Eurosport
Wiggins, jusqu'où?
Par
Publié 31/08/2011 à 21:09 GMT+2
La Vuelta a (encore) un nouveau leader. Bradley Wiggins s'est emparé du maillot rouge mercredi au terme de la 11e étape. Le Britannique est le 8e coureur à trôner au sommet de la hiérarchie depuis le départ de cette édition 2011. Le leader de l'équipe Sky peut-il aller au bout?
Eurosport
Crédit: Eurosport
Onze étapes, huit leaders. Le turnover incessant au sommet de la Vuelta a de quoi donner le tournis. Pour la cinquième fois lors des cinq derniers jours de course, le maillot rouge a passé la main. Après Sylvain Chavanel, Joaquim Rodriguez, Bauke Mollema et Christopher Froome, c'est Bradley Wiggins qui a pris le pouvoir mercredi à la Manzaneda. Le Britannique est le nouveau leader, mais peut-il être le patron qui manque encore à cette édition 2011? En tout cas, il ne se cache pas. S'il peut gagner ce Tour d'Espagne, il ne s'en privera pas.
Sa prise de pouvoir s'est presque effectuée par défaut lors de cette 11e étape. Les écarts sont si faibles sur cette Vuelta que les ténors n'ont pas vraiment le loisir de calculer dans les derniers kilomètres. "Quand j'ai accéléré dans le final, je ne pensais pas forcément au maillot, avoue d'ailleurs Wiggo, même si je savais que c'était une possibilité. Je voulais surtout imprimer un tempo le plus rapide possible. Je me sentais vraiment très bien aujourd'hui, même si ce n'est jamais évident au lendemain d'une journée de repos. Mais si j'avais été 5e ou 6e du général ce soir, ça n'aurait pas eu d'importance." Finalement, il est premier. Parce que Christopher Froome, son coéquipier chez Sky, a coincé.
Le sacrifice de Froome
On a pu s'étonner de voir ce dernier rouler à bloc dans la dernière montée, alors qu'il portait tout de même le maillot rouge de leader. Mais chez Sky, il n'y a aucune ambiguité. "Chris a fait un super contre-la-montre lundi, mais nous avons décidé juste après de ne pas changer nos plans", explique Wiggins. En clair, il n'y a qu'un seul leader, et c'est lui. Tant pis pour Froome. "J'ai prouvé mon statut de coureur de classement général et je suis venu pour jouer le général. Alors il n'y a aucune raison de changer ce que nous avions prévu au départ", juge Wiggins." A voir la façon dont il s'est dépouillé pour son leader, sans la moindre arrière-pensée, cette position ne semble pas poser de problème à Froome. "Chris a été fantastique aujourd'hui. Il a roulé à 100%, il a tout donné pour moi et c'est ce qui rend cette équipe si spéciale", estime Wiggins.
Chez Sky, cette nouvelle étape de montagne a donc simplement permis de mettre en conformité la hiérarchie interne avec celle du classement général. Désormais, Wiggins devance Froome. Mais les vrais adversaires sont ailleurs. A vrai dire, ils sont partout. Comment contrôler une course quand les cinq premiers du classement se tiennent en moins de 20 secondes et les 15 premiers en trois minutes? Quand on lui demande d'où vient le principal danger, Wiggins a toutefois une idée assez précise de la chose. "Le principal adversaire, c'est Nibali, dit-il. Mais je ne peux écarter Joaquim Rodriguez. Il est capable de tout en montagne. Mais aujourd'hui, il a attaqué près de l'arrivée et il est encore assez loin au général. Il n'y avait donc pas de raisons de paniquer." Purito n'a effectivement repris que sept secondes dans l'affaire. Autant dire rien puisqu'il navigue à trois minutes.
Puisqu'il n'y a plus le moindre contre-la-montre à l'horizon, Wiggins est néanmoins condamné à gagner cette Vuelta en montagne. Ça tombe bien, il grimpe mieux que jamais. Mais attention, d'ici la fin de la semaine, il devra faire face à des cols beaucoup plus difficiles, avec en point d'orgue l'Angliru. Là-bas, il ne sera plus question de montées roulantes comme les affectionne le Britannique. "Je ne m'emballe pas, la Vuelta est encore très longue, je le sais", concède le nouveau leader. Mais pas question de bouder pour autant son plaisir. Ce maillot, Wiggins l'apprécie d'autant plus après ses malheurs du Tour de France. "Je n'aurais pas imaginé avoir le maillot à mi-Vuelta après ma grosse chute du Tour de France. Je ne savais pas trop comment les jambes allaient répondre." Et Wiggo de finir sur une promesse: "Maintenant, je vais me battre jusqu'au bout pour l'avoir çà Madrid."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité