Eurosport
Heras, et maintenant?
Par
Publié 20/09/2005 à 07:00 GMT+2
Roberto Heras est donc passé à la postérité en devenant le premier coureur à enlever quatre fois le Tour d'Espagne, épreuve dont il a acquis une maîtrise quasi-parfaite ces dernières années. Légitimement fier, le leader de l'équipe Liberty Seguros doit ma
Eurosport
Crédit: Eurosport
4'36". Jamais Roberto Heras n'avait rallié Madrid avec une telle avance sur son dauphin. Un oeil distrait pourrait même croire que l'Espagnol s'est promené. Raccourci réducteur, car Denis Menchov l'a contraint à sortir le meilleur de lui-même pour pousser les portes de l'histoire. Jusqu'au coup de force de Pajares, le Russe semblait même en mesure de s'imposer.
Aujourd'hui, il peut l'avouer, Heras s'est posé des questions. "Après l'étape des Lacs de Covadonga, où Menchov est resté collé à ma roue, j'ai douté du résultat final, car il était vraiment très fort. Ce soir là, nous étions beaucoup moins optimistes", avoue le quadruple maillot or. 24 heures plus tard, tout avait basculé. "Je savais que tout pouvait se jouer à Pajares ", sourit-il.
"Ma meilleure Vuelta"
Ce fut effectivement le cas, au terme d'une de ces journées qui marquent aussi durablement l'esprit des vainqueurs que celui des vaincus. "Je n'oublierai pas l'image de mes équipiers m'attendant au pied de la Colladiella. C'est toute l'équipe Liberty Seguros qui a gagné", rappelle Heras, qui ne s'était il est vrai jamais autant appuyé sur ses hommes pour atteindre son objectif.
Reste qu'en gagnant deux étapes de montagne en solitaire, et en terminant deuxième du dernier contre-la-montre dans la même seconde que Ruben Plaza, le coureur de Bejar a brillé sur tous les terrains, plus encore que les années précédentes. "Je me suis vraiment senti très fort. C'est sans doute ma meilleure Vuelta, confirme-t-il. Je suis particulièrement heureux de ce que j'ai réussi dans le dernier chrono, c'est important pour l'avenir ".
Construire un nouvel avenir
L'avenir. Un mot qui va forcément trotter dans la tête du héros Heras, car il est encore temps, pour lui, à 31 ans, de s'en construire un nouveau. Où? Quand? Comment? La réflexion qu'il mènera ces prochaines semaines en concertation avec Manolo Saiz, l'inamovible manager de l'équipe Liberty Seguros, devrait permettre de lever cette triple interrogation.
Maintenant qu'il possède seul le record de victoires sur la Vuelta, Heras sait qu'une cinquième victoire à domicile n'apporterait pas grand chose à sa gloire. "La Vuelta est la course qui m'a le plus apporté, mais j'aimerai évidemment remporter un autre grand Tour", concède l'Espagnol. Il admet que le Giro, dont il avait pris la cinquième place à 24 ans lors de son unique participation, l'attire: "j'aime beaucoup cette course, même si je ne l'ai disputé qu'une fois".
Giro et Tour en 2006?
Mais c'est évidemment avec le Tour de France qu'il a un compte à régler. Depuis trois ans, il a systématiquement calé en juillet, sans vraiment comprendre pourquoi. A l'évidence, il a besoin de modifier son approche des évènements. Manolo Saiz a sa petite idée. "Je pense que Roberto est un coureur de seconde force. Pour être compétitif, il a besoin d'avoir beaucoup couru avant. Il est fort sur la Vuelta parce qu'il a fait le Tour juste avant", juge ce dernier.
D'où la probabilité, relativement élevée, de le voir en Italie en main 2006. Pour préparer le Tour, donc, et plus si affinités. "Je veux vraiment que Roberto gagne nu Tour à l'étranger, ajoute le bouillant Manolo. S'il vient sur le Giro, ce ne sera pas pour se reposer, mais bien pur gagner. Il est très ambitieux. Il me semble qu'il l'a prouvé". Reste à savoir si son quatrième sacre, même assorti d'un record, change vraiment la donne à ce niveau là.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité