la meilleure volonté du monde, quand vous avez 28 ou 30 coureurs et que certains gars ne se voient qu'une fois dans l'année à la présentation de l'équipe, ce n'est pas évident de créer une ambiance de groupe, un climat collectif. A 23, l'effectif est plus resserré. Pendant les stages, c'était plus facile, plus convivial. Les gars ont appris à se connaître. On retombe dans un schéma plus traditionnel.

Vous expliquiez tout à l'heure avoir modifié la préparation hivernale des coureurs. Quels changements avez-vous apporté ?

Il faut bouger, faire évoluer les choses. On a changé nos dates de stage. Il y avait une demande de la part de mes collègues directeurs sportifs. On a fait des réunions, on a débattu et on s'est dit banco on essaie autre chose. Ça marchera ou ça ne marchera pas mais c'est bien d'essayer des nouveaux trucs. Le stage de Renazé, on l'a axé à 100% sur le cyclo-cross même avec les mecs qui ne font que de la route. Avant, c'était un stage de rentrée où, entre autre, on faisait du cyclo-cross. Là, on a fait que du cyclo-cross. On l'a décalé de presqu'un mois et demi. On fait quelque chose de très différent de ce qu'on pouvait faire par le passé. Faire bouger les choses, ça peut nous apporter de la performance. Les gars doivent prendre conscience de la qualité du travail effectué. Car on n'a pas chômé au cours des trois stages réalisés.

Vous affichez votre volonté de ne pas sortir de nom en particulier parmi vos coureurs. L'un d'entre eux, l'Australien Wesley Sulzberger, impressionne pourtant depuis sa 2e place à Isbergues l'an dernier alors qu'il était seulement stagiaire. Pouvez-nous en parler ?

Il est néo-pro mais c'est sûr qu'il a des qualités. Au Tour Down Under, il a répondu présent (ndlr: il a fini 5e) mais il était chez lui et donc très motivé. Cette année, il peut déjà s'affirmer comme un bon coureur, notamment sur les semi-classiques. Il ne sera sûrement pas encore dans le coup d'un Milan-San Remo ou d'un Tour des Flandres mais il peut viser sans problème les courses de l'étage en-dessous.

On vous sent confiant à l'amorce de cette nouvelle saison.. .

J'ai un bon petit paquet de coureurs qui ont ce qu'il faut pour gagner. Meersman, Ladagnous, Sulzberger, Chérel ou Roy ont tous les moyens de franchir un palier. Si ça enclenche un poil, on peut se faire plaisir. C'est pour ça que je suis confiant. Notre force c'est la cohésion. Si ça décroche dans la tête et que "ça devient feignasse", c'est pas bon. Mais je pense que les gars ont bien enregistré. Ils ont bien bossé. Pendant les stages, tu le sens. Là, on n'a personne qui traîne la patte. Avant il y avait une certaine hiérarchie, aujourd'hui il n'y en a plus. C'est aux gars d'en créer une en montrant leurs qualités.

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