Tirreno-Adriatico 2026 | "Il a déjà 60 ans" : Isaac Del Toro, un talent gonflé de certitudes
Eurosport sur GoogleAprès avoir triomphé de l'UAE Tour, Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG) en a fait de même avec Tirreno-Adriatico, course d'un niveau et d'un prestige supérieurs à l'épreuve émiratie. Ce doublé, Tadej Pogacar l'avait fait (deux fois) avant lui. Sa victoire aisée le place évidemment dans la droite lignée de son leader slovène, mais ce sont surtout ses certitudes cette semaine qui ont impressionné.
"Del Toro était persuadé d'être largement supérieur"
Video credit: Eurosport
Si la victoire finale d'Isaac Del Toro sur Tirreno-Adriatico vous a fait tomber de votre chaise, tant mieux pour vous. Pour la plupart des suiveurs, le Mexicain était l'immense favori de la course des deux mers et il a tenu son rang, sans écraser les autres mais sans jamais penser, semble-t-il, qu'il pouvait la perdre. Plus encore que sa victoire, c'est cette absence de doute qu'il faut retenir à la sortie de cette semaine italienne car elle dit beaucoup du coureur qu'il est en train de devenir.
Ce Tirreno-Adriatico, c'était un peu le bal des lieutenants. Celui de Tadej Pogacar (Del Toro donc), celui de Jonas Vingegaard (Matteo Jorgenson), ceux de Remco Evenepoel (Giulio Pellizzari et Primoz Roglic) et même celui de Juan Ayuso (Giulio Ciccone). En ce début de saison, les fortes têtes s'évitent plutôt mais encore fallait-il pour le coureur d'UAE Emirates-XRG tenir son rang et valider son succès à la maison, aux Émirats arabes unis où il était celui qu'UAE avait choisi pour ne pas embêter "Pogi" à cette époque de l'année.
Injouable Del Toro
Chose faite, et avec la manière grâce à sa victoire d'étape samedi dans l'enfer de l'arrivée à Camerino, un final qu'il a maîtrisé à la perfection, montrant là, plus que n'importe où ailleurs, la certitude qui l'habitait. "À un moment donné, quand (Giulio) Pellizzari a attaqué, je n’étais pas dans la meilleure position, a-t-il expliqué. Mais je n’ai jamais paniqué, car l’équipe avait fait un travail tellement formidable que tout le monde souffrait déjà un peu. Si j’étais fatigué, ils devaient l’être aussi. Je ne faisais que réfléchir aux différents scénarios possibles et à la manière dont je devrais y réagir."
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Del Toro en gestion et en patron : revivez le final de la 6e étape
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Sur des pentes terribles et alors que la plus belle victoire de sa carrière, à savoir le classement général, l'attendait en haut, Del Toro a attendu, patiemment, ne répondant pas à l'attaque de son dauphin au classement général, pour finalement le cueillir dans les parties les plus difficiles.
"Il était injouable, largement supérieur, analyse notre consultant Jacky Durand. De nombreux coureurs de son âge auraient pu paniquer lorsque Pellizzari, qui était un danger au général, est sorti dans le final. Il était persuadé que sur les 800 derniers mètres, il allait faire au pire la jonction et au mieux le déposer. Au kilomètre, il sait déjà qu'il va remporter l'étape." Ce sont ces quelques minutes qui résument le mieux la semaine de Del Toro. Même après un premier chrono qui l'a placé derrière Thymen Arensman, Primoz Roglic ou Antonio Tiberi, celui-ci n'a jamais douté de sa victoire finale. Au moins, en a-t-il donné l'impression.
Je crois que le Giro lui a fait du bien
Coureur au caractère tranquille, qui devra peut-être en montrer un peu plus pour que sa cote de popularité dépasse le cadre de ses fans, Del Toro n'a jamais vraiment été du genre à s'inquiéter, d'autant qu'il enquillait les succès qu'on lui promettait et qu'il grandissait couvé dans l'ombre d'autres chez UAE. Mais la fin du dernier Tour d'Italie, qu'il a offert à Simon Yates selon certains, avait été un petit point d'ombre pour lui.
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Seixas trouble-fête : "Chez UAE, on pensait avoir Pogacar et Del Toro devant"
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"Je crois que le Giro lui a peut-être fait du bien pour gagner en étant le plus juste possible, rembobine Steve Chainel, consultant pour Eurosport. Il n'a fait aucun effort inutile, il n'a jamais paniqué samedi." Plus encore que samedi, toute sa semaine fut parfaite d'un point de vue de la gestion. Del Toro n'a jamais ressenti le besoin de gagner pour asseoir une supériorité qui était, de toute façon, évidente. "On a l'impression qu'il a 60 ans et 1 636 victoires chez les pros, sourit encore Chainel. Quel talent ! A aucun moment, il n'a douté."
Au même âge, à savoir 22 ans, 3 mois et 9 jours, Pogacar ne comptait que 17 victoires (mais un Tour de France, déjà) contre désormais 26 à Isaac Del Toro qui a enchaîné les succès sur des semi-classiques italienne la saison dernière. La prochaine échéance les concernera tous les deux puisqu'on attend que le Mexicain soit l'ultime rampe de lancement du Slovène vers sa victoire sur Milan-Sanremo. Gonflé de certitudes, Del Toro doutera certainement une fois de plus très peu de sa performance à venir.
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