Critérium du Dauphiné - 7e étape | La retraite de Romain Bardet : Les derniers frissons pour lui, l'adieu pour nous
Eurosport sur GoogleIl reste 133 kilomètres à la carrière de Romain Bardet. Dimanche, au Plateau du Mont-Cenis, il achèvera son histoire avec le cyclisme professionnel en même temps que se finira un Critérium du Dauphiné pendant lequel il aura encore essayé de gagner une dernière fois et tout simplement de prendre du plaisir. C'est la tête haute et fidèle à lui-même qu'il dira adieu au cyclisme.
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De l'Auvergne aux Alpes, c'est un peu sur l'encre de sa propre histoire que Romain Bardet passe et repasse. Là, il a imaginé le scénario de sa carrière. Ici, il a mis sur la route ce que son esprit avait osé imaginer. Romain Bardet n'a pas réalisé tous ses rêves en 14 ans de carrière mais ce dimanche quand les roues s'arrêteront de tourner, il partira sans regret ni reproche. S'il n'a pas tout réussi, il a en revanche tout essayé. A l'heure de dire adieu au coureur professionnel, on n'oubliera pas cette quête sans relâche du grand frisson.
Si Bardet n'avait dû avoir qu'un rêve, celui-ci aurait évidemment porté le nom de Tour de France. Personne dans l'Hexagone n'a poussé aussi loin le rêve de devenir le successeur de Bernard Hinault, de dompter cette course sans nulle autre pareille. D'autres ont peut-être approché de plus près l'incroyable fantasme d'être en jaune à Paris, quoique, mais l'Auvergnat a poussé si loin sa démarche qu'il s'y est un peu perdu, tiraillé entre la recherche de la perfection d'un côté, le plaisir d'une course au panache et sans penser au lendemain, de l'autre. Tout lui est un peu résumé ici.
Bardet fut au millimètre par nécessité, non par désir
Il y eut d'abord donc le Bardet millimétré. Cette préparation, ces stages, un apprentissage qu'il a aimé parce que l'homme et le coureur sont curieux de tout, ou presque. Pour atteindre son Graal, l'ancien d'AG2R s'est plié aux us d'une époque vampirisée par la Sky et son cyclisme sans folie ni déraison. Bardet n'aimait pas ça mais il a fait avec car les occasions de sortir du cadre étaient si rares. A Saint-Gervais Mont-Blanc, un jour où le ciel s'était déchaîné, il avait montré qu'il avait en lui un cyclisme plus débridé.
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Se rappeler de cette chevauchée, c'est se souvenir qu'il ne faut pas se tromper sur lui. Si Bardet a pu paraître l'un des symboles d'un cyclisme au millimètre, c'est par nécessité, plus que par désir. La fin de sa carrière colle plus au caractère profond de l'homme, aveu qu'il avait fait au soir de la journée la plus folle de sa carrière l'été dernier pour son ultime Tour de France.
La quête du frisson, jusqu'au bout
A Rimini, Bardet était aussi heureux du résultat que de la manière. Aussi heureux d'endosser le premier maillot jaune de sa carrière que d'avoir réussi cet exploit au bout d'une attaque que personne n'imaginait gagnante et d'une aventure à deux, ce qui dans son cas n'enlève jamais rien au bonheur qui le transporte, bien au contraire. Ces ultimes grands frissons étaient devenus sa raison d'être sur un vélo et tout ceci ne devait pas durer trop longtemps car Bardet n'est pas le genre de coureur à accepter sans moufter son recul dans la hiérarchie.
La quête du dernier frisson l'a mené jusqu'à ce Dauphiné en passant par le Giro où, comme un symbole, la pépite Isaac del Toro l'a privé d'un succès qu'il voulait tant. En Italie comme cette semaine, Bardet n'a cessé de se porter à l'avant parce qu'y croire, c'est peut-être ce qu'il a fait de mieux durant toute sa carrière et il n'y a rien de déshonorant là-dedans. Ce serait même tout le contraire. Il a cru, bien que cela paraissait impossible à d'autres, que le Tour de France était un rêve atteignable. Il a cru ensuite qu'une autre carrière était possible et celle-ci lui a permis de porter le maillot jaune. Il a cru, enfin, qu'il avait une dernière victoire dans les jambes, et c'est ce qui va lui assurer de partir la tête haute.
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Étape 8Val-d'Arc → Val-Cenis / 133.3 km
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L. MartinezTerminé
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