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Liquigas, le bon coup de Cordoue

Liquigas, le bon coup de Cordoue
Par Eurosport

Le 25/08/2011 à 12:27Mis à jour Le 25/08/2011 à 19:03

L'équipe Liquigas a frappé un grand coup dans le final de la 6e étape jeudi à Cordoue. Résultat, victoire pour le jeune Peter Sagan et 17 secondes prises à ses principaux rivaux pour Vincenzo Nibali. De son côté, le Français Sylvain Chavanel (Quick Step) a conservé son maillot rouge de leader.

Il se passe quelque chose tous les jours sur ce début de Vuelta. Les grands rendez-vous sont encore à venir mais les principaux favoris profitent à fond du terrain proposé par les organisateurs dans cette première semaine. Au lendemain de la victoire de Joaquim Rodriguez, c'est le tenant du titre, Vincenzo Nibali, qui a repris l'initiative jeudi à Cordoue. Dans le final, le leader de la Liquigas est sorti avec... quatre de ses équipiers pour semer un peloton disloqué. Il en tire un bénéfice comptable et un petit ascendant psychologique. Et comme son jeune lieutenant Peter Sagan s'est offert le gain de l'étape, ce 6e acte a pris des allures de triomphe pour la formation italienne.

Si les Liquigas peuvent nourrir un seul regret, c'est de ne pas avoir réussi à placer Nibali sur le podium du jour. Le Sicilien a dû se contenter de la quatrième place. Son gain net se limite donc à celui enregistré sur la ligne d'arrivée. Il n'est pas négligeable, puisqu'il prend 17 secondes à des garçons comme Rodriguez ou Scarponi, arrivés dans un petit groupe où figurait également Sylvain Chavanel, toujours en rouge, et 23 sur Van den Broeck, Wiggins ou Menchov. C'est surtout, pour lui, une façon d'affirmer la force collective de son équipe. C'est vrai, en gagnant l'étape, Nibali aurait pris le maillot de leader. Mais chaque chose en son temps...

Moncoutié encore à l'attaque

Au milieu du quatuor vert et blanc, il y avait un intrus, Pablo Lastras, qui n'avait aucune intention de laisser les Liquigas manœuvrer à leur guise dans la dernière ligne droite. Egaré au milieu de ce contre-la-montre par équipes improvisé aux abords ce Cordoue, l'Espagnol entendait bien jouer sa carte et s'offrir une deuxième victoire après celle acquise lundi devant Sylvain Chavanel. Du coup, quand il a vu le coureur de l'équipe Movistar lancer son sprint et déborder Nibali, Peter Sagan a produit son effort. Il aurait été impardonnable pour la Liquigas de laisser filer la victoire vu le contexte. Mais Sagan, avec sa vélocité, a réglé le problème. A 21 ans, il a beau être le benjamin de cette Vuelta, il offre une nouvelle preuve de son incroyable talent. C'est sa première victoire sur un grand Tour. Il y en aura d'autres.

C'est dans la partie finale de la descente de l'unique difficulté du jour, l'Alto del Catorce por ciento (littéralement, le col des 14%), que le destin de cette étape s'est noué. Comme ils l'avaient prévu lors du briefing matinal, les Liquigas ont pris l'initiative. Une fois revenus sur le quatuor composé de David Moncoutié (à nouveau à l'attaque, le Français a franchi le sommet seul en tête pour se placer au classement de la montagne), Tony Martin, Kevin Seeldrayers et David De La Fuente, les hommes de Nibali ont habilement semé la zizanie. Profitant de la désorganisation du peloton (il y en avait partout dans cette descente sinueuse), ils ont réussi à piéger leurs rivaux dans les dix derniers kilomètres. Nibali est sorti avec Sagan, mais aussi Agnoli et Capecchi, et seul Lastras a donc pu les accompagner. Personne n'allait les revoir.

Dans cette étape, il fallait oeuvrer au bon moment, et c'est ce que les Liquigas ont su faire, contrairement aux Garmin ou aux Leopard Trek, qui ont beaucoup roulé, notamment derrière la principale échappée du jour (avec le Letton de Cofidis, Aleksejs Saramotins), mais ont ensuite été incapables de réagir au coup de force de la bande à Nibali. L'Italien est venu rappeler qu'il restait le favori de cette Vuelta, à défaut d'en être devenu le leader. Un statut que Sylvain Chavanel n'est pas fâché de conserver, même si la marge du Poitevin est ténue. Il a certes repris six secondes à Daniel Moreno, mais Nibali s'est rapproché à 16 secondes. C'est peu, avant le rendez-vous de dimanche, au sommet de la Covatilla.

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