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La Vuelta devient folle

La Vuelta devient folle
Par Eurosport

Le 11/09/2010 à 13:00Mis à jour Le 11/09/2010 à 19:00

Igor Anton qui abandonne, Joaquin Rodriguez vainqueur à Pena Cabarga et Vincenzo Nibali qui prend le pouvoir... Le Tour d'Espagne a vécu un tournant important samedi lors de la 14e étape. Victime d'une chute, Anton a dû quitter la course. Nibali ne compte que 4 secondes de marge sur Rodriguez.

Personne n'a encore gagné cette Vuelta. La hiérarchie est trop fragile, et les difficultés à venir trop nombreuses pour que ce soit le cas. Vincenzo Nibali, nouveau leader, sait sa position fragile et ses certitudes aussi minces que son avance aujourd'hui au classement général sur son dauphin, Joaquin Rodriguez, probant vainqueur samedi à Pena Cabarga. Personne n'a donc gagné pour l'instant. Mais Igor Anton, lui, a définitivement tout perdu.

Après sa victoire en Andorre mercredi, Anton se sentait capable de tout. Il nous tardait de voir comment il allait se comporter lors des trois grandes étapes de montagne consécutives qui se profilaient lors de ce week-end rallongé. Il n'aura jamais la réponse à ses questions et nous non plus. A quelques mètres du début de l'ascension finale, soit à un peu plus de 6 kilomètres de l'arrivée, le coureur de l'équipe Euskaltel s'est retrouvé au sol après une très lourde chute. Il a pu rapidement se relever, mais le sang perlait sur ses cuisses, ses bras et son dos. Son beau maillot rouge, déchiqueté, ne ressemblait plus à rien. Son cuissard non plus. Presque à nu, le Basque, hébété, est monté dans la voiture de son directeur sportif. Une triste sortie qu'il ne méritait pas, pas plus que son équipe, qui a aussi perdu dans l'affaire Egoi Martinez. Autre victime de marque, l'Italien de la Caisse d'Epargne, Marzio Bruseghin. S'il n'a pas abandonné, il est arrivé à plus d'un quart d'heure. Autant dire que, pour lui aussi, l'affaire est entendue.

Moncoutié encore là

La grande bagarre s'est donc déroulée sans Igor Anton et on ne peut que le regretter. Elle a été belle et intense, sur une pente courte (6 km), mais terriblement sélective, avec 9% de moyenne et un dernier kilomètre dantesque (un passage à 18% à 500m de la ligne). C'était beaucoup, beaucoup trop dur pour que les échappés du jour puissent résister aux favoris. Ils n'avaient plus assez de marge pour cela. Après avoir lâché David Millar (David Zabriskie avait cédé depuis longtemps), Niki Terpstra (encore à l'attaque!) aura été le dernier à rendre les armes, condamné pour de bon par le déclenchement des hostilités. Comme souvent, c'est Ezequiel Mosquera qui a placé la première banderille. Mais comme en Andorre, il fallait avant tout se montrer patient et attendre le bon moment.

Mosquera, malgré sa violente accélération, n'a pu dynamiter le groupe des ténors comme il l'aurait souhaité. A 1,5 km du sommet, le vétéran de Xacobeo a vu fondre sur lui Vincenzo Nibali, devenu par la force des choses le leader virtuel de la course. Mais à son tour, Nibali allait s'avérer trop court. Et c'est Joaquin Rodriguez, dans un troisième temps, qui allait en profiter. Ayant retenu les leçons d'Andorre, où il s'était mis dans le rouge et l'avait payé cher, "Purito" a visé juste cette fois. Dans le dernier kilomètre, il a planté Nibali pour aller chercher sa deuxième victoire d'étape sur la Vuelta, après celle acquise il y a... sept ans. Sur la ligne, le leader de Katusha a devancé Nibali de 20 secondes. Avec les bonifications, il revient même à quatre secondes de l'Italien au général.

Si la Vuelta a vécu un tournant, elle n'a donc pas encore basculé pour de bon. L'écart entre les principaux prétendants est toujours aussi mince. Au-delà des quatre secondes qui séparent Nibali et Rodriguez, Mosquera et Tondo ne sont qu'à 50 secondes. Pour ces quatre-là, tout reste jouable. Derrière, les écarts commencent à se creuser, puisque Nicolas Roche et Frank Schleck sont à 2'11" et 2'12" du leader. Voilà qui promet en tout cas une dernière semaine ouverte, au cours de laquelle David Moncoutié pourrait avoir son mot à dire. Excellent 4e samedi, le Lotois de Cofidis a conforté son maillot de meilleur grimpeur. Dommage qu'il porte comme un boulet les 10 minutes perdues à Murcie, car il a les jambes pour finir dans le Top 10. Il remonte tout de même au 16e rang, juste derrière Jean-Christophe Péraud. Pour lui, au moins, il y a encore de l'espoir. D'autres ne peuvent en dire autant.

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