Vuelta 2023 - Fabio Jakobsen, Jasper Philipsen, Dylan Groenewegen absents : Mais où sont passés les sprinters ?

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Cette fois, les sprinters ont vraiment boudé le Tour d’Espagne. Aucune tête d’affiche chez les grosses cuisses n’a choisi de s’aligner sur cette cuvée 2023. La cause ? Un parcours une énième fois trop restrictif, avec trop peu d’étapes taillées pour les hommes véloces du peloton. De quoi provoquer les absences de Fabio Jakobsen, Jasper Philipsen, Dylan Groenewegen et d’autres.

Les principaux sprinteurs (ici Pascal Ackermann, Juan Sebastian Molano, Mads Pedersen) manquent à l'appel sur la Vuelta 2023

Crédit: Getty Images

Rarement prisée par les sprinters ces dernières années, la Vuelta vit en 2023 un exode massif des grosses cuisses. Pas de Fabio Jakobsen, Dylan Groenewegen ou Jasper Philipsen au menu, mais plutôt Alberto Dainese, Kaden Groves, Bryan Coquard ou Juan Sebastian Molano. Un déclassement soudain rendu possible par l’absence de terrains propices aux arrivées massives. Si la mutation des tracés semble avoir contaminé le Tour de France, qui a décidé de réduire le nombre d'étapes dites de transition cette année, la tendance se confirme sur la Vuelta dans des proportions inquiétantes.

Les cadors absents

L’an passé, déjà, le Tour d’Espagne accusait un net déficit chez les sprinters. Deux têtes d’affiche de l’époque, Sam Bennett et Ethan Hayter, n’ont même pas rallié Madrid, non-partants après la première journée de repos. Mais, avec encore Mads Pedersen, Tim Merlier ou Pascal Ackermann en lice jusqu’à l’arrivée, la cuvée 2022 a conservé un certain lustre.
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Mads Pedersen encore vainqueur sur la Vuelta 2022

Crédit: Getty Images

En 2023, il faut se munir d’une bonne dose de patience pour trouver un cador de la caste des sprinters sur la liste de départ de cette 78e édition. On a beau chercher, éplucher le moindre pli, aucun nom ronflant ne sort du chapeau. Quatre noms retiennent notre attention, mais le pedigree de ces hommes est bien maigre comparé à celui du plateau présent sur le Giro ou la Grande Boucle.

Coquard, Groves et Molano en têtes d’affiche

Commençons par le plus capé : Bryan Coquard (Cofidis). Le Ligérien (51 victoires) sera la principale tête d'affiche sur les arrivées massives, après un Tour de France frustrant (deux fois quatrième). Dans son sillage, Kaden Groves ((Alpecin-Deceuninck) constituera une réelle menace, fort de ses succès sur le Tour de Catalogne (2 étapes) et le Giro (1 étape). Dans ce bastion de favoris, Juan Sebastian Molano (22 victoires) possède un strapontin de choix. Le sulfureux et caractériel Colombien a débloqué son compteur en Grand Tour sur la Vuelta l’an passé, vainqueur de la dernière étape. Présent dans le contingent UAE Emirates, Molano devra se débrouiller seul dans les emballages finaux. Même chose pour Casper Pedersen (Soudal - Quick Step). Le Danois ne pourra compter sur personne ou presque pour l’emmener. Pire, Pedersen pourrait se voir cantonné à un rôle d’équipier, surtout si Remco Evenepoel venait à se couvrir de rouge.
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Juan Sebastian Molano (UAE Emirates) célèbre sa victoire au sprint sur la première étape du Tour de Burgos 2023

Crédit: Getty Images

Edward Theuns (Lidl - Trek) a, lui, les mains libres, mais le Belge n’a plus levé les bras depuis plus de deux ans. Danny van Poppel (BORA - hansgrohe) sort, lui, du Tour de France dont il affiche comme meilleur résultat une 6e place (4e étape). Le Néerlandais arrive en forme, deuxième sur la classique de Hambourg dimanche dernier. Il a également déjà remporté une étape en terres ibères, en 2015.
Double vainqueur d’étape sur le Giro, Alberto Dainese (DSM) débarque avec l'expérience des succès en Grand Tour. L’Italien gagne peu (5 victoires), mais il ne lève pas les bras pour rien. La semaine passée, il s’est offert la 1re étape de l'Arctic Race de Norvège, à l’issue d’un final exigeant et tortueux. Grimpeur honnête, Dainese correspond parfaitement au profil type du sprinter capable d’engranger les succès sur la Vuelta, à l’instar d'un Mads Pedersen l’an passé (3 victoires). Dans le même registre, le Français Hugo Page (Intermarché - Circus - Wanty) aura également une carte à jouer.

Les sprinters boudés par le parcours

La fuite (progressive) des grosses cuisses n’est pas si surprenante à l’aune des différents parcours tracés par l’organisation. Des tracés jamais complètement plats qui ont souvent permis à des coureurs du général d'emporter le classement par points. Sur les dix dernières éditions, seuls John Degenkolb (2014), Fabio Jakobsen (2021) et Mads Pedersen (2022) ont compté parmi les sprinters vainqueurs du paletot vert.
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Fabio Jakobsen avec le maillot vert sur la Vuelta 2021

Crédit: Getty Images

Le ras-le-bol trouve certainement son origine dans un parcours profondément dépeuplé de profils plats. Seules quatre étapes (7e, 12e, 19e, 21e) devraient offrir une arrivée propice à un emballage massif. Pour le reste, les puncheurs-baroudeurs pourront s’en donner à cœur joie. Le changement de date des Mondiaux a aussi joué. Certains sprinters prenaient le départ de la Vuelta en préparation de l'échéance mondiale, avant d'abandonner à mi-course.
A voir si cette tendance va se prolonger en 2024, dans un cyclisme qui se veut de plus en plus télégénique et spectaculaire, avec des scénarios de course plus intenses les uns que les autres. A vouloir bousculer les codes, les organisateurs risquent de sacrifier sur l'autel les si précieuses étapes de transition, terrains de chasse des sprinters, mais aussi journées roboratives pour les acteurs du général.
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