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Dekker, graine de star
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Publié 15/03/2006 à 16:00 GMT+1
A seulement 21 ans, Thomas Dekker a signé la première victoire majeure de sa carrière en remportant Tirreno-Adriatico, mercredi. Le rouleur néerlandais confirme ainsi le formidable potentiel qui est le sien. La Rabobank tient une perle rare, assurément.
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"Quand on discutait entre équipiers avant le début de l'épreuve, on m'a demandé qui je voyais pour gagner Tirreno cette année. J'ai tout de suite répondu Thomas Dekker. J'aurais dû miser de l'argent sur lui!" Alessandro Petacchi est un pronostiqueur avisé. Le sprinter italien aurait effectivement misé sur le bon cheval s'il avait parié. Que le Spezian se rassure toutefois, il aura certainement d'autres occasions de placer ses euros sur Thomas Dekker. Car si le Néerlandais a signé le premier grand succès de sa carrière, ce n'est sans doute que le début d'une longue série.
Il est rare de voir un coureur aussi jeune posséder déjà une telle maturité et surtout une telle puissance. Du haut de ses 21 ans, l'homonyme d'Erik Dekker, son illustre ainé et coéquipier avec lequel il n'entretient d'ailleurs aucun lien de parenté, est déjà un sacré client, particulièrement dans l'effort solitaire. C'est d'ailleurs dans cet exercice qu'il a construit sa victoire dans la course entre deux mers, pour devancer au final l'Allemand Jorg Jaksche de 14 secondes.
"Une autre dimension"
Pour sa deuxième saison chez les pros, Dekker n'aura donc pas mis longtemps pour triompher sur les routes du Pro Tour. Mais son avènement est tout sauf une surprise. L'an dernier, pour sa saison de "rookie", il s'était adjugé une étape du Critérium International, dont il avait pris la deuxième place au classement final. Il s'était également offert le titre national du contre-la-montre, avant de remporter une étape du tour de Pologne, à nouveau un chrono. Plus encore que le Suédois Thomas Lovkvist, autre prodige précoce, il s'imposait comme le grand espoir de la génération 1984.
Preuve que sa victoire est tout sauf anecdotique, il est devenu mercredi le deuxième plus jeune vainqueur de l'histoire de Tirreno-Adriatico. Seul Giuseppe Saronni, sacré à 20 ans, a fait mieux que le Batave. Ce dernier est conscient d'avoir franchi un cap cette semaine. "Bien sûr, j'avais signé quelques victoires la saison passée. Mais celle-ci est vraiment formidable. C'est une autre dimension", estime-t-il à juste titre. Alors qu'il est toujours en phase d'apprentissage, à tous les niveaux, Dekker est déjà capable de gagner. La marque des grands.
Rendez-vous au Poggio
Maintenant qu'il commence à se tailler un palmarès, et que sa réputation n'est déjà plus à faire, Thomas Dekker va devoir apprendre à gérer un nouveau statut: celui du coureur dont on se méfie, et à qui on ne laisse aucune marge de manoeuvre. La perspective d'être épié, par le peloton comme par les médias, l'inquiète un peu sans vraiment l'effrayer. "Le problème après une victoire comme celle-là, c'est qu'elle va suscite rune attente bien plus importante autour de moi. Mais je crois que je peux y faire face", juge le jeune néerlandais.
A moyen terme, son terrain de chasse favori devrait rester le chrono, mais la perle orange a également tout ce qu'il faut dans les jambes pour briller sur els classiques. Dès Milan-San Remo, samedi, il se verrait d'ailleurs bien jouer un rôle, même si l'équipe Rabobank misera essentiellement sur Oscar Freire. "Neuf fois sur dix, l'épreuve se termine par un sprint massif. Freire sera donc notre priorité. Mais dans la Cipressa et le Poggio, Thomas aura carte blanche pour tenter sa chance", promet Erik Breukink. Nul doute qu'il saura la prendre si elle se présente...
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