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Tour d’Espagne 2023 – Juan Ayuso (UAE Emirates) en quête de confirmation après sa 3e de place au général l’an dernier
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Publié 23/08/2023 à 00:04 GMT+2
Un an après l’éclosion, Juan Ayuso est de retour sur ses terres. L’Espagnol, propulsé leader sur la Vuelta chez UAE Emirates, a de grandes ambitions sur son tour national, malgré la concurrence féroce de Jonas Vingegaard, Primoz Roglic, ou Remco Evenepoel. Confiant sur sa préparation et en son duo avec Joao Almeida, Ayuso cherchera à confirmer son podium de l’an dernier (3e).
Juan Ayuso (UAE Emirates) lors du Tour de Suisse 2023
Crédit: Getty Images
Dans l’ombre de l’extraverti Tadej Pogacar, un autre phénomène trace son chemin dans les rangs du Team UAE Emirates. Deuxième plus jeune coureur de l’histoire sur le podium d’un Grand Tour, Juan Ayuso, troisième de la dernière Vuelta à même pas 20 ans, compte poursuivre son ascension sur son tour national en 2023. Si l’hypothèse d’un retour sur le podium semble compromise, le Catalan a prouvé sur le Tour de Suisse qu’il arrivait peu à peu à maturité.
Qui sait, en cas de Vuelta réussie, l’Espagnol pourrait même venir rouler sur les plates-bandes de "Pogi" lors des réjouissances juilletistes. A ce jeu d’un trône pour deux, UAE Emirates se frotte les mains. L’éclosion définitive du prodige Ayuso permettrait à Pogacar de s’exiler sur le Giro et la Vuelta, histoire de gonfler un palmarès déjà colossal. Le rêve d’un triplé unique Giro-Tour-Vuelta ne serait plus si insensé.
Un podium à confirmer
Juan Ayuso est un cycliste typique de cette génération où l’apprentissage est éclair. Dans la veine des Pogacar, Pidcock & compagnie, l’Espagnol est un joyau précoce qui n’a que faire des points de passages traditionnels, qu’ils n’hésitent pas à brûler. Les premières étincelles ont d’ailleurs ricoché sur le macadam suant de la Vuelta 2022. Une troisième place au général pas si surprenante, à l’aune du pedigree du garçon. Déjà au-dessus du lot dès ses premiers mois chez les jeunes dans le région de Valence, celui qui a commencé par le football a toujours composé avec l’étiquette parfois encombrante de prodige.
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Remco Evenepoel, Enric Mas e Juan Ayuso sul podio di Madrid - Vuelta di Spagna 2022
Crédit: Getty Images
Passé pro dès l’été 2021 chez UAE à 18 ans, le gamin de Javea - une cité portuaire paisible de la Costa Blanca dont l'ancien tennisman David Ferrer est aussi originaire – a attendu l’aube de la saison 2022 pour encaisser la charge et les demandes spécifiques qu’exigent la vie d’un coureur professionnel. Les premiers résultats tombent rapidement, avec des places dans le top 5 au Tour de Catalogne (5e) et au Tour de Romandie (4e). Arrivé sur la Vuelta en confiance après un premier bouquet dans l’élite (Circuit de Getxo), le résident d’Andorre a couru avec une maturité épatante pour son âge, autant sur le vélo qu’en dehors. Polyglotte (Il parle couramment le castillan, l’italien et l’anglais), Ayuso est aussi capable d'analyser ses performances avec lucidité.
Une équipe et un programme sur mesure
Troisième de ce Tour d’Espagne cuvée 2022, Ayuso sait qu’il a pu notamment compter sur l’abandon de Primoz Roglic, et la chute de Carlos Rodriguez (INEOS Grenadiers) pour signer un podium inespéré au départ. Des faits de course qui n’enlèvent pas le mérite immense du coureur, particulièrement méthodique. En bon métronome, l’Espagnol s’est astreint depuis ses 17 ans à une véritable vie d’ascète, contrôlant la nutrition (avec l’aide de Gorka, son nutritionniste) et chassant le moindre gain marginal. Une approche qui détonne pour un coureur de son âge, mais Ayuso a toujours été un garçon précoce.
En 2023, Ayuso a bien préparé son affaire et mis les bouchées doubles. La reprise au Tour de Romandie a confirmé ses progrès en contre-la-montre (victoire sur le chrono de la troisième étape), mais une défaillance sur les pentes de Thyon 2000 a montré qu’il restait du travail à l’Espagnol, reparti à l’entraînement. Vint alors une absence de deux mois jusqu’au Tour de Suisse, où il a failli renverser Mattias Skjelmose (Lidl-Trek) au bout d’un dernier effort solitaire de haut vol (2e). Avec deux victoires d’étape dont une au bout d’un numéro, Ayuso a prouvé qu’il savait dorénavant gagner.
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Ayuso réalise un joli numéro et Skjelmose retrouve le maillot jaune : l'arrivée de la 5e étape
Video credit: Eurosport
Après une nouvelle pause, Ayuso a repris timidement sur la Klasikoa (11e), au regard d’un statut qui ne cesse de s’épaissir. L’Espagnol est pressé mais ne se précipite pas. L’objectif de l’année arrive fin août. "L'année dernière, la Vuelta était quelque chose de spécial, une course dont je me souviendrai toujours et qui m'a donné beaucoup de confiance, rembobine-t-il avant le départ. Nous avons beaucoup travaillé ensemble ces derniers mois en tant que groupe et ça s'est très bien passé."
Un groupe entièrement dévoué à sa cause sur ce Tour d’Espagne, hormis Juan Sebastian Molano, chargé de jouer sa carte dans les sprints. Venu dans la formation émirienne pour s’affranchir d’un rôle secondaire à la Soudal, Joao Almeida est en passe de rétrograder une nouvelle fois dans la hiérarchie. La trajectoire météorique d’Ayuso oblige le Portugais à partager le leadership, voire à s’effacer derrière son cadet, comme sur la Vuelta l’an dernier (5e au général). "Venir comme nous l'avons fait l'année dernière avec deux leaders a été un avantage, donc je pense que c'est une bonne stratégie, préfère retenir Ayuso.
La Vuelta... avant le Tour l'an prochain ?
Confronté à des rivaux de tout premier choix (Primoz Roglic, Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel), Ayuso n’a pas pour autant fait une croix sur le podium. "Quant à la compétition, elle sera sans aucun doute difficile avec de gros rivaux au départ, mais je pense que nous serons à la hauteur du défi, annonce-t-il. Une confiance et une ambition débordantes qui amèneront sans doute un jour l’Espagnol au côté de Tadej Pogacar sur le Tour. Interrogé à ce sujet cet été, le Slovène a ouvert la porte avec détachement à un leadership bicéphale.
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Tadej Pogacar of Slovenia, and Juan Ayuso Pesquera of Spain
Crédit: Getty Images
Surtout, "Pogi" pourrait en profiter pour découvrir le Giro et revenir sur la Vuelta. Un double objectif qui ne sera normalement pas au programme en 2024, même si Ayuso pourrait tout de même y effectuer ses débuts sur la Grande Boucle. En guise de répétition générale, l’Espagnol aura l'occasion de s'étalonner face au double vainqueur sortant, Vingegaard. Histoire de jauger l’écart qui le sépare du pinacle.
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