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Les surprises de la Covatilla

Les surprises de la Covatilla
Par Eurosport

Le 28/08/2011 à 12:40Mis à jour Le 28/08/2011 à 20:32

Joaquim Rodriguez et Michele Scarponi qui coincent, Bradley Wiggins à l'attaque, la 9e étape de la Vuelta a offert un scenario inattendu sur les pentes de la Covatilla dimanche. Deuxième derrière l'Irlandais Daniel Martin, le Néerlandais Bauke Mollema (Rabobank) s'empare du maillot rouge de leader.

Les héros ne sont pas toujours ceux qu'on attend. A la veille du contre-la-montre de Salamanque qui ne leur sera a priori pas favorable, on pensait voir les grimpeurs Joaquim Rodriguez et Michele Scarponi passer à l'attaque à la Covatilla dimanche. L'Espagnol et l'Italien sont au final les deux grands perdants de cette 9e étape. Rodriguez a même cédé son maillot rouge de leader. Le nouveau leader de ce Tour d'Espagne se nomme Bauke Mollema. En prenant, derrière l'irlandais Daniel Martin, la deuxième place derrière et les 12 secondes de bonifications qui l'accompagnent, le jeune Néerlandais a pris le pouvoir pour... une seconde devant Rodriguez.

Comme prévu, cette journée a viré à la course de côte entre les favoris. Une fois le dernier rescapé de l'échappée, l'Allemand Sebastian Lang, repris à moins de sept kilomètres de l'arrivée, la grande explication a pu commencer. Ce qui était nettement moins attendu, c'est la défaillance des deux premiers de l'étape de la veille, Rodriguez et Scarponi. Ce dernier est pourtant passé à l'attaque, mais il a complètement explosé dans les trois derniers kilomètres. C'est Bradley Wiggins, bien aidé par son compère de l'équipe Sky, Christopher Froome, qui a causé sa perte et celle du maillot rouge. Profitant du vent de face, les deux costauds britanniques ont embrayé sur une portion moins pentue, provoquant presque une bordure dans le groupe des favoris.

Wiggins et Froome, quel numéro !

Dans l'affaire, Rodriguez a perdu quasiment tout le bénéfice de sa victoire de samedi. Il a coupé la ligne 50 secondes après Daniel Martin. Plus que la perte de son maillot de leader, c'est le temps cédé sur ses principaux rivaux qui pose problème. Surtout sur son terrain de prédilection. Bradley Wiggins, grand bénéficiaire du jour, lui reprend 46 secondes. Vincenzo Nibali 39, Denis Menchov 38, Jurgen Van den Broeck 30. Autant de coureurs qui vont encore le distancer lundi à Salamanque dans le chrono. Pour Scarponi, l'addition est encore plus salée. Le leader de l'équipe Lampre, arrivé avec un Igor Anton encore convalescent, a lâché 1'50". La position de ces deux-là s'est considérablement fragilisée. Autre perdant du jour, Janez Brajkovic (29e de l'étape à 1'27" du vainqueur), mais lui peut compter sur le contre-la-montre pour se requinquer.

Daniel Martin et Bauke Mollema, eux, ont le sourire. L'Irlandais n'a pas volé sa victoire. Il a été un des premiers à attaquer dans la dernière montée et son succès est légitime. Il a parfaitement géré son sprint pour déborder Mollema et Juan Jose Cobo. Il se donnait 48 heures pour savoir s'il visait le général ou s'il irait chercher une victoire d'étape. Pour l'étape, c'est donc fait. C'est sans doute la plus belle victoire de sa carrière. Autre brillant élève de la promo 1986, Bauke Mollema s'annonce comme un excellent coureur par étapes. Il est trop tôt pour dire si le grimpeur néerlandais peut jouer durablement un rôle majeur dans cette Vuelta, mais il serait dangereux de le sous-estimer.

A deux semaines pile de l'arrivée à Madrid, cette édition 2011 est bien loin d'avoir livré son verdict. On l'a vu ce week-end, la vérité du jour n'est pas forcément celle du lendemain. Les 13 premiers se tiennent en une minute. Parmi eux, Mollema, Rodriguez, Nibali, Van den Broeck, Fuglsang, Zubeldia, Martin et Wiggins. Scarponi, Brajkovic ou Menchov, dont le retard avoisine les deux minutes, ne sont pas hors course non plus. Tout reste à faire. Mais le contre-la-montre de Salamanque va sans doute marquer un cap important. Il pourrait à nouveau bouleverser sensiblement la hiérarchie, décidément bien fragile d'un jour à l'autre. C'est tout le charme de cette Vuelta.

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