Ne parlez pas à Thibaut Pinot de sa 15e place (14e avec la disqualification de Nairo Quintana annoncée mercredi) sur le Tour de France. Que vaut-elle quand vous avez connu le podium et l'ivresse de croire à la victoire finale ? Pas grand-chose à ses yeux (et aux nôtres). Ce que Pinot voulait, et veut toujours - c'est d'ailleurs l'objet de sa présence sur la Vuelta qui s'élance vendredi d'Utrecht (Pays-Bas) -, c'était un succès d'étape sur un grand tour. Habituelle séance de rattrapage, le Tour d'Espagne va lui offrir de nombreuses occasions de briller.
Il a tout essayé, des Alpes aux Pyrénées en passant par le Massif Central. Thibaut Pinot ne regrette rien de sa Grande Boucle… si ce n'est le fait de ne pas avoir gagné. Un immense bémol donc, autant qu'une énorme frustration. Sentiment accentué par ce maudit Covid qu'il a contracté pendant le Tour de Suisse, où il avait levé les bras, et qui l'a condamné à évoluer à 90% de ses capacités selon ses estimations. "Même à 90%, j'ai vu que je pouvais peser sur les échappées, rappelle le grimpeur de la Groupama-FDJ. C'est ça qui m'a frustré. À 100%, ça aurait pu être un Tour vraiment top."
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Malade avant le Tour… et après

Si à Châtel (4e) ou à Mende (3e), certains pourraient estimer que Pinot a produit son effort trop tard, lui ne décèle aucune erreur pendant trois semaines. "Le Covid a fait plus de mal qu'on le croit, jure-t-il. C'est une maladie un peu fourbe, ça laisse des traces longtemps dans le corps." La malchance, le Français connaît. La preuve, même ses vacances de fin juillet ont été polluées par sa "bronchite semestrielle", dixit Pinot qui fait contre mauvaise fortune bon coeur. "Même si j'étais déçu de l'avoir en vacances, j'étais content que ça ne tombe pas sur un grand tour. C'est un poids en moins."
Alors, feux verts pour Pinot ? A l'écouter, oui. "C'est peut-être la première fois de ma carrière que je sort d'un Tour aussi frais physiquement et mentalement. Dès le lendemain, j'avais l'envie de me préparer pour la Vuelta", dit celui qui a choisi la voie de l'entraînement plutôt de la compétition, puisqu'il n'a plus accroché de dossard depuis les Champs-Elysées. "Ma fraîcheur ? Je l'explique tout simplement par le fait de ne pas avoir joué le général, poursuit-il. J'ai vu le Tour de France d'un autre côté. C'était sympa de profiter du Tour sans la pression d'être leader."
J'ai besoin de lever les bras
Même topo pour la Vuelta ou le général titille-t-il celui qui a pour meilleur résultat une 6e place en 2018 ? "J'ai besoin de lever les bras et le meilleur moyen pour moi est de courir comme je l'ai fait sur le Tour", balaye Pinot qui évoluera dans une Groupama-FDJ totalement tournée vers cet objectif de succès en l'absence d'un leader pour le général. Si le palmarès du grimpeur tricolore compte trois succès sur le Tour, il n'est pas en reste en Espagne puisque l'édition 2018 lui avait permis de rafler deux bouquets de prestige aux Lacs de Covadonga et en Andorre.

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2018, c'est d'ailleurs évidemment le modèle tout autant que l'idéal de Vuelta pour un Thibaut Pinot qui assure ne pas se souvenir naturellement de 2020 et de son abandon après trois jours seulement, sans que l'on sache vraiment d'ailleurs s'il est sincère ou non. Le coureur de la Groupama-FDJ n'aura pas d'arrière-pensées pour cette Vuelta. S'il évoque "quelques courses italiennes", il sait que la fin de saison lui correspond moins. Comme le parcours des Mondiaux, ce qu'il regrette, en Australie pour lequel Thomas Voeckler, le sélectionneur, ne l'a de toute façon pas encore contacté.
Dans un peu plus de trois semaines, Thibaut Pinot saura quel bilan tirer d'une saison 2022 qui l'a vu revenir à un très bon niveau après deux années de galère. "Ma saison est correcte, mais ça ne me suffit pas, appuie-t-il néanmoins. Le gros objectif c'était le Tour de France, j'ai échoué dans ma quête." Et même après avoir connu l'enfer ou pas loin, Pinot refuse de faire du cyclisme seulement pour s'amuser : "Le plaisir est important, mais gagner une étape… J'ai connu deux succès cette année et j'ai envie de continuer là-dessus. Pour moi faire une belle saison, c'est gagner sur les grands tours." Il lui reste 21 étapes, un peu moins en vérité, pour y arriver.

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