Chris Froome y est allé de son tweet. "Une grande journée" a-t-il écrit après… une 34e place, ce lundi, lors de la 3e étape de la Route d'Occitanie, premier rendez-vous en altitude de sa "nouvelle" saison. N'y voyez rien d'incongru. Le quadruple vainqueur de la Grande Boucle joue la carte du gregario sur les routes occitanes et ce sont ses deux coéquipiers de 23 ans, Egan Bernal (1er) et Pavel Sivakov (2e), qui ont dominé l'étape la plus prestigieuse de l'épreuve.

Sivakov, justement, a salué le travail de son glorieux aîné (35 ans), à l'arrivée, au sommet du col de Beyrède. Sans le mettre pour autant en exergue : "Castro [Castroviejo] a commencé, ensuite Froome s'est mis au boulot sur la partie roulante. On était dans les roues, on ne forçait pas trop et il s'est mis dans le rouge. Tao [Geoghegan Hart] a fait une grosse partie, puis j'ai pris le relais pour lancer Egan [Bernal]. C'était vraiment ce qu'on avait prévu ce matin."

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Une partition jouée à la perfection mise en avant

Froome a présenté les choses de la même manière, après avoir exprimé une pensée émue au sujet de Nicolas Portal, ancien directeur sportif de l'équipe britannique, mort le 3 mars dernier et originaire de la région. "Tout le monde a fait exactement ce que nous avions prévu de faire aujourd'hui, et nous pouvons être très content de cela" a-t-il ainsi commenté. Egan Bernal a quant à lui expliqué qu'il se sentait "un peu nerveux" avant la course, en tant que leader annoncé. Mais rapidement "plus détendu" : "Quand tu as les meilleurs avec toi…"

De quoi désamorcer le conflit latent qui plane au-dessus de la formation Ineos ? Cela semblait être le fil conducteur du message commun de l'ex-Sky, alors que Froome a déjà annoncé son départ pour Israel Start-Up Nation la saison prochaine. Une structure au sein de laquelle il espère remporter un cinquième Tour de France synonyme de record… à moins qu'il n'envisage d'étreindre, à nouveau, le maillot jaune sur les Champs-Elysées dès cette année.

"Le Tour ? C'est dans un mois…"

La lourde chute qui a failli mettre un terme à sa carrière lors du Critérium du Dauphiné 2019 ne le place pas en position de force dans la lutte intestine qu'il pourrait mener face à Egan Bernal et Geraint Thomas. Pas plus que sa course d'équipier "seulement" solide ce lundi, puisqu'il a coupé la ligne 5'11" après le Colombien. Mais c'est aussi une façon d'avancer masqué. Plus tôt il avait à travailler, plus vite il pouvait se garer (alors qu'il ne restait déjà que treize autres coureurs dans le "peloton") et nous laisser fantasmer sur ce qu'il aurait été capable de faire, ou non, avec plus de responsabilités.

Difficile, donc, de tirer des conclusions de la servitude ponctuelle de "Froomey". Il ne s'y est lui-même pas aventuré, alors que la question de la transposition de ce rôle de lieutenant sur les routes du Tour lui était posée : "Je vais y aller semaine par semaine, essayer de faire progresser mon niveau en vue du Tour de France (29 août - 20 septembre, ndlr). Cela peut évoluer. C'est dans un mois, il peut se passer des choses." Beaucoup de choses, sur le Tour de l'Ain (7-9 août) comme sur le Critérium du Dauphiné (12-16 août) où Geraint Thomas viendra s'ajouter à l'équation.

Egan Bernal et Chris Froome à l'arrivée de la 3e étape de la Route d'Occitanie

Crédit: Getty Images

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