Tour d’Espagne 2023 : Remco Evenepoel inquiet ? Qu’espérer du duo Grégoire - Martinez ? : La Vuelta en questions

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La Vuelta débute samedi et un certain nombre de questions restent en suspens. Vainqueur du Tour de France, Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) arrivera-t-il dans la même forme ? Et que faut-il attendre des pépites tricolores Lenny Martinez et Romain Grégoire (Groupama-FDJ) ? Remco Evenepoel (Soudal - Quick Step) devra lui se contenter d’un kilométrage chronométrique inférieur à celui de l’an passé.

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Dans quelle forme arrivera Vingegaard ?

On l’a quitté les babines retroussées de plaisir sur le podium nappé d'un ciel parisien crépusculaire, le paletot jaune épinglé sur les épaules. Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) a depuis surpris son monde en annonçant sa participation au dernier Grand Tour de la saison. Le Danois sort enfin du sentier balisé de la Grande Boucle, et décide de se risquer aux routes piégeuses de la Vuelta. Au regard de la forme étincelante de Primoz Roglic, impressionnant encore sur le Tour de Burgos, le Scandinave devra compter sur un prolongement de son pic de forme juilletiste pour espérer réaliser le doublé Tour-Vuelta, une performance réalisée pour la dernière fois par Chris Froome (2017).
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Primoz Roglic (Jumbo-Visma) und Teamkollege Jonas Vingegaard fahren zur Vuelta a Espana

Crédit: Getty Images

Alors, quelle version de Vingegaard trouverons-nous sur le Tour d’Espagne ? Celle de Paris-Nice, trop juste pour la victoire finale, ou celle du Tour, pratiquement imbattable ? L’histoire récente a prouvé que les grands protagonistes de l’épreuve tricolore ont souvent vécu une Vuelta agitée, émaillée par des jours moins flamboyants. Par exemple, Froome n’a jamais dominé de la tête et des épaules l’épreuve ibère lors de son règne sans partage sur le Tour (2013, 2015-2017). Il ne serait donc pas impensable d’imaginer Vingegaard encaisser un jour sans. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne l’emportera pas pour autant.

Qu’espérer du duo Grégoire – Martinez ?

Pas moins de 30 coureurs français prendront le départ samedi de la Vuelta. Parmi eux, deux élus captent leur lot de fantasmes. Formés à l'académie Groupama - FDJ, Lenny Martinez (20 ans) et Romain Grégoire (20 ans) ont déjà les dents qui rayent le parquet. Lancés dans leur première saison professionnelle, les pépites du cyclisme tricolore ont étalé des qualités indéniables. Fils du champion olympique de VTT Miguel Martinez, Lenny affiche un talent brut de pur grimpeur.
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Ce n’est d'ailleurs pas un hasard si sa première victoire chez les élites a été décrochée au sommet du "Géant de Provence", sur la CIC - Mont Ventoux. Excellent sur les cols longs et durs, Martinez a démontré une autre facette de son talent protéiforme : une habilité à finir fort. Sur la cime du Mont Ventoux, le Français a réglé au finish des clients tels que Michael Woods – un modèle de puncheur-grimpeur – et Simon Carr. Sur la Vuelta, Martinez s'essaiera au général, avec l'objectif de s'accrocher aux meilleurs le plus longtemps possible. Plus polyvalent que son cadet – de quelques mois – Romain Grégoire a impressionné ces derniers jours, vainqueur en patron du Tour du Limousin-Périgord le 18 août, avec deux étapes à la clé. Le puncheur bisontin chassera les étapes sans se préoccuper du général.

Moins de chronos, plus de soucis pour Remco ?

Remco Evenepoel ne laisse rien au hasard. Sur les Grands Tour, le leader de la Soudal – Quick Step est du genre à calculer ses efforts et à chasser le moindre gain marginal. A ce jeu-là, la présence d’une grosse dose de kilomètres en solitaire est une donnée majeure dans le choix du Brabançon de participer à une épreuve de trois semaines. Sur la Vuelta 2022, les deux contre-la-montre (54 kilomètres au total) ont permis au champion du monde de la discipline de creuser un écart de près d’une minute sur ses rivaux.
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L’année passée, le chrono tout plat d’Alicante (30 km) a suffi au bonheur du Belge, qui devra cette année se contenter de 25,8 bornes d’exercice en solitaire. Moins de kilométrage (le chrono par équipes inaugural sera lui aussi plus court en 2023), plus de soucis pour Evenepoel, qui n’a pas spécialement brillé cette année par sa capacité à retourner des situations en passant à l'offensive sur les courses à étapes. Surtout, des clients comme Vingegaard ou Roglic ne perdront pas tant que ça, en principe, sur le Belge, contraint de changer de braquet en montagne s’il désire conserver sa couronne.

Bardet, objectif victoires d’étapes ?

Sans même évoquer son abandon sur chute, le Tour de France de Romain Bardet a éveillé le souvenir douloureux d’un plafond de verre pour le général des Grands Tour. Avant cette maudite 14e étape, l’Auvergnat pointait à la 12e place, loin des ambitions de top 5 semées avant le départ du Pays basque. Les années passant, Bardet sait que le temps lui est compté, et un palmarès mince de dix mentions incite naturellement le Français à lutter pour les succès de prestige.
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Bardet : "J'aime bien être à l'avant, c'est la manière dont j'ai abordé cette Vuelta"

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La mue, peut-être définitive, s’amorce sur cette Vuelta. Vainqueur d’une étape il y a deux ans, Bardet s’y est régalé dans la peau de l’électron libre, débarrassé de la pression dévorante de la lutte pour le général. Cette 78e édition affiche d'autre part un parcours à la mesure d’un Bardet offensif dans les échappées. Le Tour d’Espagne est une course souvent débridée, où les fuyards ont bien souvent carte blanche. Dans ce contexte, l’Auvergnat pourrait bien agrémenter son butin de plusieurs victoires d’étapes. Une autre manière de courir, de briller, mais surtout, de prendre du plaisir.

Ayuso – Mas : l’Espagne de nouveau reine à domicile ?

Huit ans d’attente. Le désert espagnol en Grand Tour s’étend de plus en plus. Le dernier vainqueur ibère sur les trois épreuves reines par étapes tient en deux mots : Alberto Contador. Si le dernier succès du Castillan en Grand Tour date du Giro 2015, l’Espagne attend un successeur au Pistolero sur l'épreuve nationale depuis 2014. Depuis, au moins un Espagnol est monté sur le podium, hormis en 2017 et 2018. Un seul a cumulé les honneurs : Enric Mas. Le grimpeur de Movistar a toujours su se transcender sur son tour national.
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Remco Evenepoel, Enric Mas e Juan Ayuso sul podio di Madrid - Vuelta di Spagna 2022

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Trois fois deuxième (2018, 2021 et 2022), Mas n’a pourtant jamais donné l’impression de pouvoir disputer la victoire, à chaque fois surclassé par son bourreau (Simon Yates puis Primoz Roglic et enfin Remco Evenepoel). Le Majorquin, auteur d’une fin de saison coruscante l’an passé (vainqueur notamment du Tour d’Emilie devant Tadej Pogacar) ne devrait pas conjurer le sort sur cette 78e édition. Pour l’avenir, le Royaume comptera surtout sur Juan Ayuso (UAE Emirates). Le nouveau joyau de la couronne tentera d'abord de confirmer un podium décroché à la surprise générale l’an passé, à l’aune de l’inexpérience du coureur de Javea (19 ans à l’époque). La mission s’annonce périlleuse face au trio Vingegaard-Roglic-Evenepoel, promis aux trois premières places.

Quelle stratégie pour INEOS ?

UAE a Tadej Pogacar, Jumbo a Jonas Vingegaard – et dans une moindre mesure Primoz Roglic, et INEOS avait Egan Bernal. "Avait", car l’Aigle de Zipaquira n’est plus que l’ombre du prodige qu’il était, avant un tragique accident de la circulation qui a un temps compromis son avenir sur le vélo. Revenu de nulle part, Bernal devra encore patienter pour retrouver un statut de candidat au succès sur un Grand Tour, s’il y arrive un jour. En attendant une possible arrivée de Remco Evenepoel - lié jusqu’à fin 2026 avec Soudal – Quick Step -, la formation britannique capitalise sur son vétéran Geraint Thomas, pas loin d’épaissir son palmarès en mai dernier d'un premier Tour d’Italie.
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Fatale défaillance : comment Thomas a lâché le maillot rose sur le chrono

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Porté vers la jeunesse, INEOS a pu constater la présence en son sein de futurs vainqueurs potentiels de Grands Tour. Carlos Rodriguez, malgré une chute malheureuse, a terminé cinquième du Tour de France, tandis que Thomas Pidcock a affiché des qualités certaines sur les épreuves de trois semaines. Sur cette 78e édition, Thymen Arensman, sixième du Giro, se mettra sans doute une nouvelle fois au service de Thomas. Même chose pour De Plus et Fraile. L’inconnue réside autour du cas Bernal : chassera-t-il les étapes d’entrée de jeu ? Le Colombien ne semble pas assez solide pour jouer les co-leaders, et son statut d’ancien vainqueur du Tour devrait lui conférer chez INEOS un brin de liberté qu’il n’hésitera pas à exploiter.
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