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"Pardon, Georg..."
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Publié 19/08/2005 à 11:00 GMT+2
Les plus belles victoires réclament parfois des sacrifices douloureux. Levi Leipheimer a signé un succès magistral jeudi lors de l'étape reine du Tour d'Allemagne. Pour cela, l'Américain a dû distancer son équipier Goerg Toschnig. Dur pour l'Autrichien, q
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Pour sa première victoire de la saison, Levi Leipheimer ne pouvait faire de sentiment. Pourtant, s'il mesure la valeur de son triomphe sur le glacier de Soelden, l'Américain de la Gerolsteiner sait pertinemment qu'il a privé son plus fidèle équipier de son rêve. Pour son étape reine, le Tour d'Allemagne faisait en effet escale en Autriche jeudi, sur les terres de Georg Totschnig.
La Gerol avait prévu son coup: amener Totschnig à la victoire d'étape, tout en plaçant Leipheimer pour le général. Mais dans l'ascension finale, la loi du plus fort a parlé. "Je me sens un petit peu coupable. Je sais que Georg voulait gagner à la maison, confesse Leipheimer. J'espère qu'il me pardonnera et que je pourrai lui renvoyer l'ascenseur dans les prochains jours ".
Holczer: "Je comprends sa déception"
L'Américain estime toutefois ne rien avoir à se reprocher d'un point de vue éthique: "A deux kilomètres de l'arrivée, je suis allé voir Georg et je l'ai attendu. Un peu plus loin, je me suis retourné, et il n'était plus là. Je devais agir, car Ullrich nous menaçait. Je me sentais très fort et je savais aussi que Georg avait gagné une belle étape sur le Tour". Sous-entendu, chacun son tour...
De son côté, le héros malheureux du jour masquait difficilement sa déception. "Je me sentais bien et j'avais vraiment envie de gagner. J'espérais que nous franchirions la ligne d'arrivée ensemble, car Levi est un bien meilleur rouleur que moi et je ne pourrais pas lutter pour le général. Mais il a pensé qu'il pouvait glaner quelques secondes supplémentaires sur Ullrich. Malheureusement pour moi", peste Tostchnig.
Mais pas question de parler de discorde au sein de la formation allemande. Hans-Michael Holczer, le manager de Gerolsteiner, a tenu à mettre les choses au point rapidement, épousant la cause de Leipheimer. "Je comprends la déception de Georg, explique-t-il. Mais avec Ullrich, chaque seconde compte et il est nécessaire parfois d'effectuer des choix douloureux."
Les limites de l'oeuvre collective
Totschnig a appris à ses dépens les limites de l'oeuvre collective dans le cyclisme. Sur ce plan, les Gerolsteiner ont pourtant frappé un très grand coup jeudi, dynamitant la course de manière impressionnante. "L'équipe a vraiment fait un super boulot , soulignait d'ailleurs Leipheimer. Fothen, Rebellin, Wegmann et Zberg ont effectué un travail énorme dans la montée."
A tel point que même Jan Ullrich fut incapable de suivre les deux compères de l'équipe allemande dans les derniers kilomètres. "A dix kilomètres du sommet, j'entendais déjà Jan respirer de plus en plus fort. J'ai su que ce serait une bonne journée pour nous", sourit Leipheimer. Et l'Américain de promettre une tournée générale au champagne pour le repas du soir. L'histoire ne dit pas si Totschnig a accepté de trinquer...
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