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Rodriguez injouable

Rodriguez injouable
Par Eurosport

Le 27/08/2011 à 12:28Mis à jour Le 27/08/2011 à 19:20

Mettant à profit un dernier kilomètre de folie avec des passages à 28% dans le mur final, Joaquim Rodriguez (Katusha) a remporté la 8e étape de la Vuelta samedi à San Lorenzo del Escorial. L'Espagnol s'empare également de la tête du classement général au détriment de Sylvain Chavanel.

Joaquim Rodriguez avait fait le modeste samedi matin au départ. Tout le monde le désignait archi-favori de cette 8e étape. Personne n'est invincible, répondait l'Espagnol. Mais tout le monde avait raison. Sur une arrivée telle que celle-ci, avec 800 derniers mètres à 18% de moyenne et des passages à 27 et 28%, personne ne peut inquiéter Purito. Le seul capable de rivaliser avec son jump phénoménal sur un tel terrain s'appelle Philippe Gilbert et il n'est pas sur la Vuelta. Sans surprise, il s'est donc imposé à San Lorenzo de El Escorial, s'offrant au passage le maillot rouge de leader. C'était une arrivée parfaite pour lui. Il n'a pas raté l'occasion de frapper à nouveau.

Quelle première semaine pour Rodriguez et, au-delà, pour l'équipe Katusha. C'est la troisième victoire de la formation russe, la deuxième pour Rodriguez. Ce dernier trône donc désormais au sommet de la hiérarchie et son dauphin n'est autre que son coéquipier Daniel Moreno. Au-delà de la victoire, Purito a effectué une excellente opération comptable samedi. Bonifications comprises, il a pris 17 secondes à Michele Scarponi, 30 à Jurgen Van den Broeck, 36 à Denis Menchov, plus de 40 à Bradley Wiggins et Janez Brajkovic et, surtout, 52 à un Vincenzo Nibali bien peu à l'aise dans ce terrible mur d'arrivée. L'Italien apparait comme le grand perdant du jour parmi les favoris.

Chavanel passe la main

Pour Joaquim Rodriguez, la seule problématique consistait à ce que le peloton arrive groupé sous la flamme rouge. A partir de là, ce serait à lui de jouer. Tout au long de l'après-midi, le Catalan a donc fait rouler son équipe. D'abord derrière l'échappée de quatre coureurs qui s'est formée en début d'étape, où l'on a retrouvé, comme la veille, le Français Julien Fouchard (Cofidis), mais aussi Adrian Palomares (Andalucia), Heinrich Haussler (Garmin) et Matteo Montaguti (AG2R). Mais après avoir compté jusqu'à neuf minutes d'avance, ils ont rapidement compris que leur offensive était vouée à l'échec. Dans les 20 derniers kilomètres, la maîtrise des Katusha fut tout aussi parfaite lorsque les Cofidis ont embrayé avec Rein Taaramae et David Moncoutié. Wouter Poels (Vacansoleil) a lui aussi tenté sa chance. Mais la machine russe n'a rien laissé passer.

Cette victoire, Rodriguez la doit donc à son formidable punch, mais aussi à l'impeccable travail de toute son équipe. Tous les adversaires de Purito ont ensuite baissé pavillon dans le dernier kilomètre. Seul Scarponi a voulu prendre l'initiative, mais dès que Rodriguez a placé son accélération, l'Italien est resté impuissant. Sylvain Chavanel, lui, n'a même pas cherché à lutter. A la régulière, le champion de France savait pertinemment qu'il n'avait aucune chance, vu sa faible marge de manoeuvre au général. Voilà sans doute pourquoi il avait essayé, en vain, de se glisser dans une échappée en tout début d'étape. Posté à l'arrière du peloton, il a effectué la dernière montée à son rythme. Il a perdu plus d'une minute dans l'ascension, et par la même occasion le maillot rouge qu'il portait depuis quatre jours. Dimanche, sur la route de la Covatilla, il retrouvera sa tunique tricolore et, avec elle, une certaine forme liberté.

Joaquim Rodriguez, lui, tentera de mettre à profit cette nouvelle arrivée au sommet pour distancer certains rivaux avant le chrono de Salamanque lundi, nettement moins favorable à son petit gabarit. C'est dans cet exercice qu'il avait ruiné ses chances de victoire finale l'an dernier. Il convient de ne pas l'oublier. Même s'il a frappé très fort samedi, Rodriguez sait que cette Vuelta est encore très longue.

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