AFP

Cobo en matador

Cobo en matador
Par Eurosport

Le 04/09/2011 à 12:49Mis à jour Le 04/09/2011 à 19:56

Juan Jose Cobo (Geox) a pris le pouvoir sur la Vuelta dimanche. L'Espagnol s'est envolé sur les pentes infernales de l'Angliru. Vainqueur de la 15e étape en solitaire, il devance désormais au général les deux Britanniques de Sky, Christopher Froome et Bradley Wiggins. Vincenzo Nibali est loin.

L'Angliru a rendu son verdict. Il est limpide. Sur ce col aux limites du vraisemblable, avec ses six derniers kilomètres à 13,6% de moyenne (de moyenne !), impossible de se cacher. De biaiser. De finasser. Tout le monde est au taquet et la hiérarchie s'établit d'elle-même. La loi du plus fort s'impose à tous et le plus fort, dimanche, c'était incontestablement Juan Jose Cobo. Personne n'a pu suivre l'Espagnol de la Geox, qui s'est envolé irrésistiblement pour s'imposer en solitaire. Une victoire assortie d'une prise de pouvoir au classement général. A une semaine de l'arrivée, la Vuelta 2011 s'offre un neuvième leader (un record). Peut-être le dernier...

Cette 15e étape que l'on annonçait comme charnière l'a bien été. Elle a vraiment débuté à un peu plus de six kilomètres de l'arrivée, à l'endroit où la pente, de sévère (7% sur la 6 premiers kilomètres), devient surréaliste. Tout ce qui s'était passé avant relevait dès lors de l'anecdote: les multiples tentatives avortées de Sylvain Chavanel en début d'étape. L'échappée de Simon Geschke, Dimitri Champion et Andrew Talansky, repris au pied de l'avant-dernier col. L'offensive de David Moncoutié dans ce même col, qui a permis au Français de conforter son maillot de meilleur grimpeur, avant de finir à neuf minutes au sommet de l'Angliru. Ou encore les escarmouches de Carlos Sastre et Igor Anton, dans la première partie de l'Angliru. Non, tout cela ne comptait plus.

Les masques sont tombés

Ce 15e acte a en fait pris une toute autre dimension lorsque Juan Jose Cobo a sorti de sa roue tous les autres favoris, dont Bradley Wiggins. Ce dernier ne le savait pas encore, mais en laissant filer l'Espagnol, c'est son maillot rouge qu'il voyait partir. Doucement mais sûrement, Cobo a creusé l'écart. 13 secondes à cinq kilomètres de l'arrivée. 30 un kilomètre plus haut. Christopher Froome s'est démené comme un beau diable pour traîner Bradley Wiggins, mais dans les passages à plus de 20%, à un peu plus de deux kilomètres du sommet, Wiggo s'est affaissé pour de bon. Sa grande carcasse ne pouvait plus tenir. Chez Sky, le leadership a alors changé d'épaules. Froome, visiblement plus fringant, a enfin pu jouer sa carte, par la force des choses. Mais ça n'a pas suffi pour garder le maillot rouge dans le giron britannique.

Car devant, Cobo a dompté comme personne cet Angliru qui semble s'offrir uniquement aux Espagnols. Après Jimenez, Heras et Contador, JJC a inscrit son nom au palmarès du géant des Asturies. Plus important encore, il s'installe donc en tête de cette Vuelta toujours indécise, mais à la hiérarchie désormais nettement aérée. Christopher Froome, lui, est toujours deuxième. Malheureusement pour lui, il a été devancé sur la ligne d'arrivée par Wouter Poels et Denis Menchov. Sa quatrième place ne lui rapporte aucune bonification. Cobo, lui, a pris 20 secondes en s'imposant. 20 secondes, c'est exactement ce qui sépare aujourd'hui l'Espagnol de Christopher Froome au général. Bradley Wiggins, troisième, est repoussé à 46 secondes. Cinquième au sommet de l'Angliru, on ne peut pas dire qu'il se soit effondré. Mais il est tombé sur plus fort que lui.

Dire qu'il y a encore 48 heures, les quatre premiers se tenaient en neuf secondes... Désormais, ils ne sont plus que trois dans la même minute. Beaucoup de masques sont tombés. Celui de Vincenzo Nibali, par exemple. Le tenant du titre est repoussé au huitième rang et à près de trois minutes trente de Cobo. Joaquim Rodriguez a perdu ses illusions lui aussi. Il ne se bat plus que pour un Top 10. Parmi les naufragés du jour, citons Fredrik Kessiakoff. Le Suédois comptait sur ce week-end pour voir ce qu'il pouvait espérer. Il est fixé. Malade au pire moment, il a pris plus de 20 minutes dans l'Angliru. D'autres continuent de s'accrocher, comme Bauke Mollema, encore épatant et toujours dans le coup. Il peut se passer encore beaucoup de choses en troisième semaine. Mais l'impression laissée par Juan Jose Cobo a tout de même de quoi déprimer la concurrence.

0
0