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Le patron, c'est Rodriguez

Le patron, c'est Rodriguez
Par Eurosport

Le 01/09/2012 à 17:42Mis à jour Le 01/09/2012 à 20:38

Joaquim Rodriguez (Katusha) a signé une nouvelle victoire, samedi lors de la 14e étape. En s'imposant à nouveau devant Alberto Contador (Saxo Bank), le Catalan a conforté son maillot rouge.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Ce proverbe n’aura jamais aussi bien collé à la peau de Joaquim Rodriguez. Une fois encore, Purito a fait sa spéciale à Alberto Contador. Sans jamais s'affoler, il a répondu à son rythme aux attaques répétées de ce dernier dans l'ascension finale de la 14e étape, sur les pentes du Puerto de Ancares (1re cat) avant de le déposer une fois de plus à 200m de la ligne et de faire parler son punch. Un scénario devenu un grand classique de cette Vuelta 2012, mais toujours aussi efficace pour ce diable de maillot rouge qui, à l’issue de la première grande explication de montagne, a repris du temps à son dauphin.

Et pourtant, la Saxo Bank a longtemps annoncé la couleur. Un peu trop peut-être. Derrière la large échappée (16 coureurs dont Kadri, Molard et Moncoutié) partie après 17 km, la formation danoise a pris la course à son compte, roulant fort. Trop parfois du goût même de son leader qui tenta de calmer les ardeurs de ses coéquipiers à plusieurs reprises tout au long des cinq ascensions du jour. Contador semblait fringant en danseuse sur sa machine, se payant le luxe, notamment dans Ancares, de redescendre à la hauteur de ses adversaires pour juger de leurs forces tandis que ses troupes imprimaient un tempo élevé. Le Madrilène a-t-il présumé de ses forces ou a-t-il bluffé toute la journée ? Seul lui le sait. Tactiquement, entre l’alto Folgueiras de Aigas et Ancares, le Pistolero n’a pas su retrouver l’explosivité qu’on lui connaît.

Contador perd encore du temps

Certes, son équipe a écrémé le peloton pour limiter le groupe aux vrais favoris, auxquels se sont ajoutés le surprenant Américain Andrew Talansky, Nicolas Roche et Laurens Ten Dam. Mais tous les ténors avaient encore au moins deux équipiers à leurs côtés. Il aura fallu attendre près de 146 km - sur 149 - pour voir Contador placer une première accélération, et 147 pour une attaque plus tranchante. Si Christopher Froome a sauté sur la première avant de revenir sur Purito et Valverde, lâchés sur la seconde, pour un dernier baroud d’honneur en forme d’attaque de courte durée, le Pistolero n’a jamais réussi à créer un écart irréversible sur ses deux compatriotes.

Car sur une Vuelta où les bonifications valent de l'or, les coups dans l’eau se paient cash. A la Gallina, il l’avait déjà appris à ses dépens, pensant filer vers la victoire avant de voir Rodriguez et Valverde revenir pour le coiffer sur la ligne. La leçon n’a pas servi. Incapable de profiter de sa supériorité technique sur Purito dans les longues ascensions, Contador perd encore du terrain. Le leader de la course, revenu dans sa roue à 500m du but, lui prend neuf secondes supplémentaires (cinq sur la ligne et quatre autres via les bonifications).

Le casse-tête Clarke de Moncoutié

A une semaine de l'arrivée à Madrid, le Barcelonais compte désormais 22 secondes de marge sur le leader de la Saxo Bank. Bien sûr, c'est peu dans l'absolu. Mais Contador, qui arrivait sur son terrain ce week-end, continue pour l'instant de se heurter à un problème dont il n’a visiblement pas la solution. A moins qu’il n’ait pas pris Rodriguez suffisamment au sérieux, se concentrant trop sur un Froome dont les rêves de sacre s’effilochent de jour en jour, visiblement à court de forme et qui concède 38 secondes sur la ligne du jour pour partager la troisième place au général avec Valverde. Le deuxième acte aux Lacs de Covadonga, dimanche, sera une nouvelle occasion pour Contador d'y croire encore.

D’autres rêves risquent bien de s’évanouir. Ceux d’un cinquième maillot à pois de meilleur pour David Moncoutié. Le grimpeur de Cofidis l’avait annoncé, il lui fallait faire le plein dans les Asturies. S’il a fait travailler les siens pour annihiler la première échappée qu’il avait raté, il a ensuite pu compter sur le soutien de Rudy Molard au sein du groupe de tête. Mais le quadruple meilleur grimpeur de la Vuelta avait oublié un élément perturbateur dans sa journée : Simon Clarke. Le vainqueur de Valdezcaray a perturbé la marche en avant du Lotois, empochant 18 des 21 points distribués avant Ancares où les échappés n’ont jamais eu grande chance d’arriver seuls. Le coureur d’Orica reprend ainsi de la tunique à pois dont il a clairement fait son objectif.

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