Critérium du Dauphiné 2025 | Tadej Pogacar, plus surhumain que jamais
Eurosport sur GoogleCe Critérium du Dauphiné, exceptionnellement dense en prétendants au classement général du Tour de France, devait permettre de situer Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard dans un duel que chacun espère des plus serrés sur les routes de juillet. La semaine française a douché ces espoirs tant le Slovène a dominé la course sans jamais paraître souffrir ne serait-ce qu'un petit peu en montagne.
Pogacar s'impose en solitaire et assomme la course : l'arrivée en vidéo
Video credit: Eurosport
Il fallait voir la différence de rictus entre le vainqueur et le vaincu samedi à Valmeinier 1 800 pour comprendre que l'écart enregistré sur la ligne ne disait pas grand-chose du rapport de forces entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. Parce qu'il avait eu besoin de taper un vrai coup de poing sur la table pour effacer la déconvenue du contre-la-montre, le Slovène fut sans doute bien plus près de ce dont il était capable quand il avait repoussé le Danois à une minute sur quelques kilomètres vers Combloux. Là-haut, son visage ne trahissait aucune fatigue ou presque alors même qu'il avait écrasé la concurrence.
Au fil des années et de sa progression, Tadej Pogacar avait réduit la liste de ses adversaires. Il s'appelait encore Alejandro Valverde ou Primoz Roglic en 2019 et 2020, puis rapidement Wout van Aert, Jonas Vingegaard et Mathieu Van der Poel en 2022 et 2023. Sans être des Némésis, les deux pouvaient encore paraître il y a peu comme les derniers remparts à une domination totale. L'un sur les classiques, l'autre en haute montagne. La vérité, c'est qu'en juin 2025, Pogacar n'a plus qu'un rival et il s'appelle Van der Poel sur une course ou deux dans la saison.
Une facilité qui tire parfois au surnaturel
Milan-Sanremo est l'ultime bastion qui lui résiste encore, mais même sur la Primavera, terrain de chasse des coureurs de classique, "Pogi" à désormais la main. Il ne subit plus. Et si Paris-Roubaix manque encore à son palmarès, chacun aura compris cette année qu'il fera bientôt de l'enfer son paradis. Sa seule défaite surprenante de la saison, à savoir sa 2e place sur l'Amstel Gold Race derrière Mattias Skjelmose, ne doit pas détourner de la réalité : tous ses succès de 2024 et 2025 portent le sceau de la facilité. Une facilité qui tire parfois au surnaturel.
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Pogacar finit en solitaire une minute devant Vingegaard : revivez l'arrivée de l'étape en vidéo
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Depuis quand n'avait-on pas vu un coureur dominer autant son sujet et sur autant de profils différents ? Si au jeu du palmarès, le grand Eddy Merckx est loin, c'est évidemment lui, et uniquement lui, qu'on peut convoquer pour saisir la portée des succès de son lointain successeur. Sa semaine entre Auvergne et Alpes a paru plus brutale que jamais.
Avec Pogacar, les doutes disparaissent... ou presque
A Combloux, il plaisantait sur le fait d'avoir dû se dépêcher pour voir l'arrivée d'Urska Zygart, sa compagne, au Tour de Suisse. A Valmeinier, il confiait sa joie d'avoir pu ralentir dans le dernier kilomètre pour être plus lucide face aux micros. Pogacar manie l'humour et un brin d'arrogance qu'on ne lui connaissait pas pendant que la concurrence, Vingegaard compris, tire la langue. Avait-il besoin de remettre un coup derrière la tête de son rival samedi ? Probablement pas, mais pourquoi se priver quand on se balade autant et qu'on peut justifier son mouvement par un refus de se faire piéger ou parce qu'on n'a pas aimé se faire attaquer en descente ?
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"Satisfait d'avoir pu défendre le maillot comme ça"
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La vérité sur le Dauphiné n'est pas toujours celle du Tour de France et seuls Vingegaard en 2023, Geraint Thomas en 2018 et Chris Froome en 2015 et 2016 ont réussi à doubler avec la Grande Boucle depuis dix ans. Doit-on croire à trois semaines qui peuvent tout changer d'ici au grand départ quand l'écart est tel qu'on a un peu de peine pour un Jonas Vingegaard qui s'imaginait sans doute plus près, et plus prêt ? On n'ira pas jusqu'à dire que Pogacar fait disparaître les doutes mais sportivement, il n'y a, avec lui, que des certitudes.
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