AFP

Un duel, un vrai

Un duel, un vrai
Par Eurosport

Le 07/09/2011 à 12:31Mis à jour Le 07/09/2011 à 18:39

Fabuleux final à Pena Cabarga lors de la 17e étape de la Vuelta. Juan Jose Cobo et Christopher Froome ont offert un grand moment de cyclisme dans le dernier kilomètre. Froome s'est imposé juste devant l'Espagnol, qui reste en rouge, mais avec seulement 13 secondes d'avance sur son rival.

Pour cette dernière arrivée au sommet avant Madrid, la grande bagarre a tardé à se déclencher. Mais ça valait le coup d'attendre. Les deux meilleurs coureurs de cette Vuelta, Juan Jose Cobo et Christopher Froome, se sont isolés en tête de la course sous la flamme rouge. Il n'y avait plus qu'eux. Cette édition 2011 a longtemps eu trop de prétendants. On n'y voyait plus clair. Mercredi, enfin, la course a tourné au mano a mano. Il a été somptueux. C'est le kilomètre de l'année (à 16% de pente moyenne !) qu'on offert les deux hommes qui, tels deux boxeurs déchainés, se sont rendus coup pour coup.

Au terme de ce combat d'une rare intensité, Juan Jose Cobo a sauvé l'essentiel. Il est toujours en rouge. A 500 mètres de l'arrivée, ce n'était franchement pas gagné. Dans un premier temps, l'Espagnol a semblé en mesure de résister à l'impressionnant démarrage de Christopher Froome. Le leader de la Geox s'est calé dans la roue de son dernier rival, puisque Bradley Wiggins, lui avait lâché prise. Puis, d'un seul coup, Cobo a craqué devant le forcing de son adversaire, dressé sur ses pédales et absolument déchainé, galvanisé à l'idée de faire craquer le seul homme qui le sépare encore d'une improbable consécration.

Wiggins émoussé

Vu le faible écart entre les deux hommes au général (22 secondes), et sachant qu'il y avait 20 secondes pour le premier et 12 pour le deuxième au sommet, Froome semblait alors en mesure de réussir un incroyable coup double en s'octroyant non seulement le gain de l'étape mais aussi le maillot rouge. Mais on n'avait encore rien vu... A moins de 300 mètres de la ligne, Cobo a semblé soudain se refaire la cerise. A l'inverse, Froome, lui, commençait à piocher. Après avoir comblé la petite cinquantaine de mètres qui le séparait du Britannique, Cobo allait réussir à le déborder. Incroyable retournement de situation. Mais ce n'était pas le dernier. Dans le tout dernier virage, Froome portait l'ultime estocade pour s'offrir la plus belle victoire de sa carrière. Ouf.

Sur la ligne, "Frommey" a pris une seconde au coureur espagnol, lequel conserve donc le maillot rouge pour 13 petites secondes. 13 secondes, c'est à la fois peu et beaucoup. Peu, car avec ces bonifications, aux arrivées et aux sprints intermédiaires, tout peut basculer très vite. Peu, car cette Vuelta a été éreintante et personne n'est à l'abri d'une défaillance d'ici dimanche, avant les trois étapes usantes qui s'annoncent. Mais 13 secondes, c'est aussi beaucoup de temps à reprendre pour Christopher Froome, sachant que Pena Cabarga constituait la dernière arrivée au sommet. Cobo a-t-il fait le plus dur? Peut-être. Mais on n'y mettra pas notre main au feu.

Ce qui parait en revanche acquis, c'est que la victoire finale n'échappera pas à un des deux invités surprises de ce Tour d'Espagne. Bradley Wiggins, toujours troisième, est repoussé à 1'41". Il ne regarde plus devant, mais derrière lui, car Bauke Mollema, troisième de l'étape et nouveau maillot vert au détriment de Joaquim Rodriguez, entend bien l'éjecter du podium. Le jeune Néerlandais de la formation Rabobanl n'est plus qu'à 24 secondes d'un Wiggins visiblement émoussé dans cette troisième semaine. Mais ce duel là passe clairement au second plan désormais. A présent, c'est Cobo contre Froome. Deux garçons que personne n'attendait.

0
0