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Moncoutié passe la quatrième

Moncoutié passe la quatrième
Par Eurosport

Le 31/08/2011 à 12:27Mis à jour Le 31/08/2011 à 18:22

David Moncoutié (Cofidis) a signé mercredi sa quatrième victoire sur la Vuelta en s'imposant au sommet de la Manzaneda. Le Français s'est montré le plus fort après avoir pris la bonne échappée. Bradley Wiggins (Sky) a de son côté pris le maillot rouge de leader, mais les écarts restent faibles.

David Moncoutié a pris de très bonnes habitudes depuis quelques années sur le Tour d'Espagne. Une fois encore, le vétéran français a été fidèle au rendez-vous qu'il s'était fixé. Mercredi, il a appliqué à la lettre le scenario prévu par Cofidis lors de la 11e étape. Le Lotois a pris la bonne échappée, avant de s'envoler irrésistiblement dans l'ultime ascension vers la Manzaneda. Avec cette quatrième victoire d'étape en quatre ans, il prolonge son histoire d'amour avec la Vuelta. Il restera comme le héros d'un 11e acte par ailleurs assez décevant en ce qui concerne la lutte entre les favoris, même si le maillot rouge a changé d'épaules, mais pas d'équipe ni de nationalité, en abandonnant Christopher Froome pour rejoindre Bradley Wiggins.

Largement distancé au classement général (il pointait à plus de 10 minutes et au-delà de la 30e place après le contre-la-montre de Salamanque lundi), Moncoutié ne s'est pas préoccupé de ce qui se passait derrière. Et pour cause, il a couru devant toute la journée. Le premier objectif pour lui était d'attraper le bon coup. Après une première heure de course extrêmement nerveuse, il y est parvenu, en se glissant dans un groupe de 19 coureurs. L'entente n'y a pas toujours été parfaite, mais cette échappée était suffisamment inoffensive dans l'optique du général pour que le peloton la laisse filer. Avec six minutes d'avance au pied de l'ascension finale, il était évident que le vainqueur se trouvait parmi les attaquants du jour. Parmi eux, David Moncoutié était sans doute, intrinsèquement, le meilleur grimpeur du lot.

Des leaders mais pas de patron

Alors il n'a pas tardé à attaquer. Une première fois, d'abord, à 16 kilomètres de l'arrivée. Les plus costauds se sont accrochés, notamment le jeune Benat Intxausti (Movistar), dont on a cru un temps qu'il pourrait contrarier les intentions du Français. Mais dès que la pente a flirté ou dépassé les 10%, Moncoutié en a remis une couche. Et à un peu moins de 12 kilomètres du but, le coureur de Cofidis s'est définitivement envolé, pour s'imposer avec plus d'une minute d'avance sur Intxausti et Luis Leon Sanchez. Du beau travail. Son prochain objectif? Le maillot de meilleur grimpeur. Il n'est qu'à un petit point de Matteo Montaguti (AG2R), nouveau leader du classement de la montagne. Mais vu ses jambes, Moncoutié a toutes les chances de se succéder à lui-même au palmarès.

Autant David Moncoutié nous a ravis, autant les ténors ont laissé sur leur faim ceux qui attendaient une grande explication. Il a fallu attendre les tous derniers kilomètres pour voir certains favoris bouger. Et encore. Sorti peu avant la flamme rouge, Joaquim Rodriguez a repris sept secondes à ses principaux adversaires, dont Vincenzo Nibali et Bradley Wiggins. Ce n'est pas comme ça qu'on y verra plus clair. Pas vraiment de grand gagnant, mais deux principaux perdants: ceux qui occupaient les deux premières places du général au départ de Verin. Christopher Froome, d'abord. Le Britannique a énormément bossé pour Wiggins dans l'ascension finale. Drôle d'image que celle d'un maillot rouge de la Vuelta en train de se mettre à la planche comme un simple équipier. Mais voilà sans doute ce que Froome reste chez Sky, en dépit de sa prise de pouvoir lundi. Un simple équipier. Payant ses efforts, il a coincé dans les deux derniers kilomètres.

Ce petit coup de buis aurait pu profiter à Jakob Fuglsang, son dauphin. Mais le Danois a souffert lui aussi dans le final, abandonnant plus de 30 secondes à Rodriguez. Du coup, c'est Bradley Wiggins qui tire les marrons du feu. On l'attendait au sommet de la hiérarchie à Salamanque après le chrono, c'est finalement en montagne que le vainqueur du Dauphiné est allé chercher ce maillot. La valse des maillots rouges continue donc et elle n'est peut-être pas finie, vu l'étroitesse des écarts. Les cinq premiers du général se tiennent en 19 secondes. En voyant un peu plus large, les 10 premiers ne sont séparés que par deux minutes. Cette Vuelta a beaucoup de leaders depuis quelques jours, mais elle se cherche encore un patron.

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