Evita Muzic dans le tempo avant les Strade Bianche : "On attendait un peu toutes que van Vleuten parte à la retraite…"
Eurosport sur GoogleC'est une course qu'elle a cochée depuis un moment même si elle n'en fait pas son objectif numéro 1. Présente sur les Strade Bianche (à suivre ce samedi sur Eurosport), Evita Muzic entend jouer crânement sa chance. Couvée depuis de nombreuses années par la FDJ-Suez, la Jurassienne veut continuer de prendre son envol en 2024. Mais pas à pas, comme elle ne cesse de le rappeler.
Evita Muzic lors du Tour de France Femmes 2024Evita Muzic (FDJ-Suez) lors du Tour de France Femmes 2024
Crédit: Eurosport
Il faudra compter sur elle cette année. C'est ce qui se murmure dans les couloirs de la petite reine depuis quelques mois en tout cas. Son discours en témoigne aussi. Enfin épargnée par les blessures automnales et hivernales, Evita Muzic a débuté sa saison à l'heure. En avance même par rapport à ses premières saisons chez les professionnelles. De quoi présager de belles promesses pour la Franc-comtoise.
Rapidement étiquetée comme l'une des nouvelles têtes d'affiche du peloton féminin, la grimpeuse de 24 ans continue son apprentissage pour jouer parmi les grandes. 2024 a tout de la grande année pour la championne de France 2021. Cette dernière refuse pourtant d'endosser un costume qui pourrait être parfois trop grand, comme elle l'explique à quelques jours de retrouver les chemins blancs des Strade Bianche, une course qu'elle affectionne.
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Muzic : "C'est vrai que je demande à être de plus en plus leader"
Video credit: Eurosport
Une préparation sans pépin, enfin
Ce millésime pourrait être de belle qualité pour la protégée de Stephen Delcourt. Son intersaison a déjà apporté des éléments rassurants. "Ça fait deux ans que je n’ai pas commencé le début de saison, donc c’était difficile de se projeter et d'imaginer ma forme", lance d'emblée la principale intéressée, rencontrée à la conférence de rentrée de la FDJ-Suez. "Aujourd'hui, je ne suis pas encore forcément au top, je n'ai pas été très constante à Valence ou en Australie, mais ça va de mieux en mieux."
Symbole de cette "santé retrouvée", Evita Muzic a aussi renoué avec son plaisir d'enfance. "Cette année, j'ai pu faire un peu de cyclo-cross, ça a changé. Je pense avoir pris en punch et au sprint. Je pense que ça m'a aidé pour frotter." C'est surtout sur le plan mental que ces sorties dans les sous-bois lui ont été bénéfiques, comme elle nous le confie.
La native de Lons-le-Saunier se satisfait de son calendrier de reprise et des premières sorties de son équipe, la victoire de Cecilie Uttrup Ludwig sur le Santos Tour of Down Under "[mettant] en confiance toute l'équipe". "J'ai pu reprendre les intensités presque directement après ma coupure. L'année dernière, c'était lors de la semaine de Valence (ndlr, la semaine du 15 au 18 février). Ça change !"
Continuer à prendre son envol
Du changement, la FDJ-Suez en a connu cette intersaison. Les arrivées d'Amber Kraak (ex- Jumbo Visma) et Léa Curinier (ex- dsm-firmenich), mais surtout de Liselot Decroix en provenance de la Jumbo-Visma comme co-directrice de la performance en sont les symboles marquants. "Déjà, on a fait plein de tests pendant les stages. On voit déjà l'approche plus scientifique qu'ils ont là-bas", observe Evita Muzic sur l'impact de cette dernière. "Au niveau des études de position, des stages d'altitude, j'en avais déjà fait, mais c'était moins encadré que ce qui va être mis en place. On sent que tout est optimisé pour la performance. On se sent en confiance et entre de bonnes mains."
Plus dense, la FDJ-Suez a des armes. Lentement, mais sûrement, la Jurassienne hérite du costume de chef de file. Elle ne veut pas en faire une priorité. "C'est vrai que je demande à être de plus en plus leader, mais je ne voudrais pas non plus l'être sur toutes les courses", explique-t-elle avec le sourire. "C'est beaucoup de pression à assumer. Je suis contente que mon rôle évolue chaque année. Il ne faut pas griller les étapes, il faut aussi que je mérite ma place, on a eu beaucoup de filles très fortes dans l'équipe."
Des cartouches, la formation tricolore en aura pour lutter contre la SD Worx de Demi Vollering et le reste des cadors. Pour cette première saison sans Van Vleuten, la meute va jouer des coudes. "On attendait un peu toutes qu'Annemiek parte à la retraite car tout le monde attendait qu'elle attaque et après la course s'animait derrière. Là, il y en a forcément une qui est un peu plus au-dessus des autres (Demi Vollering, ndlr)... Mais on n'a pas encore vraiment vu son niveau cette saison ! On est plusieurs à jouer derrière. Il va y avoir de plus en plus de spectacles."
Lorsqu'on lui demande ce que serait une bonne saison pour elle, Evita Muzic est claire : elle veut gagner, surtout en World Tour, ou "essayer d'avoir un top 5 voire un podium sur un classement général de l'un des grands tours". Briller sur le Tour de France Femmes qui offre "le parcours de [ses] rêves" est aussi sa grande motivation. Sur les chemins des Strade Bianche, où elle peut user de son expérience en cyclo-cross, et où elle devrait endosser le costume de co-leader en raison de la lourde blessure de Cecilie Uttrup Ludwig, la promesse de la FDJ-Suez peut nourrir des espoirs de lever les bras. Il faudra faire la course parfaite.
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