Cyclisme - Vuelta 2023 / Romain Bardet : "J'ai beaucoup de fraîcheur, beaucoup d'envie"

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Contraint à l'abandon sur le dernier Tour de France, Romain Bardet a choisi de s'aligner au départ de la Vuelta, qui s'est élancée de Barcelone samedi. Vainqueur d’étape sur les routes espagnoles en 2021, l'Auvergnat aborde cette édition dans la peau d’un capitaine de route pour les jeunes talents de DSM-firmenich. Tout en affichant des intentions très offensives. Entretien pour Eurosport.fr.

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Une victoire et des chutes : quel est le bilan de ce premier week-end de course sur la Vuelta ?
Romain Bardet : L’équipe a connu deux journées intenses. On a débuté comme dans un rêve, avec la victoire dans le contre-la-montre par équipe, mais aujourd’hui [dimanche], c’était une étape très difficile et on a été vraiment malchanceux de perdre Oscar [Onley] sur chute. Les gars ont super bien roulé et on s’est bien protégés les uns les autres. On voulait défendre le maillot rouge et obtenir un bon résultat d’étape, donc il fallait rouler derrière l’échappée. On va se regrouper et on aura de nouvelles opportunités.
Comment s’est passée la préparation, après la chute sur le Tour de France et l’échappée sur la Clasica San Sebastian ?
R.B. : Ça s’annonçait plutôt bien avec la Clasica. Les sensations étaient bonnes alors que je n’avais quasiment pas roulé depuis le Tour. Depuis, ça ne s’est pas vraiment passé comme je voulais. Un mauvais virus m’a bien stoppé il y a quinze jours. Ça a presque remis en cause ma participation parce que j’étais au lit pendant quatre jours avec de la fièvre, sans pouvoir m’entraîner. C’est peut-être la moins bonne préparation que j’ai faite avant un Grand Tour. Maintenant, je suis content d’être là. J’ai retrouvé la santé. La Vuelta est longue et c’est déjà pour moi une très bonne chose d’être au départ. C’est intéressant aussi parce que c’est la première fois que j’arrive sur un Grand Tour sans ambitions au général. Je le prends vraiment comme une opportunité et je suis content de voir comment je peux me débrouiller avec ça.
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On vous a déjà vu chasser des étapes sur la Vuelta en 2017 et 2021…
R.B. : C’est différent. J’ai beaucoup de fraîcheur, beaucoup d’envie, mais je pense que ma forme est à 80% de ce que je peux faire. En 2017, je venais après un très beau Tour de France [3e au général, vainqueur d’étape à Peyragudes] et j’étais complètement cuit. Et en 2021, j’étais en très très bonne forme mais une chute m’avait privé de général. On était premier et deuxième au classement de la montagne avec Michael Storer qui avait fait une énorme Vuelta. On ne se l’était pas disputé à la fin. C’était bien de l’avoir dans l’équipe mais ce n’était pas un objectif personnel. Je n’y pense pas non plus, je veux vraiment me concentrer sur les victoires d’étapes.
Si on regarde l’équipe, vous êtes entouré de plein de jeunes…
R.B. : [Il coupe] C’est super ! Ce sont des jeunes avec qui je m’entends très bien, qui sont très talentueux. Certains disputent leur premier Grand Tour avec beaucoup d’envie et des grosses qualités. Pour eux, c’est la première pierre dans leur carrière. C’est important de l’attaquer de la bonne manière et ils ont les moyens de déjà briller. Ils peuvent se tester, même sans pression, parce qu’on voit le niveau de cette Vuelta. L’idée n’est pas forcément de viser un classement général final mais de se mettre dans la perspective de voir ce que ça demande jouer un général sur trois semaines. Même sans être à 100%, l’équipe tenait vraiment à ce que je sois là pour les épauler au mieux.
Vous aviez vous-même fini 15e de votre premier Tour de France, à 22 ans. Quelle était votre approche ?
R.B. : Je ne l’abordais pas forcément de cette manière à l’époque. J’avais perdu un quart d’heure dans une bordure parce que j’étais en queue de peloton avec Thomas Voeckler que j’admirais. Sinon, j’aurais fini bien mieux au général. Il n’y avait aucune attente. Je vais aussi m’économiser pour pouvoir, si la forme me le permet, être dans un maximum d’échappées sur cette Vuelta, mais le reste du temps je serai là pour les mettre dans cette bulle, pour qu’ils puissent s’exprimer dans les dernières ascensions et faire une belle Vuelta.
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Vous les appréciez tellement que vous partagez votre chambre avec Max Poole pendant ces trois semaines…
R.B. : C’est vraiment des super jeunes, je n’ai vraiment que des éloges à leur faire. Ils ont un niveau de professionnalisme que je n’avais pas à leur âge. Ils sont très calmes, très humbles. Ils savent que c’est un long chemin mais ils savent aussi qu’ils sont dans la bonne équipe pour les amener à leur meilleur niveau. Je leur vois un très gros futur.
Les attentions françaises se portent aussi sur Romain Grégoire et Lenny Martinez. Vous impressionnent-ils ?
R.B. : Je suis épaté par leur première saison en World Tour. Ce sont de grands talents. Romain Grégoire est vraiment… Franchement, gagner deux classements généraux, et avec la manière dont il a gagné, ça va être un très très grand je pense. Lenny aussi, je l’ai vu monter en Catalogne avec les meilleurs et faire des performances qui le placent presque dans le gratin des meilleurs grimpeurs dès sa première année. C’est vraiment très prometteur. C’est une chance en France d’avoir, même s’il y en a d’autres, ces deux jeunes-là en particulier qui vont être les porte-étendards de toute une nation sur les Grands Tours et les classiques. On s’en réjouit.
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Romain Bardet et la DSM - Firmenich - 1re étape de la Vuelta 2023

Crédit: Getty Images

À l’inverse, Mikaël Chérel dispute son dernier Grand Tour. Que représente-il pour vous ?
R.B. : C’est mon meilleur ami dans le cyclisme. On a beaucoup de copains dans le vélo mais des amis, très peu. Mika est quelqu’un qui compte beaucoup pour moi humainement, pas seulement parce qu’on a fait des choses sur le vélo ensemble. On a noué une vraie complicité et une belle amitié au fil des années. J’adorais l’hiver aller deux semaines dans le Sud, à côté de chez Mika, pour qu’on roule ensemble. On a fait des voyages super, on a aussi pu partager ça avec nos familles. Je suis ravi de pouvoir partager sa dernière course professionnelle. Je suis assez confiant sur nos chances de nous échapper ensemble.
Comment avez-vous réagi à l’annonce de sa retraite ?
R.B. : Il a fait une super carrière et il remplit encore à 100% les exigences du métier. Et surtout, c’est un équipier hors pairs en termes de placement, de lecture de la course… Il a été très précieux ces dernières saisons pour Benoît [Cosnefroy] sur les classiques, pour Aurélien [Paret-Peintre] sur le Giro et d’autres courses importantes… Il voulait arrêter aussi en étant encore à 100% de ses capacités physiques et cognitives. Je trouve qu’il se retire par la grande porte.
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