Thomas, l'heure de conclure

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TOUR DE FRANCE – Geraint Thomas y est presque. Impérial jusqu'ici en montagne, le Gallois du Team Sky peut faire un nouveau pas décisif vers le sacre s'il parvient vendredi à contrôler ses adversaires, et notamment Tom Dumoulin, lors de l'ultime étape de montagne. Avec deux minutes de marge avant le chrono, il aurait presque course gagnée.

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Crédit: Eurosport

Craquera, craquera pas ? Beaucoup ont spéculé depuis qu'il s'est hissé au sommet de la hiérarchie voilà huit jours, sur un possible tassement, voire effondrement de Geraint Thomas dans la troisième semaine du Tour. Ce n'était pas dénué de fondements. Jusqu'ici, le Gallois ne possédait de références si loin dans un grand Tour. Il y a trois ans, il était à la 4e place du classement général avant de s'écrouler dans la 19e étape, vers La Toussuire. Vendredi, ce sera la 19e étape du Tour 2018.
Mais le Thomas 2018 ne semble plus avoir grand rapport avec son lointain cousin. Il est un autre coureur en ce mois de juillet. Solide maillot jaune, impressionnant en montagne, il n'y a a priori aucune raison pour que le scénario de 2015 se répète. "Je suis confiant pour demain", a-t-il proclamé jeudi soir à Pau à propos du dernier volet du triptyque pyrénéen. Malgré l'enchainement des cols d'Aspin, du Tourmalet et de l'Aubisque, le nouvel homme fort de la Sky sait qu'il a toutes les cartes en main.

Dumoulin : "Si je vois une opportunité, je vais la prendre"

Pour autant, il ne s'y voit pas encore et, selon le schéma qu'il suit avec succès depuis plus d'une semaine, se prépare à toute éventualité. "Je m'attends au pire, par principe et j'espère le meilleur", a-t-il dit. Les mêmes mots qu'avant l'étape du col du Portet, où il avait consolidé sa position. "Il faut se préparer à tout, insiste le maillot jaune. A des attaques dès le baisser du drapeau, à ce que Tom Dumoulin tente quelque chose pendant l'étape et il y aura certainement des attaques dans la dernière montée."
Tom Dumoulin, qui sera dans la peau du dauphin et principal rival vendredi, n'affiche pas de son côté un optimisme béat, mais il refuse de baisser les bras. "Mes chances de gagner le Tour sont très minces mais si je vois une opportunité, je vais la prendre, assure le Néerlandais. Il faudra que je teste Thomas et, après, on verra."
Persuadé que Thomas peut rivaliser avec lui dans le contre-la-montre au Pays basque samedi, le leader de l'équipe Sunweb se fixe un objectif particulièrement élevé : "il peut me battre dans le contre-la-montre, il est très en forme. Si je veux gagner, il me faudra prendre sans doute deux minutes, ce sera compliqué. Mais, avant de penser à samedi, on verra comment ça se passe."
Ce chrono, Thomas l'a aussi dans un coin de la tête et, selon lui, il pourrait influer sur les débats vendredi. "Gagner deux ou trois minutes demain, ça peut dire en perdre plus le lendemain", prévient-il. Pour conserver son bien, l'ancien pistard entend s'appuyer sur son atout traditionnel, la solidité de son équipe. "Je compte d'abord sur l'équipe pour contrôler la plus grande partie de la journée, après tout dépendra des jambes. Ça va être un grand test", souffle-t-il.
Mais il dispose aussi d'un potentiel joker de luxe en Chris Froome, qui a promis de l'aider si la nécessité se fait jour. "J'espère que je n'aurai pas besoin d'avoir recours à ses services, sourit Thomas. Mais, l'avoir à ma disposition, si l'on peut parler ainsi, c'est formidable."
Deux minutes de marge, une équipe monstrueuse, un quadruple vainqueur du Tour en guise de lieutenant, et sa propre solidité... Geraint Thomas joue presque sur du velours. Reste à conclure. Un terrain encore inconnu pour lui. Mais peut-être plus pour très longtemps.
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