Péraud passe tout près

Péraud passe tout près
Par Eurosport

Le 05/09/2010 à 12:43Mis à jour Le 05/09/2010 à 19:20

A l'avant toute la journée, Jean-Christophe Péraud (Omega Pharma-Lotto), longtemps leader virtuel, a finalement manqué le maillot rouge pour 52". A l'issue de cette 9e étape remportée en solitaire par David Lopez Garcia (Caisse d'Epargne), David Moncoutié (Cofidis) s'est emparé du maillot à pois.

Jean-Christophe Péraud y aura cru jusqu'au bout. Le vice-champion olympique de VTT, omniprésent en tête de l'échappée qui a ouvert la route toute la journée entre Calpe et Alcoy, n'a pas ménagé sa peine dès qu'il a su que le maillot rouge de leader pouvait s'offrir à lui. Trente-septième à 6'59" d'Igor Anton au départ de l'étape, le premier Français au classement mondial UCI s'est en effet retrouvé dans la position de leader virtuel quand l'Espagnol Carlos Barredo (Quick Step), mieux classé que lui au général, a disparu de l'échappée du jour, victime d'une fringale. A 20 kilomètres du terme de cette étape accidentée et propice aux coups de Trafalgar, le groupe dans lequel avait pris place le coureur de la formation Omega Pharma-Lotto comptait encore 8'45" d'avance sur le peloton. Malheureusement pour lui, l'ultime ascension du jour répertoriée au classement du meilleur grimpeur, l'Alto de Revolcat, sonna le glas de ses ambitions.

A cet instant, les rescapés de l'échappée de 15 coureurs qui s'était dégagée à la pédale au terme d'une première heure de course menée tambour battant se lancèrent dans les grandes manœuvres. Alors que David Moncoutié (Cofidis), vainqueur la veille à Xorret de Cati, Roman Kreuziger (Liquigas), David Lopez Garcia (Caisse d'Epargne), Egoi Martinez (Eusklatel) et Gianpaolo Caruso (Katusha) parvenaient à s'isoler en tête de la course, Péraud se retrouvait rejeté au deuxième échelon en compagnie d'Oscar Puyol (Cervelo) et du prometteur Français Blel Kadri (AG2R-La Mondiale). Pourtant solidement épaulé tout au long de l'étape par son équipier belge Jelle Vanendert, Péraud payait sans doute là la débauche d'efforts qu'il avait consentie depuis le départ de Calpe. A l'initiative de l'échappée avec Moncoutié, il n'a par la suite eu de cesse de relancer l'allure du groupe de tête pour se donner toutes les chances d'atteindre son objectif.

A l'arrivée à Alcoy, il ne lui a finalement manqué que 52 secondes. Septième de cette étape âprement disputée, il pourra regretter d'avoir calé dans le final. Malgré cette intense déception, le voilà replacé au 5e rang du classement général de cette Vuelta qui, jours après jours, s'annonce comme un grand cru. Excellent rouleur et très bon grimpeur, il semble désormais à même d'ambitionner une belle place à Madrid dans deux semaines. Huitième de Paris-Nice et 4e du Tour du Pays Basque pour sa première année au sein du peloton professionnel, l'ancien ingénieur de chez Areva a fait la démonstration de ses qualités de coureur par étapes. Reste maintenant à savoir si Péraud est capable de tenir la cadence sur une course de trois semaines puisqu'il dispute le premier grand tour de sa carrière sur cette Vuelta.

Les pois pour Moncoutié

AFP

Quatrième à l'arrivée à Alcoy au lendemain de sa victoire d'étape, "Moncoucou" a une nouvelle fois fait preuve de ses facultés de récupération et de sa combativité. Très impressionnant dans l'ultime difficulté du jour, il pourra toutefois regretter de n'avoir pas réussi à surprendre ses adversaires qui avait vu en lui l'homme à surveiller. Mais, le Lotois n'a pas pour autant perdu sa journée ce dimanche puisque qu'il a profité de sa présence dans l'échappée pour engranger 15 nouveaux points au classement de la montagne et ainsi déposséder l'Espagnol Serafin Martinez (Xacobeo-Galicia) du maillot blanc à pois bleus. Après avoir signé une troisième victoire d'étape en trois ans sur la Vuelta, le protégé d'Eric Boyer est en passe d'aller chercher un troisième titre de meilleur grimpeur. A 35 ans, il démontre ainsi qu'il possède encore la fougue d'un jeune premier sur son vélo. Fort de l'exemple de son aîné, Péraud, 33 ans, doit donc savoir qu'il a tout l'avenir devant lui.

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